‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 18 sur 114 · XXII NOTICE SUU LE COMTE · texte numérisé non relu

XXII NOTICE SUU LE COMTE

<( desséchait son âme ; cet inioi'tunê (ajoulait-il), ré-

« volté contre le sort, n'offrait guère à l'esprit que

« l'idée de la souffrance physique, et ne pouvait

« exciter que l'espèce de pitié vulgaire qui s'attache

« aux infirmités humaines. Il aurait souhaité voir cette

« pitié ennoblie par un sentiment plus doux et plus

<( élevé, et la résignation chrétienne du Lépreux l'eût

<i mille fois plus attendri que son désespoir. » — Ce

discours dans la bouche de l'ami prendra de la valeur

et deviendra plus curieux à remarquer, si l'on y

croit reconnaître un écrivain bien illustre lui-même,

et qu'on a été accoutumé longtemps à considérer

comme l'émule et presque l'égal du comte Joseph,

plutôt que comme le critique et le correcteur du

comte Xavier *. Quoi qu'il en soit, c'était faire preuve

d un esprit bien subtil ou bien inquiet que de voir

dans la simple histoire de ce bon Lépreux, à côté de

passages reconnus pour touchants, beaucoup d'autres

ou respire une sorte d'aigreur farouche: voilà des

expressions tout d un coup extrêmes. Quelque délicats,

quelque élevés que puissent sembler certains traits

*. M. de Là MeacaU.

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