PREMIÈRE PARTIE
courageaieiit ainsi la trahison et la perfidie contre un gouvernement étranger fussent bientôt eux-mêmes victimes de la même trahison et de la même perfidie dans leurs propres Etats ; et cette leçon salutaire de la Providence, les souverains ne devraient pas l'oublier.
Le 27 mars, le cardinal Joseph Doria, qui avait remplacé avec le titre de pro-secrétaire d'Etat le cardinal Casoni, dont la santé donnait de vives inquiétudes, fut arraché de Rome par la force, et obligé de se retirer à Gênes. 11 fut remplacé par le cardinal Gabrielli.
Le 22 avril, Mgr Cavalchini, gouverneur de Rome, fut arrêté par un piquet de soldats, enlevé militairement de Rome et traduit dans la forteresse de Fénestrelle. C'était un prélat d'un caractère sévère , mais juste, impartial, vigilant et très-zélé.
Par un décret en date du 2 avril. Napoléon avait pris possession des provinces d'Urbin, d'Ancône et de Macerata, les déclarant à perpétuitè et i7Tévocablement réunies au royaume d'Italie, ce que la divine Providence se chargea de démentir quelques années après. Parmi les motifs de cette usurpation sacrilège on remarqua celui-ci : Parce que « la donation de Charlemagne , notre illustre prédécesseur, des pays formant l'État pontifical, fut faite au profit de la chrétienté , et non pas pour l'avantage des ennemis de notre sainte religion. » Ces ennemis de la sainte religion étaient les Anglais.
Cependant, sous l'influence secrète et la protection du général français, quelques nobles déchus et ruinés et un banquier failli formaient une prétendue garde civique, et y enrôlaient l'écume de la populace des villes, instrument fort utile pour le renversement du gouvernement pontifical. Contre toute cette série de violences, d'attentats, de violations du droit des gens, d'énergiques et trop justes réclamations furent faites au nom du pape, mais elles restèrent même sans réponse. Enfin, le 16 de juin, un attentat inouï met le comble à tous les précédents : la force année pénètre dans le palais pontifical, et, près de l'appartement du pape, arrête le cardinal Gabrielli, pro-secrétaire d'Etat, met le scellé sur ses papiers, et lui ordonne de partir. C'est dans de si tristes circonstances que va commencer mon malheureux ministère.