‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 103 sur 142 · QUATRIÈME PARTIE (1813 — 1 8 i -i · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE (1813 — 1 8 i -i

« au Bulletin des Lois, transmis à tous les tribunaux , à toutes les «autorités publiques; et l'autre, sous la date du 25 mars, posté- « rieur à notre lettre remise le 2/i mars à Sa Majesté, par l'oflicier « préposé à notre garde , déclare ce prétendu traité obligatoire pour (( tous les archevêques , évêques et chapitres de l'empire et du « royaume d'Italie ^ annonce un projet de loi qui doit déterminer les « peines applicables aux infracteurs , et prescrit d'une manière spé- « ciale l'exécution de l'article IV, avec de nouvelles modifications qui « en aggravent les dispositions , ordonnant expressément aux métro- « politains d'instituer les évêques nommés , après six mois de refus « de notre part , quoique , par ce prétendu concordat même . comme « nous l'avons prouvé et comme nous le prouverons ci-après , les « métropolitains ne soient nullement autorisés à conférer l'institution « canonique.

« Il n'est donc que trop imminent le danger d'un schisme, sans que « nous puissions désormais, par aucune condescendance, l'empêcher « d'éclater ! Car si , d'un côté , on veut absolument l'exécution du « prétendu concordat , si , d'un autre côté, les devoirs les plus sacrés « de notre ministère apostolique nous forcent de le déclarer nul et « sans valeur , il est manifeste que cet état de choses doit enfanter « un schisme , à moins que celui qui tient tous les cœurs en sa main et « les dirige comme il veut n'intervienne d'une manière miraculeuse. « Mais plus le danger de l'Eglise est grand, plus notre sollicitude pas- « torale nous presse et nous oblige de le prévenir , autant qu'il est en « notre pouvoir. Enfermé dans une étroite prison , sans communica- « tion avec qui que ce soit , si ce n'est avec vous qui pouvez même à « peine entendre notre voix , nous ne pouvons que déposer dans votre « sein nos sentiments, afin qu'un jour vous rendiez un éclatant témoi- « gnage de nos intentions et de notre volonté sur cet important objet. « Nous nous sommes cru obligé par un devoir impérieux de vous « faire connaître ce que nous avons décidé sur cette affaire , en vous « communiquant à chacun en particulier cette déclaration écrite de « notre propre main , afin qu'elle reste entre vos mains comme un (( document irrécusable de notre volonté , pour être tout à la fois la « règle des opérations subséquentes et la sauvegarde des droits du « Saint-Siège.

« Nous ne pouvons nous persuader qu'aucun des métropolitains

24â MÉMOIRES SUR LE l'O.NTUlCAT DE PIE VII.

« puisse jamais oublier les lois de l'Eglise et ses propres devoirs « jusqu'au point d'oser conférer l'institution canonique , après l'expic( ration des six mois , sous prétexte qu'il y serait autorisé par l'arti*- « cle IV du prétendu concordat. Car ils ne peuvent ignorer que l'écrit « du 25 janvier n'est pas un concordat , mais qu'il contient seulement « les articles préliminaires d'un traité futur, ainsi qu'il est expressé- « ment articulé dans le préambule. Puisque nous étions convenus, « S. M. et nous, que ces articles ne seraient pas publiés, c'était évi- « demment parce qu'ils n'étaient que les bases d'un concordat àcon- « dure et non un concordat déjà conclu. Or les métropolitains savent << très-bien qu'un acte non consommé , à peine même commencé, ne « peut donner le droit de changer la discipline de l'Eglise sur un point * « capital. Ils ne peuvent ignorer que, quand même il serait question « d'un concordat véritable, ce concordat resterait sans effet jusqu'à « ce qu'une bulle pontificale l'eût rendu exécutoire , surtout lorsqu'il (( s'agit du changement d'un mode de discipline en vigueur dans l'E- « glise , et confirmé par les constitutions apostoliques et les conciles « généraux , auxquels il devrait être expressément dérogé par nous. « Nous n'avons pas besoin de citer les anciens concordats pour prou- « ver la nécessité d'un tel acte de notre part ; les métropolitains en « ont un exemple récent dans le concordat de 1801, qui, avant de « recevoir son exécution , fut publié par nous, autorisé par une bulle, « et fut mis en vigueur par un décret de feu le cardinal Gaprara , no- (( tre nonce. Enfin, le concordat en vertu duquel on prétendrait agir, (( n'existe réellement plus, puisque nous l'avons révoqué, déclaré (( nul et sans valeur , comme de nouveau nous le révoquons et le dé- <( clarons annulé. On ne pourrait pas nous opposer que notre ré voce cation et notre déclaration manquent d'authenticité, puisque la (( lettre adressée le 2/^ mars à S. M. et les événements subséquents « sont de notoriété publique. Nous avons eu soin nous- même d'en <( donner connaissance à tous les évêques et archevêques qu'il nous « a été permis de voir, avant que notre prison devînt plus rigoureuse. « On ne pourrait pas davantage s'appuyer sur l 'irrévocabilité d'un <( concordat, puisqu'il est manifeste que l'écrit du 25 janvier n'est « pas un concordat, comme nous l'avons déjà prouvé ; et quand même « ce serait un concordat , les métropolitains ne peuvent ignorer que « les obligations contractées , quelles qu'elles soient, doivent rester

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