‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 16 sur 114 · XX NOTICE SUR LE COMTE · texte numérisé non relu

XX NOTICE SUR LE COMTE

conc, mais il est également parfait en son genre, il a surtout du naïf et de l'humain.

Ce pauvre lépreux, avant d'être à la Cité d'Aoste, vivait à Oneille. Quand les Français, après avoir pris la Savoie et le comté de Nice, firent une inciu'sion jusqu'à Oneille où était ce malheureux, il s'eftraya, il se crut menacé; il eut la prétention d'émigrer comme les autres. Un jour il arriva à pied devant Turin : la sentinelle l'arrêta à la porte, et, sur la vue de son visage, on le fit conduire entre deux fusiliers chez le gouverneur, qui l'envoya à l'hôpital : de là on prit le parti de le diriger sur la Cité d'Aoste oii il résida par ordre. M. de Maistre l'y voyait souvent. Le honhomme lépreux avait, comme on peut croire, un cercle assez peu étendu d'idées; en lui donnant toutes celles qui dérivaient de sa situation môme, l'historien n'a pas voulu lui en prêter un trop grand nombre. Son habita- '.ion était parfaitement solitaire : un jeune officier (celui de madame Hautcastel peut-être), donnait volontiers alors, à la dame qu'il aimait, des rendeztrous dans ce jardin qui cachait des roses ; ils étaient sûrs de n'y pas être troublés. Deux amants se ménageant des rencontres de bonheur à l'ombre de cette

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