SCÈNE XVIII
l'hydre. — Je suis le Douglas fatal à tous ceux — qui portent ces insignes-là. Qui es-tu, — toi qui simules la personne d'un roi?
— Le roi lui-même; désolé au fond du cœur, Douglas, — de ce que lu aies tant de fois rencontré son ombre — et jamais le roi en personne. J'ai deux fils — qui te cherchent, toi et Percy, sur le champ de bataille. —Mais, puisque tu te croises si heureusement avec moi, —je vais t'éprouver; ainsi défends-toi.
DOUGLAS
— Je crains que tu ne sois encore un faux Henry ; — et pourtant tu as, ma foi, ratlitud(3 d'un roi. — Mais, qui que tu sois, je suis sûr que tu es à moi, — et voici qui te met en mon pouvoir.
Us se battent. Au moment où le roi est en danger, entre le PRINCE
Henry.
LE PRINCE HENRY
— Relève la tête, vil Écossais, ou tu cours le risque — de ne jamais la relever ! Les âmes — du vaillant Shirley, de Stafford et de Blunt sont dans mes armes : — c'est le prince de Galles qui te menace : —et il n'a jamais fait de promesse qu'il n'ait tenue.
Us se battent. Douglas fuit.
Au roi.
— Courage, milord ! Comment se trouve Votre Grâce? — Sir Nicholas Gawsey a envoyé demander du secours, — et Clifton aussi; je vais rejoindre Clifton sur-le-champ.
LE ROI
— Arrête, et reprends haleine un moment. — Tu as racheté ta réputation perdue, — et tu as montré que tu fais quelque cas de ma vie, — en venant si vaillamment à ma rescousse.
— 0 ciel! combien ils m'ont fait injure, — ce\xx qui ont dit que je soupirais après votre mort! — Si cela était, je n'aurais eu qu'à laisser tomber — sur vous le bras insultant de Douglas ; -il aurait hâté votre fin aussi vite — que toutes les potions empoisonnées du monde, — et aurait épargné à votre fils la peine d'une trahison.
LE ROI
— Cours près de Clifton ; moi, je vais au secours de sir Nicholas Gawsey.
Le roi sort. Entre HoTSPUR.
HOTSPUR
— Si je ne me trompe, tu es Henry Monmouth.
LE PRINCE HENRY
— Tu parles comme si je voulais renier mon nom.
HOTSPUR
— Mon nom estHarry Percy.
LE PRINCE HENRY
En ce cas, je vois — un bien vaillant rebelle de ce nom. — Je suis le prince de Galles ; et ne crois pas, Percy, —me disputer plus longtemps la gloire. —Deux astres ne peuvent se mouvoir dans la même sphère ; —et l'Angleterre ne saurait subir le double règne — de Harry Percy et du prince de Galles.
HOTSPUR
— Et elle ne le subira pas, Harry, car l'heure est venue — d'en finir avec un de nous deux ; et plût à Dieu — que ta renommée guerrière fût déjà aussi grande que la mienne !
LE PRINCE HENRY
— Je la ferai plus grande, avant de te quitter ; — tous les honneurs épanouis sur ton cimier, — je veux les moissonner et en faire une guirlande pour mon front.
— Je ne puis supporter plus longtemps tes forfanteries. —
lis se battent