XAVIER DE MAÎSTRE. XXV\Ï
c'est le nom d'un noble chevalier tout d'un coup atteint de lèpre. Le plus savant des docteurs de Salerne lui a dit qu'il ne pourrait être guéri que par le sang d'une jeune vierge librement offert, et l'amour le lui fait trouver*.
Un peu plus étendues que le Lépreux et aussi excellentes à leur manière, les deux autres anecdotes, les Prisonniers du Caucase et la Jeune Sibérienne^ furent écrites vers 1820, à la demande de quelques amis et en faveur d'une proche parente à qui l'auteur en avait promis la propriété ; il les leur livra pour être publiées à Paris. La perfection des deux nouveaux opuscules prouve que, chez lui, le bonheur du récit n'était pas un accident, mais un don, et combien il
1. On lira avec plaisir cette histoire, traduite par M. Buchon, et insérée dans le Magasin pittoresque (septembre 1836). — Dans ses voyages do Nord ( Lettres sur l'Islande) , M. Marmier a rencontré une classe de lépreux paaticulière à ces contrées, et qu'au lieu de l'effroi, la compassion publique environne. Cette maladie provient là, en effet, bien moins d'aucun vice que de la pauvreté et des misères de la vie, de la nourriture corrompue, de l'humidité prolongée, des travaux de pêche auxquels en 3st assiijetti durant l'hiver : elle afflige souvent ceux qui le méritent la moins; elle n'est pas contagieuse, elle n'est même pas décidément héréditaire. Aussi y est-on très-hospitalier aux lépreux; on les accueille, on sent qu'on peut être demain comme eux; l'idée de l'antique malédiction a disparu, et M. Marmier a remarqué avec sensibilité que si le Lépreux à» M. de Maistre était venu dans le Nord, il y aurait retrouvé une sceur.