‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 23 sur 105 · LA VOIX DE PLATON · texte numérisé non relu

LA VOIX DE PLATON

Parce que jusqu'à présent vous n'avez pas d'amour !

LE CHŒUR d'ÉLEUSIS.

Nous nous prenons à songer à notre fin prochaine ? Comme la statue de Phidias, toute d'ivoire et d'or, ainsi notre Grèce sera brisée, — et ses fragments giseront dans la cendre et la poussière !

l'hiérophante.

Votre but, ô âmes, n'est par sur cette terre !

LE chœur d'ÉLEUSIS.

Ah ! pleurons la patrie hellène et nos temples visibles, et nos rêves divins, nos rêves merveilleux !

LA VOIX de PLATON.

Voir, aimer et quitter, — c'esM'épreuve des âmes dans le temps, jusqu'à ce qu'éternelles elles s'éprennent pour l'éternité !

I,E chœur d'ÉLEUSIS.

Qui nous sauvera? — De nos yeux mortels contemplerons-nous jamais cet amour qui nous manque? Ne le rencontrerons-nous que dans les plaines éthérées?

chœur dans le LOINTAIN.

Calmez vos pensées, ô malheureux! sur les vagues du temps, le Désiré des siècles approche.

LE .1EUNE HOMME

Et maintenant, que vois-je? — ces mêmes eaux, — mais

LE POKMK INACHEVÉ Ç13

un autre bord, — d'autres pentes parsemées de grolles cl de fentes, — sans traces d'hommes; — là-bas, des cèdres élevés, — au-dessous, des dattiers aux longs cheveux; — et plus haut que ces collines plongées déjà dans l'ombre, cette cime llamboyante de pourpre et d'or ! — le soleil doit se coucher dans la mer du côté opposé. Aligher! quels sont ces solitaires qui suivent ces «entiers? Tous, tous s'avancent vers cette cime ?

ALTGHER.

Ce sont les premiers moines du Mont-Carmel. — Combien de fois n'ont-ils pas, du haut de ces sommets, salué le lever et le coucher du soleil! Combien de fois, dans ce désert, n'ont-ils pas invoqué dans leurs chants le Seigneur qu'ils pressentaient, — et ils portaient de pareils vêtements de lin, oui, tout pareils ! et ils tenaient à la main des harpes légères, ces mêmes harpes que voici !

LE JEUNE HOMME

Tu parles comme si tu les avais contemplés toi-même sur ces montagnes !

AI.IGnER.

Maintenant le monde ne sait plus rien des Esséniens ! i:t pourtant ils se consumaient dans l'attente de la victoire" de l'àme sur la puissance des sens! Tu demandes qui ils sont? Ah! l'oubli est le sort de ceux qui annoncent. — Le fait seul survit !

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