‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 215 sur 325 · SCÈNE Xï · texte numérisé non relu

SCÈNE Xï

LANCÂSTRE.

— Je les agrée toutes, et les approuve ; — et je jure ici, par l'honneur de mon sang, — que les intentions de mon père ont été mal comprises, - et que plusieurs de ceux qui l'entourent ont, avec trop de licence, - faussé sa volonté et son autorité. — Milord, ces griefs seront redressés promptement; — sur mon âme, ils le seront. Si vous le trouvez bon, — renvoyez vos troupes dans leurs différents comtés, — comme nous, les nôtres ; puis ici même, entre les armées, buvons ensemble amicalement, et embrassonsnous, — que tous les yeux puissent remporter le témoignage — de notre affectueuse réconciliation.

l'archevêque.

— J'ai votre parole princière pour tous ces redressements?

LANCASTRE

— Je vous la donne, et je tiendrai ma parole ; — et sur ce, je bois à Votre Grâce.

HASTINGS, à un officier.

— Capitaine, va annoncer à nos troupes — cette nouvelle de paix; qu'elles soient payées et licenciées; — je

sais que cela leur plaira. Hâte-toi, capitaine.

Un officier sort.

L'ARCHEVÊOUE, prenant un hanap.

— A VOUS, mon noble lord de Westmoreland !

WESTMORELAND

— Je fais raison à Votre Grâce. Et, si vous saviez que de peines —j'ai prises pour amener cette paix, —vous boiriez de tout cœur; mais ma sympathie pour vous — se manifestera bientôt plus ouvertement.

l'archevêque.

— Je ne doute pas de vous.

westmoreland.

J'en suis heureux. — A votre santé, mon cher lord et gentil cousin Mowbray.

MOWBRAY

— Vous me souhaitez la santé au bon moment ; — car j'ai été pris soudain de je ne sais quel malaise.

l'archevêque.

— A l'approche d'un malheur on est toujours joyeux ; — mais la tristesse est avant-courrière d'heureux événements.

— Réjouissez-vous donc, cher cousin, puisqu'une soudaine douleur — vous permet de dire que demain il vous arrivera bonheur.

l'archevêque.

— Croyez-moi, je suis d'une humeur plus qu'allègre.

MOWBRAY

— Tant pis, si votre propre maxime est vraie.

Acclamations au loin.

LÂNCÂSTRE.

— La parole de paix est rendue publique. Écoutez ces acclamations !

MO^VBRAY.

— Ceci eût été réjouissant après une victoire.

l'archevêque.

— C'est un triomphe aussi que la paix. — Car alors les deux partis sont noblement soumis, — sans qu'aucun soit sacrifié.

LANCASTRE, à Westmoreland.

Allez, milord, — et faites licencier également notre armée.

Westmoreland sort.

A l'Archevêque.

— Et, si VOUS le permettez, mon bon lord, vos gens — défileront devant nous, pour que nous voyions de nos yeux à quels hommes — nous aurions eu affaire.

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