‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 3 sur 114 · IV NOTICE SUR LE COMTE · texte numérisé non relu

IV NOTICE SUR LE COMTE

jours ; le plus simple est que le cœur s'en mêle. Frédéric Cuvier mourant, il y a près d'un an, a demandé qu'on inscrivît pour toute épitap'ne, sur la pierre de son tombeau : Frédéric Cuvier, frère de George. Le comte Xavier dirait volontiers ainsi dans sa filiale piété fraternelle. Mais, pour lui, il ne s'est jamais posé le rôle, il ne s'est jamais dit que c'était embarrassant ; il a senti que c'était doux, près de soi, d'avoir un haut abri dans ses pensées; et cependant il s'en est tiré mieux que tous les cadets de grands hommes en littérature : il a trouvé sa place par le naïf, le sensible et le charmant *.

Quelque part, à bon droit, qu'on fasse à la vocation singulière et déclarée des talents, ce n'est pas sans une certaine préparation générale et une certaine prédisposition du terroir natal lui-même, qu'à litre d'écrivains français si éminents,^ on a pu voir sortir de Genève Jean-Jacques, Benjamin Constant

I. Le plus ancien de ces pieux cadets dont nous parlons est assurément Ménélas, le bon Mérélas, duquel Agamemnon disait : « Par moments il s'arrête et ne veut pas agir, non qu'il cède à la paresse ou à Timprudeuce, mais il me regarde et il atttnd :

{Iliade, X, 111).

Page 1