‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 27 sur 114 · XAVIER DE MAISTRE XXXI · texte numérisé non relu

XAVIER DE MAISTRE XXXI

Que de jours ont passé sur ces chères empreintes î Que d'adieux éternels ! que de rêves déçus ! Que de liens brisés! que d'amitiés éteintes ! Que d'échos assoupis qui ne répondent plus I Moins de flots ont roulé sur les sables de Laisse •, Moins de rides d'azur ont sillonné son sein. Et, des arbres vieillis qui couvraient ta jeunesse, Moins de feuilles d'automne ont jonché le chemin !

0 sensible Exilé ! tu les as retrouvées,

Ces images, de loin toujours, toujours rêvées.

Et ces débris vivants de tes jours de bonheur :

Tes yeux ont contemplé tes montagnes si chères,

Et ton berceau champêtre, et le toit de tes pères ;

Et des flots de tristesse ont monté dans ton cœur !...

M. de Maistre a lui-même composé beaucoup de vers ; mais, malgré les insinuations complaisantes, il a toujours résisté à les produire au jour, se disant que la mode avait changé, il a traduit ou imité en vers des fables du poëte russe Kriloff : on trouve une de ces imitations imprimée dans l'Anthologie russe qu'à publiée M. Dupré de Saint-Maur. J'ai entre les mains

I, Nom d'un torrent de Savoie.

XXXII NOTICE SUR LE COxMTE

une ode manuscrite de lui, de 1817; c'est un regret de ne pouvoir atteindre au but sublime , et le sentiment exprimé de la lutte inégale avec le génie :

Et, glorieux encor d'un combat téméraire, Je garde dans mes vers quelques traits de lumière Du Dieu qui m'a vaincu ^

Fi a fait des épigrammes spirituelles. Quelques personnes ont copie de son épitaphe, qui rappelle un peu celle de La Fontaine *. Mais il suffira de donner ici sa jolie pièce du Papillon, qui, pour la grâce et lémo-

I. Il écrivait en style moins lyrique à un ami, eu se faisant tout petit, ion sans malice : • Dans l'impossibilité où je suis de comprendre cette hcuUé (du poëte) et pour ne pas avouer cette supériorité dans les autres, /e pense que les poètes ont quelque chose dans le poignet qui change la prose en vers à mesure qu'elle passe par là pour se rendre de la tète sur le papier; en sorte qu'un poète ne serait qu'une filière pins ou moins parfaite. J'étais si persuadé de ce système consolant pour les prosateurs, que fissayai un jour d'écrire des vers avec la main gauche, dans l'espoir d'y WOttver cet heureux mécanisme; mais ma main gauche ne fut pas plun toeureuse que la droite, et je fus convaincu à jamais que je ne suis paa wie Slière à vers. J'avoue même que ce mauvais succès me laissa quelques doutes sur la vérité de mon système. » — Si faux que soit le système, il ne s'appliquerait pas mal à plus d'un soi-disant poète, et tel auteur (j grande épopée comme Farseval nous en pourrait dire quelque chose.

t. En voici les premiers vers :

Ci-gil »oas celle pterre gris»

Xavibb, qui de toul s'ùtunoalt, DeOianJaDt d'où veuait la bii* £t pourquoi Jupiter tounait..^

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