‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 49 sur 142 · W III · texte numérisé non relu

W III

Note du cardinal, pro-secrétairo d'État, à MM. les ministres étrangers, sur la déportation du cardinal Antonclli et de Mgr Arezzo, et sur la violence exercée contre les gouverneurs de l'État pontifical.

Du palais Quirinal, le 7 septembre 1808.

Le cardinal Pacca, pro-secrétaire d'Etat, après avoir instruit Votre Excellence de l'attentat auquel on s'est porté hier sur sa personne, doit encore, pour obéir au Saint-Père, vous faire connaître une nouvelle violonce que la force étrangère vient de .^e permettre sur la personne de

156 >Mt:MOIREâ SUft LE PONTIFICAT DE PIE Vit.

Mgr le cardinal Antonelli, doyen du sacré collège. Hier, vers les deux heures après midi, un officier français est entré avec huit grenadiers chez monseigneur le cardinal, lui a intimé l'ordre de son arrestation, a laissé des sentinelles devant son hôtel, dans sa salle et dans son antichambre, et, deux heures après, il est revenu lui signifier l'ordre départir de Home dans la nuit même, sans égard pour son grand âge, pour son caractère d'évêque, ni pour les importants services qu'il rendait à l'Eglise catholique en qualité de préfet de la sacrée pénitencerie et de la secrétairerie des brefs. Arraché par la force, il a dû partir vers les six heures de cette nuit sous Tescorte de six dragons français.

La troupe française s'est rendue coupable d'une autre violence sur la personne de Mgr Arezzo, pro -gouverneur de Rome. Ce respectable prélat vaquait aux fonctions de sa charge dans le palais public du gouvernement, lorsqu'un officier français se présenta à lui, à la tête de trente grenadiers, lui signifia l'ordre de son arrestation et le fit conduire surle-champ à son logis, escorté par quinze grenadiers, gardé étroitement à vue et privé de la liberté de parler à personne. Ce prélat a été enlevé vers les huit heures du soir, pour être déporté, dit-on, en Toscane.

Plusieurs gouverneurs de provinces ont été arrêtés et conduits à Rome, pour s'être fidèlement prêtés, d'après les ordres du Saint-Père, à l'affiche de la déclaration par laquelle Sa Sainteté condamnait l'enrôlement de quelques sujets pontificaux dans un corps de troupes appelées civiques, portant cocarde italienne et française.

Ce matin, on a appris que l'évêque d'Anagni a été violemment enlevé de son diocèse par la force militaire, conduit à Rome et enfermé dans le château Saint-Ange. Le palais Quirinal est bloqué par la troupe française ; des sentinelles sont placées nuit et jour autour de la demeure de Sa Sainteté, et l'on porte l'audace jusqu'à visiter les voitures qui sortent de ce palais. On a arrêté et conduit chez le commandant de la place, pour y être visitées, plusieurs personnes qui en sortaient avec des commissions, et, entre autres, un portier de la secrétairerie d'Etat qui portait des papiers officiels à la sacrée consulte. Cette accumulation d'attentats énormes, que l'on ne peut voir commettre sans frémir d'horreur, et que l'on n'entendra point raconter sans effroi , démontre clairement que le chef de l'Eglise est l'objet d'une persécution directe et de plus en plus violente ; qu'on ne cherche qu'à mettre des entraves à l'exercice de son ministère apostolique, et qu'on voudrait rompre le frein de son héroïque patience.

Le soussigné proteste, au nom de Sa Sainteté, contre ces excès abominables; déclare que jamais a persécution ne sera capable d'ébranler

DFAXIÈME PARTIE. — DOCUMENTS. 127

ies principes du Saint-Père, fondés sur la sainte religion, et communique à Votre Excellence la nouvelle de tous ces événements, afin qu'elle puisse en instruire sa cour.

Le cardinal Barthélemi Pacca.

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