‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 6 sur 325 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

NORFOLK

— Oh ! daigne mon souverain détourner la face — et commander à son oreille d'être sourde un moment, — que je dise à ce vivant opprobre du sang royal — quelle horreur fait à Dieu et aux gens de bien un si hideux menteur !

— Mowbray, l'impartialité est dans nos yeux comme dans nos oreilles : — fût-il mon frère, fût-il môme l'héritier de mon royaume — (et il n'est que le fils de mon frère), — je jure, par la majesté de mon sceptre, — qu'une parenté si proche de notre sang sacré — ne lui donnerait aucun privilège et ne rendrait point partiale — l'inflexible fermeté de mon âme droite. — Il est notre sujet, Mowbray, comme tu l'es toi-même : — je t'autorise à parler librement et sans crainte.

NORFOLK

— Eh bien, BoUngbroke, jusqu'au fond de ton cœur,

— par ta gorge de traître, tu mens! — Les trois quarts de ce que j'ai reçu pour Calais, — je les ai dûment distribués aux soldats de Son Altesse ; -le dernier quart, j'ai été autorisé à le garder, — mon souverain me redevant — cette somme sur un compte considérable , — depuis le dernier voyage que je fis en France pour chercher la reine.

— Avale donc ce démenti... Quanta la mort deGlocester...

— je ne l'ai point assassiné; mais, à ma disgrâce, — j'ai oublié en cette occasion mon serment, mon devoir. — Quant à vous, mon noble lord deLancastre, — vous, l'honorable père de mon ennemi, — j'ai un jour dressé une embûche contre votre vie, — et c'est un tort qui pèse à mon âme affligée; — mais, dernièrement, avant de recevoir le sacrement, — je l'ai confessé; et j'ai scrupuleusement imploré

— de votre grâce un pardon que j'espère avoir obtenu. — Voilà mes fautes. Quant aux autres accusations, — elles émanent delà rancune d'un scélérat, — d'un mécréant, du plus dé-

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