IIBRÂRY ST. MARY S COLLEGE
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aide et protection aux condacteiirs français de quelques chariots qui transportaient à Paris les statues et autres antiquités de la Villa Borghèse, que Napoléon avait acquises pour le musée national. Je fis observer à ceux qui me le présentèrent que, le pape ayant solennellement protesté contre la vente de ces monuments précieux, qui avait été faite au mépris des lois de l'Etat, le gouvernement pontifical ne pourrait, sans une contradiction absurde , signer un tel passeport. Comme je prévoyais cependant que ce transport se ferait malgré nous, et que je craignais de verser, comme on dit, de l'huile sur le feu, je leur proposai de m'envoyer, au milieu d'autres papiers, un nouveau passeport qui ne fît point mention des objets transportés , et je leur promis de le signer à l'insu du pape, comme si je ne me doutais de rien. Cette excessive condescendance ne les satisfit point, et le lendemain deux conducteurs vinrent me demander en pleine audience un ordre émané de la secrétairerie d'Etat, portant expressément : « que tous les pays situés sur la route de Toscane seraient tenus de fournir les bœufs nécessaires au transport des antiquités de la villa Borghèse.» Cette fois il ne me fut plus possible de dissimuler, et je leur répondis avec fermeté que les lois de l'Etat et les ordres formels de mon souverain ne me permettaient point de leur accorder ce qu'ils me demandaient. Quelques moments après, M. Miollis m'envoya un officier pour se plaindre de mon refus. Je racontai à cet officier tout ce qui s'était passé, je lui fis remarquer ce que j'avais fait pour éviter un nouveau sujet de querelle entre le général français et le gouvernement pontifical ; et il se retira sans savoir que me répondre. Le lendemain j'appris que les Français avaient enlevé de vive force les bœufs dont ils avaient besoin, ce qu'ils firent aussi en plusieurs autres endroits de l'Etat pontifical.
Quelques jours après , M. Garobeau, chef de l'état-major, vint me prier, de la part de M. Miollis, de donner l'ordre défaire remettre à un commissaire du gouvernement milanais les pièces originales des procès instruits contre les criminels détenus dans les prisons des Marches et du duché d'Urbin , provinces réunies depuis peu au royaume d'Italie. Je lui répondis qu'il m'était pénible de prononcer un refus formel ; mais que la cession des pièces demandées serait une reconnaissance indirecte de ce nouveau gouvernement, et qu'il n'ignorait pas les protestations solennelles du souverain pontife contre l'usurpa-