‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 9 sur 325 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

[L'ancien hôtel de Savoie, à Londres.] (3)

Entrent Jean de Gand et la duchesse de Glocester. JEAN DE GAND.

— Hélas! ce que j'ai en moi du sang de Glocester — me sollicite, plus même que vos cris, — à m'élever contre les bouchers de sa vie. —Mais puisque le châtiment réside dans les mains mêmes — qui ont commis le forfait que nous sommes impuissants à châtier, — confions notre cause à la volonté du ciel. — Quand il verra les temps mûrs sur terre, — il fera pleuvoir une brûlante vengeance sur la tête des coupables.

LA DUCHESSE

— La fraternité n'est-elle pas pour toi un stimulant plus vif ? — L'amour n'a-t-il plus de flamme dans ton vieux sang? — Les sept fils d'Edouard, et tu es l'un d'entre eux (4), — étaient comme sept vases pleins de son sang sacré, — comme sept beaux rameaux issus d'une même souche. — Plusieurs de ces vases ont été vidés par le cours de la nature, — plusieurs de ces rameaux ont été coupés par la destinée. — Mais Thomas, mon cher seigneur, ma vie, mon Glocester,

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