DEUXIÈME PARTIE ilSOS
turelle de leurs trônes. La divine Providence a peraiis que Pie Vil tout en défendant avec un courage apostolique les droits sacrés de sa suprématie spirituelle et de sa puissance temporelle, supportât avec une résignation héroïque toutes sortes d'injures et d'outrages, à l'imitation de celui qui, dans les divines Ecritures, s'appelle tout à la fois et le Lion de Juda tennble par ses rugissements, et V Agneau 'plein de douceur qui souffre tout avec patience. Les cardinaux, les prélats et le clergé romain suivirent avec courage l'exemple de leur bon pasteur.
« sure injuste ou inutile? Car ce seraient là les seules raison qui pourraient déter- « miner le pape à suspendre la publication de la bulle. » Il me répondit que « les prédécesseurs de Pie VII avaient fulminé des anathèmes pour de causes cent fois moindres, et qu'on ne pouvait rien opposer à la justice de la bulle; mais qu'il fallait d'abord bien considérer s'il était utile de la publier. » Et là-dessus il m'avoua ingénument qu'une personne bien informée lui avait assuré qu'à la nouvelle d'une pareille mesure Napoléon se porterait aux derniers excès , et serait capable d'attenter à la vie du Saint-Père. « Eh bien ! lui répondis-je , on comptera un martyr « de plus dans l'histoire des papes. Et que fera-t-il aux ministres et aux conseil- « 1ers de Sa Sainteté? — On dit qu'il nous fera pendre. — Ce n'est point là, re- « pris-je en riant , une raison canonique dont je puisse me prévaloir pour couseil- « 1er au pape de renoncer à la mesure projetée. Il en adviendra ce qu'il plaira à « Dieu. « Cet excellent collègue ne répliqua plus rien , et la fermeté apostolique qu'il montra ensuite dans sa conduite me prouva bien qu'il n'y avait en lui ni pusillanimité ni découragement, mais qu'il avait voulu décharger sa conscience en me rapportant avec candeur ce qu'on lui avait malicieusement insinué.
H6 aïKMOîRKS sur, le pontificat de pir vu.