SCÈNE XIII
[Westminster. L'appartement du roi dans le palais.]
Entrent le Roi Henry, Clarence, le Prince Humphrey, Warwick et d'autres.
LE ROI
— Maintenant, milords, si le ciel donne une heureuse issue — à ce débat qui saigne à nos portes, — nous conduirons notre jeunesse à de plus grands champs de bataille, — et nous ne brandirons plus que des glaives sanctifiés. — Notre flotte est prête, notre armée réunie, — nos lieutenants durant notre absence dûment investis , — et tout marche
d'accord avec notre désir ; — il ne nous manque qu'un peu de force personnelle, — et nous attendons que ces rebelles, maintenant sur pied, — soient rentrés sous le joug du gouvernement.
WÂRWICK.
— Nous ne doutons pas que Votre Majesté n'ait bientôt
— cette double satisfaction.
LE ROI
Humphrey de Glocester, mou fils, — où est le prince votre frère ?
HUMPHREY
— Je crois, milord, qu'il est allé chasser à Windsor.
LE ROI
— Et en quelle compagnie ?
HUMPHREY
Je ne sais pas, milord.
LE ROI
— Est-ce que son frère, Thomas Glarence, n'est pas avec lui?
LE ROI
— Non , mon bon seigneur ; il est ici en présence du roi.
CLÂRENCE, s'avançant.
— Que me veut mon seigneur et père ?
LE ROI
— 11 ne te veut que du bien, Thomas de Glarence. - Comment se fait-il que tu ne sois pas avec le prince ton frère?
— Il t'aime et tu le négliges, Thomas. —Tu as dans son affection une plus large place — que tous tes frères : conservela bien, mon enfant ; — et tu pourras, après ma mort, — remplir le noble ofOce de médiateur — entre sa majesté et tes autres frères.— Ainsi, ne le délaisse pas; n'émoussepas son amour ; -et ne va pas perdre l'avantage de ses bonnes grâces, — par une froideur ou une insouciance apparente.