‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 205 sur 325 · POIREAU · texte numérisé non relu

POIREAU

Ouais, monsieur.

FALSTAFF

Tu es un poireau bien hétéroclite.

SHALLOW

Le pointerai -je, sir John?

FALSTAFF

Ce serait chose superflue ; car son équipement est étayé sur son dos, et tout son édifice porte sur deux pointes : ne le pointez pas davantage.

SHALLOW, éclatant de rire.

Ha! ha! ha!... A votre aise, monsieur, à votre aise! je vous fais mon comphraent... Francis Faible!

FAIBLE

Voici, monsieur.

FALSTAFF

Quel est ton métier. Faible ?

FAIBLE

Tailleur pour femmes, monsieur.

SHALLOW

Le pointerai-je, monsieur?

FALSTAFF

Vous le pouvez, mais, s'il avait été tailleur pour hommes, c'est lui qui vous aurait fait des points!... Feras-tu autant de trous dans les rangs ennemis que tu en as fait dans les jupes de femmes?

FAIBLE

Je ferai de mon mieux, monsieur; vous ne pouvez demander davantage.

FALSTAFF

Bien dit, digne tailleur pour femmes ! bien dit, courageux Faible ! Tu seras aussi vaillant que la colombe en courroux ou que la plus magnanime souris... Pointez bien le tailleur pour femmes, maître Shallow; appuyez bien, maître Shallow.

FAIBLE

Je voudrais que Poireau pût partir, monsieur.

Je voudrais que tu fusses tailleur pour bommes; tu

pourrais le raccommoder et le mettre en état de partir. Je

ne puis faire un simple soldat d'un gaillard qui a derrière

lui un si gros bataillon. Que cela te suffise, impétueuxFaible.

FAIBLE

Il suffit, monsieur.

FALSTAFF

Je te suis bien obligé, révérend Faible... Qui vient après?

SHALLOW

Pierre Veau du pré.

FALSTAFF

Oui, morbleu, voyons ce Veau.

VEAU

Voici, monsieur.

FALSTAFF

Pardieu, voilà un gaillard bien tourné ! Allons, pointezmoi ce Veau-là jusqu'à ce qu'il beugle.

VEAU

Ah ! seigneur ! mon bon seigneur le capitaine !

FALSTAFF

Comment! tu beugles avant qu'on te pointe !

VEAU

Oh! seigneur! monsieur! je suis malade,

FALSTAFF

Quelle maladie as-tu?

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