XAVIER DE MAISTRE. V
tant de culture. Vaugelas, le premier de nos grammairiens corrects et polis, était venu de Savoie en- France : Saint-Réal en était et y retourna, écrivaiii> concis, et, pour quelques traits profonds, précurseur de Montesquieu. Il n'y eut jamais interruption bien longue dans cette suite littéraire notable ; et Ducîs se vantait tout haut à Versailles de son sang allobroge, quand déjà, de par-delà les monts, la voix de- Joseph de Maistre allait éclater *.
En ce qui est du comte Xavier, le naturel décida tout ; le travail du style fut pour lui peu de chose ;. il avait lu nos bons auteurs, mais il ne songea guèrf aux difficultés de la situation d'écrivain à l'é (ranger^ fl se trouva un conteur gracieux, délicat et touchant^ sans y avoir visé ; il sut garder et cultiver discrètement sous tous les cieux sa bouture d'olivier ou d'oranger, sans croire que ce fût un arbuste si rare.
Heureux liomme, et à envier, dont l'arbuste attiqne a fleuri, sans avoir besoin en aucun temps de Vengrais des boues de Lutèce 1 Loin de nous, en Savoie,, en Russie, au ciel de Naples, il semblait s'être cou-
1 , Parmi les auteurs trançais nés en Savoie, il faut compter aussi M. Mfchaud, l'auteur des Croisades et du Printemps d'un Proscrit.