‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 104 sur 142 · QUATRIÈME PARTIE (1813— 18U · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE (1813— 18U

« sans exécution lorsqu'elles sont contraires aux lois divines : vérité «trop évidente par elle-même, appuyée sur l'exemple de notre « prédécesseur Pascal II , et confirmée par le concile de Latran , « par plusieurs conciles d'Italie , de Germanie, d'Espagne, de France « même , et notamment par le concile de Vienne en Dauphiné , (( l'an 112.

« D'après toutes ces considérations, nous espérons et nous croyons «( même que les métropolitains, loin de se permettre de pareils actes, « auront le courage, s'il le faut, de déposer leurs respectueuses re- « montrances au pied du trône, pour appuyer de leur propre convie^ « tion l'impossibilité où ils sont de conférer l'institution canonique. « Telle est l'opinion que nous devons avoir des métropolitains de la « France et de l'Italie. Que si , contre nos justes espérances, notre « espoir se trouvait déçu , plein du sentiment de la gravité de nos « devoirs, nous déclarerions expressément toute institution donnée « par les métropolitains nulle, les institués intrus, leurs actes de ju- « ridiction nuls, la consécration sacrilège, les institués et les consa- <( crants schismatiques , et sous le coup des peines voulues en pareil « cas par les canons ; ce que nous ferions dans toutes les formes usi- « tées, si nous en avions la liberté ; et dans la crainte que nous ne c( l'ayons pas à l'avenir, nous en faisons d'avance la déclaration de « la manière seule que comporte notre position. Mais nous espérons « de la miséricorde du Seigneur que nous n'aurons pas à déplorer « des événements aussi funestes ; nous avons même la confiance que « S. M. l'empereur, après de mûres réflexions , finira pas accueillir (( nos représentations, et cherchera à conclure, sur des bases conci- (( liables avec nos devoirs, un nouveau traité qui puisse mettre un (( terme aux différends survenus , ce qui est l'objet de nos vœux les (( plus ardents. A cette fin , nous adressons à Dieu, dans l'amertune de « notre cœur, les plus ferventes prières, et nous vous exhortons vive- (( ment, nos vénérables Frères et très-chers Fils, à lui adresser aussi « les vôtres. Et nous vous donnons dans l'effusion de notre cœur « la bénédiction apostolique.

« Fontainebleau, 9 mai 1813.

« Signé Pie VII, pape. »

Quelques-uns d'entre nous s'occupèrent en même temps d'un tra-

vail aussi important qu'épineux ; ils dressèrent une bulle pour régler les dispositions du futur conclave , au cas où la mort de Pie VII fût venue se joindre à tant de malheurs. Pour établir des règlements applicables aux circonstances dans lesquelles ce funeste événement pouvait arriver, il fallait appeler à son secours toutes les prévisions de la prudence humaine, prévisions d'autant plus difficiles que les événements politiques se pressaient avec une étonnante rapidité. Il fallait, pour faciliter l'élection du futur pontife, déroger aux anciennes constitutions apostoliques, sans toutefois ouvrir la porte aux graves inconvénients que les papes avaient voulu éviter par ces mêmes constitutions ; il fallait par dessus tout chercher à échapper aux prétentions et aux entreprises du gouvernement français, qui sans doute aurait voulu diriger l'élection du pape ; il fallait enfin que les nouveaux règlements enchaînassent pour ainsi dire les cardinaux, et les missent dans l'impossibilité de se laisser entraîner soit par la peur, soit par des vues humaines.

Le général Bonaparte , dans la guerre d'Italie , avait fait entendre au cardinal Mattei, dans un entretien qu'il eut avec lui à Tolentino, que le gouvernement français avait des vues sur l'élection future des papes. Devenu depuis empereur et souverain de Rome, on pouvait craindre avec raison que , considérant le pape comme évêque d'une ville soumise , et tenant le sacré collège sous son pouvoir, il n'affichât, en cas de vacance du Saint-Siège, l'étrange prétention de nommer les papes, ou du moins de confirmer leur nomination, à l'exemple des anciens rois d'Italie et des empereurs de Constantinople. Nous dressâmes donc la bulle avec toute la sagesse possible, et le Saint-Père l'écrivit tout entière de sa main.

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