‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 148 sur 325 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

— plus audacieux ou plus hardi — à honorer notre époque par de nobles actions. — Pour ma part, je dois le dire à ma honte, —j'ai été infidèle à la chevalerie; — et telle est, je le sais, l'opinion qu'il a de moi. — Cependant, je le déclare devant la majesté de mon père, — je consens à lui laisser prendre sur moi l'avantage — de sa grande renommée et de sa gloire, — et j'offre, pour épargner le sang des deux partis,

— de tenter la fortune contre lui dans un combat singulier.

LE ROI

— Et nous, nous n'hésitons pas, prince de Galles, à te risquer dans cette lutte, — quoique des considérations immenses-s'y opposent... Non,bonWorcester, non ; — nous aimons fort notre peuple ; nous aimons ceux même— qui se sont égarés dans le parti de notre neveu; — et, s'ils veulent accepter l'offre de notre clémence, — lui, eux, vous tous, oui, tous, — vous redeviendrez mes amis, et je serai le vôtre. — Dites-le à votre neveu, et rapportez-moi — sa réponse ; mais s'il ne cède pas, — la réprimande et la redoutable correction sont à nos ordres, — et feront leur office. Sur ce, partez ; — nous ne voulons plus être ennuyés de pourparlers ; — nos offres sont belles, acceptez-les sagement.

Sortent Woroester et Vernon.

— Elles ne seront pas acceptées, sur ma vie ! — Le Douglas et l'Hotspur réunis — tiendraient tête à l'univers en armes.

LE ROI

— A l'œuvre donc ! chaque chef à son poste ! — Car, sur leur réponse, nous leur courons sus; — et que Dieu nous assiste, comme notre cause est juste!

Sortent le roi, Bluntet le prince John, FALSTAFF.

Hal, si tu me vois tomber dans la bataille, couvre-moi de ta personne : c'est un service d'ami.

xr. * 19

LE PRINCE HENRY

Un colosse seul peut te rendre ce service. Dis tes prières, et adieu.

FÂLSTÂFF.

Je voudrais que ce fût l'heure du lit, et que tout fût bien.

LE PRINCE HENRY

Bah ! tu dois une mort à Dieu.

Il sort.

FALSTAFF, seul.

Elle n'est pas encore exigible ; je répugnerais à payer avant le terme. Qu'ai-je besoin d'aller ainsi au-devant de qui ne s'adresse pas à moi? Allons, peu importe. L'honneur me porte en avant. Oui, mais si l'honneur me porte dans l'autre monde quand je vais en avant! après? Est-ce que l'honneur peut remettre une jambe? Non. Un bras? Non. Enlever la douleur d'une blessure? Non. L'honneur n'entend donc rien à la chirurgie? Non. Qu'est-ce que l'honneur? Un mot. Qu'y a-t-il dans ce mot honneur? Un souffle. Le charmant bénéfice ! Qui le possède, cet honneur? Celui qui est mortmercredi.Lesent-il? Non. L'entend-il? Non. Est-il donc chose insensible? Oui, pour les morts. Mais ne peut-il vivre avec les vivants? Non. Pourquoi? La médisance ne le permet pas. Aussi je n'en veux pas. L'honneur est un simple écusson, et ainsi finit mon catéchisme.

II sort.

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