‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 101 sur 105 · UNE TROISIÈME VOIX · texte numérisé non relu

UNE TROISIÈME VOIX

Nous sommes faibles, affamés!...

d'autres VOIX.

Mon Dieu ! mon Dieu ! où nous mène-t-on ?

LE COMTE (d'une voix forte).

A la mort !

(Se tournant vers Georges.)

Par ce baiser je voudrais m'unir à toi pour l'éternité; — mais il me faut aller ailleurs.

(Georges tombe frappé d'une balle.) UNE voix d'en HAUI.

A moi, à moi, esprit pur, à moi, mon (ils !

LE COMTE

Holà! à inoi, mes hommes d'armes 1

(Il tire son sabre et l'approche des lèvres de Georges.)

La lame est restée brillante,— le souffle et la vie ont été emportés ensemble.

Etmaintenant, en avant! ils montent, ils sont déjà à la distance de mon sabre ; — allons ! roule dans l'abîme, fds de la liberté!

(Mêlée. — Désordre. — Combat.)

(Une autre partie des remparts. — On entend les cris du combat. — Jacob étendu sur la muraille. — Le comte arrive couvert de sang.)

LE COMTE

Qu'as-tu, mon vieux, mon fidèle?

JACOB

Que le diable t'emporte pour ton opiniâtreté et tout ce que j'ai souffert. — Et maintenant, que Dieu me soit en

aide. (H expire.)

LE COMTE (jetant son sabre).

Allons, je n'ai plus besoin de toi, — les miens sont tous morts et les autres sont là, à genoux, tendant aux vainqueurs des mains suppliantes et balbutiant des paroles de soumission.

(Regardant autour de lui.)

Ils n'arrivent pas encore de ce côté; j'ai du temps. — Reposons-nous un instant. — Ah ! ils escaladent la tour du

Nord; les liommes nouveaux sont maîtres de la tour du Nord ! — Ils regardent, ils cherchent le comte Henri. — Oui, je suis ici, c'est moi, moi le comte Henri ! Mais vous ne me jugerez pas : je me suis déjà mis en marche, et c'est au tribunal de Dieu que je vais me rendre.

(Il monte sur un débris de muraille au-dessus du précipice.)

Je la vois, mon éternité terrible, elle s'avance vers moi comme une immensité de ténèbres, — sans limites, sans refuge, sans fin, et au milieu Dieu, comme un soleil qui brille éternellement et n'éclaire rien !

(Il fait un pas encore,]

Ils accourent, ils m'ont aperçu.— Jésus, Marie! Sois maudite, poésie, comme je suis maudit pour l'éternité !... Mes bras, allongez-vous, et fendez ces vagues sombres...

(Il se précipite.)

(La cour du château. — Pancrace, Léonard, Bianchetti à la tête de la foule. — Devant eux passent les comtes, les princes avec les femmes et les enfants, tous enchaînés.)

PAN'CRACE.

Ton nom?

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