‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 24 sur 114 · XXVIII NOTICE SUR LE COMTE · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE SUR LE COMTE

l'aurait pu appliquer diversement, s'il avait voulu. La Jeune Sibérienne est surtout délicieuse par le pathétique vrai, suivi, profond de source, modéré de ton, entremêlé d'une observation One et doucement malicieuse de la nature humaine, que le sobre auteur discerne encore même à travers une larme. Ici un nouveau point de comparaison, une nouvelle occasion de triomphe lui a été ménagée, et, je suis fâché de le dire, sur une dame encore. Madame Cottin, dans Elisabeth ou les Exilés de Sibérie, a fait un roman de ce que M. de Maistre a simplement raconté. Chez elle, on a une jeune fille rêveuse, sentimentale, la fille de l'exilé de la cabane du lac; elle a un noble et bel amant, le jeune Smolofî; c'est lui qu'elle souhaiterait pour guide dans son pèlerinage, mais on juge plus convenable de lui donner un missionnaire; elle finit par épouser son amant. La simple, la réelle, la pieuse et vaillante jeune fille, Prascovie, périt tout à fait dans cette sentimentalité de madame Cottin, plus encore que le Lépreux de tout à l'heure dans la spiritualité de madame Cottu. C'est le cas de dire avec Prascovie elle-même, lorsqu'après son succès inespéré, étant un jour conduite au palais de l'Ermitage, et |

Page 1