XXX NOTICE SUR LE COMTE
sonnage d'Ivan, de ce brave domestique du major, à la fois si fidèle et si féroce, et qui donne si lestement son coup de hache à qui le gêne, en sifflant l'air : Hailuli, hai luit/
Ces opuscules avaient été envoyés de Russie par l'auteur *; il ne tarda pas à les suivre et à revoir des cieux depuis trop longtemps quittés. M. de Lamartine, dans l'une de ses Harmonies, a célébré avec ^attendrissement ce retour de M. de Maistre, à qui, durant l'absence, une alliance de famille l'avait uni :
Salut au nom des cieux, des monts et des rivages
Où s'écoulèrent tes beaux jours, Voyageur fatigué qui reviens sur nos plages Demander à tes champs lcUi"s antiques ombrages,
A ton cœur ses premiers amours î
I. M. Valéry, qui en fut le premier éditeur, me transmet quelque» détails plus particuliers. Lorsque le manuscrit arriva à Paris, il fut communiqué par M. de Vignet à madame de Duras. Cette femme d'un esprit si rare augurait mal, il faut le dire, de la publication : elle trouvait, par exemple, que Prascovie arrivée à Pétersbourg perdait du temps, qu'ell» n'entendait rien aux affaires; elle avait horreur de cet homme (Ivan) qui tue une femme, etc., etc.; son opinion était partagée par plusicuri personnes de sa société. M. Valéry, à qui le manuscrit avait été remis, u sentit d'un avis contraire, et on lui dut cette première édition à laquelle dans l'absence de Tanteux il apporta tons ses soins. (Voir à ce propos 1m arlicld* de M. Patin, recueillis dans ses Mélangea de LiUérature,)