CHŒUR DES PONTIFES ÉGYPTIENS
Oh ! pourquoi expirons-nous, puisque nous nous senlon? les élus de Dieu?
CHŒUR DANS LE LOINTAIN
Mais non Dieu lui-mcme. — Lui seul ne meurt pas pour revivre !
LE .lEUNE HOMME.
î-a clarté de la lune devient de plus en plus intense ; — et eux, ils sont rentrés dans les tombeaux et sont engloutis avec eux! Qu'est-ce que ce gémissement immense, si harmonieux, si pur?
ALIGIIER.
Le soleil levant a effleuré Memnon !
CHŒUR DES VOIX AÉRIENNES
Des ténèbres d'Egypte, ô pensée, humaine, nous te porterons dans le pays des roses, des myrtes et de l'azur! Là, où Zeus a vaincu Typhon ! où le serpent monstrueux a succombé sous les flèches du soleil; — où, sur l'écume de la mer, est bercée Aphrodite aux belles formes; — où, sur les collines, s'élèvent les statues de Pallas !
Rephe-toi, blond désert ! fuyez, pyramides ! inclinez-vous, obélisques, devant le beau qui se révèle! — Ici, est la sagesse ; — ici, l'harmonie; — ici, la charmante Psyché retrouvera Éros !
LE JEUNE HOMME
Oh! quel changement et quel enchantement! Les bords sont si verdoyants ! — la mer est si bleue ! — les rocs se revêtent d'une tunique de pampre et de vignes !— Le parfum répandu dans l'air m'enivre!
ALIGHER.
■ Vois, en face de nous, quelque chose blanchit, se dessine et grandit; — les rayons se groupent; — il en jaillit un temple sur le monticule grec ; — il a brillé, tout de marbre de Paros; — c'est l'Eleusis sans tâche!
LE JEUNE HOMME
Le son des lyres et des cithares y résonne ; et maintenant, maintenant des hymnes s'en échappent!
ALIGHER.
La cour se remplit lentement !
LE JEUNE HOMME
De dessous les colonnes, de derrière les bois sacrés et les • statues des dieux sortent des figures graves et belles !
ALIGHER.
Voici l'Hiérophante des mystères, vêtu de blancs vêtements et tenant une serpe d'or à la main !
Et cet autre ?
ALIGUER.
Lequel ?
LE JEUNE HOMME
Le plus beau de tous, à la large poitrine, et de taille élevée, qui ressemble de loin au Christ !
ALIGHEa.
C'est le di\'in Platon !
LE JEUNE HOMME
Mon cœur me le disait !
LE CHŒCR d'Eleusis.
Ame égarée dans les liens des sens, vierge abandonnée sur de lointains rivages, épure-toi, soupire et aspire, et tu retourneras au monde des types, vers ton père et ta mère Eimarmèné !
Regarde à travers le voile de ton corps, regarde comme le ciel est bleu, et la terre tleurie. — De chaque vague mille éclairs, — de chaque rayon mille teintes, — du Dieu unique naissent des myriades de dieux.
l'hiéropha-nte.
Et tous ces dieux terrestres ne sont que les forces du Dieu céleste !
le chœur d'Eleusis.
Et la terre, le ciel et les étoiles pleines de force, belles, rhythmiques et vivantes, que sont-elles?
l'hiérophante.
L'ombre seule, — le reflet de l'idéal ! le chœur d'éleu&is.
Ame, aime donc l'idéal au-dessus de tout!
la voix de PLATON.
Aiine-le d'un amour sans égal, d'un amour de flamme!
Car là seulement tu trouveras la beauté parfaite, l'immortalité et l'amour ! Connais-toi et, en te connaissant, déploie tes ailes, elles te porteront à ta demeure ! — car ta demeure, c'est le sein de Dieu, peuplé d'un grand penple, des idées de l'éternité !
LE CHŒUR d'Eleusis.
Tu nous apportes la foi et nous donnes l'espérance, et pourtant nous succombons sous le poids de la tristesse !