‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 173 sur 325 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

nemi ! J'aimerais mieux être rongé à mort par la rouille que réduit à néant par un mouvement perpétuel.

LE GRAND JUGE

Allons, soyez honnête, soyez honnête, et que Dieu bénisse votre expédition !

FALSTÂFF.

Votre seigneurie voudrait-elle me prêter mille livres pour m'équiper?

LE GRAND JUGE

Pas un penny, pas un penny : vous êtes par trop pressé d'ajouter à vos charges. Portez-vous bien ; recommandezmoi à mon cousin Westmoreland.

Le grand juge et l'exempt sortent.

FALSTÂFF.

Si je le fais, qu'on me tarabuste à coups de maillet ! L'homme ne peut pas plus séparer l'avarice de la vieillesse que la paillardise du jeune âge. Mais la goutte tourmente l'une, et la vérole pince l'autre. Et ces deux fléaux-là rendent toute malédiction superflue... Page I

LE PAGE

Messire?

FALSTAFF

Combien y a-t-il dans ma bourse?

LE PAGE

Sept groats et deux pence,

FALSTAFF

.Te ne peux pas trouver de remède à cette consomption de la bourse : emprunter, c'est seulement la faire languir et languir jusqu'à épuisement ; la maladie est incurable. . . Allez porter cette lettre à milord de Lancastre ; celle-ci au prince ; celle-ci au comte de Westmoreland; et celle-ci à la vieille mistress Ursule, à qui je jure toutes les semaines de l'épouser, depuis que j'ai aperçu le premier poil blanc à mon menton... En marche! vous savez oi^i me retrouver.

Le page sort.

Peste soit de cette goutte ! ou de cette vérole ! car c'est l'une ou l'autre qui fait des siennes dans mon gros orteil. Peu importe si je boite ; j'ai la guerre pour prétexte, et ma pension n'en paraîtra que plus légitime. Un bon esprit tire parti de tout; je saurai exploiter les maladies môme à mon avantage.

Il sort.

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