‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 22 sur 142 · PREMIÈRE PARTIE (1S04— 1808). 5S · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE (1S04— 1808). 5S

communiqua l'avis reçu de l'entrée prochaine des Français dans Rome, et manifesta l'intention de se retirer dans le château Saint- Ange, afin de ne pas être obligé de recevoir les officiers français, ne voulant avoir aucun rapport avec eux. Surpris de cette détermination, la plupart des cardinaux l'en dissuadèrent par de respectueuses représentations. On lui fit observer que, « quelque pures que fussent ses intentions, les chefs de l'armée française regarderaient cette démarche comme un acte d'hostilité, un préparatif de défense, et que, profitant du prétexte que le pape s'était lui-même déclaré en état de guerre, ils pourraient prendre possession de Rome à titre de conquête ; qu'il fallait même leur ôter ce prétexte, et pour cela donner immédiatement l'ordre que les portes de la ville fussent ouvertes à l'heure ordinaire ; que les gardes pontificales, au lieu de faire aucune résistance, restassent immobiles dans leurs quartiers et laissassent les Français entrer librement dans Rome ; qu'il était juste, raisonnable, nécessaire même de faire une vigoureuse opposition aux étranges prétentions de l'empereur, qui tendaient à rendre l'Église esclave et à troubler la discipline ecclésiastique ; mais que, pour les intérêts temporels, après avoir publié une protestation formelle et solennelle contre une usurpation sacrilège, le Saint-Père ne devait plus montrer que douceur, résignation et patience, afin de constater avec plus d'évidence en faco de l'Europe l'indigne supercherie , le monstrueux abus de la force dont était victime un prince pacifique, qui n'avait donné ni motif ni prétexte à une telle iniquité. » Pie VII approuva le sentiment du sacré collège, et^ à l'instant, en sa présence, les cardinaux rédigèrent une notification pour être affichée dans Rome à l'entrée de l'armée française, ce qui eut lieu le lendemain matin 2 février.

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