XAVIER DE MAISTRE. XXI
redoutable cîiarmille du lépreux, n'est-ce pas touchant? L'extrême félicité à peine séparée par une feuille tremblante de l'extrême désespoir, n'est-ce pas la vie?
On relit le Lépreux^ on ne l'analyse pas ; on verse une larme, on ne raisonne pas dessus. Tout le monde pourtant n'a pas pensé ainsi: on a essayé de refaire le Lépreux. Le comte Xavier était si peu connu en France, même après cette publication, qu'on l'attribua à son frère Joseph, et, comme celui-ci était venu à mourir, une dame d'esprit se crut libre carrière pour retoucher l'opuscule à sa guise. J'ai sous les yeux le Lépreux de la Cité d^Aoste, par M. Joseph de Maistre, nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée par madame 0. 6\*. ■ La lecture du Lépreux m'avait touchée, dit raa- • dame Olympe Cottu dans sa préface ; j'en parlai à « un ami auquel une longue et douce habitude me i porte à confier toutes mes émotions; je l'engageai t à le lire. Il n'en fut pas aussi satisfait que moi: la t douleur aride et quelquefois rebelle du Lépreux lui « paraissait, me dit-il, comme une autre lèpre qui
i. Paris, Gosselin, 1824, ia-«*«