‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 60 sur 142 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Séjour à Grenoble.— Voyage à Fénestrelle.

Depuis le 20 juillet jusqu'au l^"" août, nous attendîmes à Grenoble les ordres de l'empereur sur notre destination ; on sait qu'il faisait alors la guerre en Autriche. Voici le journal abrégé de ce qui noUs arriva dans cette ville.

Le 22, M. Gérard fit savoir au Saint-Père que , toutes les fois qu'il désirerait sortir pour se promener , on s'empresserait de lui préparer les voitures. Le pape lui répondit que , si ces voitures devaient le ramener à Rome, il sortirait volontiers, mais que tant qu'il serait prisonnier, il devait renoncer à se promener de cette manière ; et, en effets on ne le vit jamais sortir pendant tout le temps de son séjour à Grenoble ; il se promenait seulement un peu chaque jour dans le jardin de la préfecture. Le même jour, comme je me disposais à aller trouver le Saint-Père, on me déclara que toute communication avec lui m'était' interdite jusqu'à ce qu'on eût reçu les instructions demandées à M. Fournier, préfet du département, qui se trouvait alors à Paris. Un caporal était posté avec quelques soldats à la porte de mon hôtel , et un officier de garde occupait toujours mon antichambre pour m'empêcher de communiquer avec qui que ce fût ; on me traitait, du reste, dans ma prison avec une véritable magnificence.

Le même jour, mon secrétaire, se trouvant sur la porte de l'hôtel , eut l'occasion de s'aboucher avec un soldat portugais, et j'appris avec indignation que les troupes portugaises dont j'ai déjà parlé étaient commandées par le marquis d'Alorna, que j'avais beaucoup connu à Lisbonne^ et que quelques officiers appartenaient aux principales familles de cette ville , comme celles des vicomtes Ponte de Lima, des

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