FIN DE L’HISTOIRE DE L’ADJUDANT
Ici le bon Adjudant se leva pour prendre le portrait, qu J il nous fit passer encore une fois de main en main.
— La voilà, disait-il, d.ans le même costume, ce bavolet et ce mouchoir au cou ;
la voilà telle que voulut bien la peindre
madame la princesse de Lamballe. C'est
ta mère, mon enfant, disait-il à la belle personne qu’il avait près de lui sur son genou ; elle ne joua plus la comédie, car elle ne put jamais savoir que ce rôle de Rose et Colas , enseigné par la Reine.
Il était ému. Sa vieille moustache blanche tremblait un peu, et il y avait une larme dessus.
— Voilà une enfant qui a tué sa pauvre mère en naissant, ajouta-t-il ; il faut bien l’aimer pour lui pardonner cela ; mais enfin tout ne nous est pas donné à la fois.
C’aurait été trop, apparemment, pour moi, puisque la Providence ne l’a pas voulu. J’ai roulé depuis avec les canons
de la République et de l’Empire, et je
peux dire que, de Marengo à la Moscowa,
j’ai vu de bien belles affaires ; mais je n'ai
pas eu de plus beau jour dans ma vie que
celui que je vous ai raconté là. Celui où
je suis entré dans la Garde Royale a été
aussi un des meilleurs. J’ai repris avec
tant de joie la cocarde blanche que j’avais
dans le Royal-Auvergne I Et aussi, mon
lieutenant, je tiens à faire mon devoir,
comme vous l’avez vu. Je crois que je