‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 54 sur 142 · N° VI · texte numérisé non relu

N° VI

Notification affichée dans Rome la nuit qui suivit renlèvenioni du pape, PIE VII, PAPE,

À SES FIDÈLES SUJETS ET A SON TROUPEAU PARTICULIER ET BIEN-AIMl^,.

Dans les fâcheuses extrémités où nous sommes réduit , nous versons des larmes d'attendrissement et nous bénissons Dieu, le Père éternel de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes , le Dieu de toute consolation *, de ce qu'il daigne nous accorder une consolation suave, celle de voir s'accomplir de nouveau en notre personne ce que son divin Fils, notre Rédempteur, annonça autrefois à saint Pierre, le chef des apôtres, dont nous sommes le successeur, malgré notre indignité ; « Lorsque vous serez dans l'âge sénile, vous étendrez les mains; un a autre vous liera et vous portera là où vous ne voudrez pas aller ^. »

Nous savons néanmoins et nous déclarons qu'étant en paix avec tout le monde, et même priant sans cesse pour la paix entre les princes, on ne peut, sans un acte de violence, nous arracher de la ville de Rome, notre pacifique et légitime résidence, parce qu'elle est la capitale de nos Etats, le siège spécial de notre sainte Eglise romaine et le centre universel de l'unité catholique, dont par la divine Providence nous sommes sur la terre le modérateur et le chef.

Nous livrons donc avec résignation nos mains sacerdotales à la force qui les lie pour nous entraîner ailleurs , et toutefois nous déclarons les auteurs de cet attentat responsables envers Dieu de toutes ses conséquences. De notre côté, nous désirons seulement, nous conseillons, nous ordonnons que nos fidèles sujets, nos ouailles particulières de Rome, notre troupeau universel de l'Eglise catholique, imitent avec ferveur la conduite des fidèles du I" siècle, dans la circonstance où saint Pierre était tenu dans une étroite prison et où l'Eglise adressait incessamment à Dieu des prières pour lui *.

Successeur, bien qu'indigne, de ce glorieux apôtre, nous vivons dans la confiance que tous nos enfants bien-almés rendront à leur commun et tendre père ce pieux devoir, qui sera peut-être aussi le dernier, et nous, en récompense, nous leur donnons, avec la plus grande effusion de cœur, notre bénédiction apostolique.

De notre palais du Quirinal, le 6 juillet 1809. Place du sceau» PiE vu, Pape.

» Kp. II «a Cor. I, 3, ~ ' Joan. XXI. 18. — » Ad. Aport. XII, 5.

MÉMOIRES

TROISIEIHE PARTIE,

( Bu 6 juUlet 1809 au 5 févrisr 1813. )

Nihil est entm apliits ad ddectationem lectoris quant îemporum varietates fortunœque vicissitudines^ quœ etsi nobis optabiles in experiendo non fuerunt, in legendo tamen eruntjucundœ; habet enim prœteriii doloris secura recordatio delectationem,

« Rien n'est plus propre à charmer le lecteur que la variété des temps et les vicissitudes de la fortune^ et bien qu'il n'ait pâà é!é ôgréablé pour nous de les éprouver, le récit ne nous en déplaît point , car l'on trouve je ne sais quel charme tranquille dans le souvenir d'une affliction passée. »

(GicÉRON, à Luccius, A, V, lettre 12.)

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