‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 84 sur 142 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

la nomination par l'empereur aux archevêchés et évêchés de l'empire et du royaume d'Italie, le pape donnera l'institution canonique, conformément au concordat et en vertu du présent induit ; l'information préalable sera faite par le métropolitain. Les six mois expirés sans que le pape ait accordé l'institution, le métropolitain, et à son défaut, ou s'il s'agit du métropolitain, l'évêque le plus ancien de la province, procédera h l'institution de l'évêque nommé, de m.anière qu'un siège ne soit jamais vacant plus d'une année.

« Art. V. Le pape nommera, soit en France, soit dans le royaume d'Italie, à dix évêchés, qui seront ultérieurement désignés de concert.

(( Art. VI. Les six évêchés suburbicaires seront rétablis; ils seront à la nomination du pape. Les biens actuellement existants seront restitués, et il sera pris des mesures pour les biens vendus. A la mort des évêques d'Anagni et de Rieti, leurs diocèses seront réunis auxdits six évêchés, conformément au concert qui aura lieu entre Sa Majesté et le Saint-Père.

« Art. vil A l'égard des évêques des Etats romains, absents de leurs diocèses par les circonstances, le Saint-Père pourra exercer en leur faveur son droit de donner des évêchés in paî^tibtis. Il leur sera fait une pension égale au revenu dont ils jouissaient, et ils pourront être replacés aux sièges vacants, soit de l'empire, soit du royaume d'Italie.

« Art. VIII. Sa Majesté et Sa Sainteté se concerteront en temps opportun sur la réduction à faire, s'il y a lieu, aux évêchés de la Toscane et du pays de Gênes, ainsi que pour les évêchés à établir en Hollande et dans les départements anséatiques.

« Art. IX. La propagande, la pénitencerie, les archives seront établies dans le lieu du séjour du Saint-Père.

« Art. X. Sa Majesté rend ses bonnes grâces aux cardinaux, évêques, prêtres, laïques qui auront encouru sa disgrâce par suite des événements actuels.

« Art. XL Le Saint-Père se porte aux dispositions ci-dessus, par considération de l'état actuel de l'Eglise, et dans la confiance que lui a inspirée Sa Majesté qu'elle accordera sa puissante protection aux besoins si nombreux qu'a la religion dans les temps où nous vivons. ))

Il serait difficile de décrire la désolation dans laquelle laî publica-

278 MÉ.MoniES siun le pontificat ue pie vit.

tion de ce concordat jeta les bons catholiques de Paris. Plusieurs daipes, qui avaient p'acé dans leur oratoire le portrait du Saint-Père, le déchirèrent sur-le-champ, et l'une d'entre elles, dans un excès de cette vivacité que les Italiens appellent la furia {rancesc, jeta la gravure au feu. Dans les provinces, quoique le gouvernement eût ordonné un Te Dcimi en réjouissance de cet événement, on ne voulut pas y croire, et lorsque, l'année d'après, je me rendis de Fontainebleau à Uzès, j'eus lieu de me convaincre par moi-même que, dans cette circonstance, le gouvernement avait été accusé d'une nouvelle imposture. 11 en fut de même en Allemagne et en Italie. Les Romains accueillirent cette nouvelle par des rires et des sifflets; plusieurs même allaient répétant ces paroles dont ils se servent pour parler d'une chose impossible : « Se qucsto è vero, andiamo subito in ghetto a farci Ebrei^. » Rien ne put ébranler leur conviction à cet égard, et, quoique des personnes dignes de foi écrivissent de France qu'elles avaient vu elles-mêmes la signature du Saint-Père au bas de l'original du concordat, ils ne furent point embarrassés pour expliquer cette CDntradiction. Selon eux, le pape, avant son enlèvement, aurait confié à M. Dominique Sala, administrateur général de la daterie, quelques bîanc-seings pour qu'il pût s'en servir au besoin; ces papiers étaient tombés au pouvoir du gouvernement français, lorsque M. Sala fut conduit à Fenestrelle, et l'on avait écrit le prétendu concordat sur une de ces feuilles pour persuader au monde catholique que le pape l'avait réellement signé.

Les Parisiens , qui trouvent toujours matière à rire dans les choses même les plus sérieuses , aimaient à répéter ce calembourg à propos des concessions de Fontainebleau : Le pape a conclu avec l'empereur tin concordat qui fait rougir les cardinaux ; ils faisaient ainsi allusion à la honte qui était pour ainsi dire peinte sur les visages des cardinaux , et à la permission accordée aux cardinaux noirs de reprendre leurs habits de pourpre.

Si pendant mon séjour à Paris je fus comme environné de sujets de tristesse , j'y trouvai aussi quelques sujets de consolation. Dans cette capitale , le rendez- vous de tous les sectaires , où régnaient les coryphées de la philosophie ; dans cette ville que l'on pourrait ap-

^ « ^ eeUest vrai, nous allons sur-Io-cbamp à la juiveria nous faire juiAi. n

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