CHAPITRE VII
Départ d'Uzès. — Retour en Italie. — Arrivée à Rome.
Pourrai-je jamais oublier le 22 avril, jour de mon départ d'Uzès? Après avoir célébré le saint sacrifice, auquel assist^^'^nt tout le clergé et les personnes les plus distinguées de la ville, je pris congé de mes respectables hôtesses, M™" d'Amoreux, et je partis à pied de mon logement, pour satisfaire à l'empressement que me témoignaient les habitants de m'accompagner hors de la ville. Un clerc, portant la croix, marchait en tête; des jeunes filles, vêtues de blanc, venaient après, chantant des cantiques ; suivaient les bannières des confréries. Les personnes notables de la ville marchaient à leur suite, et quelques prêtres nous précédaient en récitant les prières pour les voyageurs. J'avais à ma droite le curé , et à ma gauche le doyen de la cathédrale , prêtres vénérables, émus à la vue de ce spectacle. Le sous-préfet, le maire et les membres du tribunal nous suivaient en grand costume. Nous marchions entre deux haies formées par la garde nationale, et la musique faisait entendre de délicieuses symphonies. Enfin le cortège était fermé par une garde d'honneur à cheval, composée de quarante jeunes gens. La route était couverte d'une foule immense , composée de catholiques et de protestants. Arrivés dans une plaine, où tous les habitants d'Uzès s'étaient réunis, je fus prié de me tourner vers la ville et de la bénir. Comme j'élevais les mains vers le ciel, tous tombèrent à genoux et firent le signe de la croix avec des sentiments de piété qui se manifestaient sur leurs visages ; tous adressèrent les vœux les plus ardents au Ciel pour le supplier de me protéger dans mon voyage.