I.E PRÉSIDF.NT
Apportez ici autant de cercueils qu'il y a de sacrilèges!
Aux armes, vous tous ! aux armes ! Si vous ne voulez pas végéter, mais vivre et agir, suivez-moi ! Si vous voulez voir de vos yeux les rêves de votre pensée et les désirs qui gonflent vos poitrines, suivez-moi ! A quelque race et nation que vous apparteniez, suivez-moi !
l.E PRÉSIDENT.
Maintenant, rangez ces cercueils devant chaciue infidèle.
PANCRACE
Quittez ces caveaux, le fantastique, la poésie, les visions! Suivez-moi là où nous aurons au-dessus de nous le globe du soleil, et devant nous des ennemis en os et en chair, afin que nousrépandions leur sang, et que les rayons du soleil se gorgent de l'éclat de ce sang ! Étes-vous aveugles et sourds! Italiens Allemands, Français, ne répondrez vous pas à mon appel?
CHŒDR INVISIBLE.
De chaque chœur il se détache quelques égarés qui passent aux rebelles, les malheureux !
LE PRÉSIDENT
Apportez encore des cercueils, plus de cercueils !
PANCRACE
Quoi! voudrais-tu nous clouer dansées boîtes ! Ne vois-iu
LE POKME INACHEVÉ
jjr.s ci}s |)i.-,lu!cts dans mes mains! Psous nous défeiulrons à outrance !
CHŒUR INVISIBF.E.
Malheur, malheur à cet homme ! 11 croit que c'est de la perte de son corps qu'il s'agit! Malheur 1 malheur !
LE PRÉSIDENT
Chœurs fidèles, serrez-le de plus près, — c'est bien, ainsi en demi-cercle ! C'est assez de cercueils, puisqu'il ne se présente plus de traîtres !
PAiN GRACE.
A moi, à moi encore ! ô dormeurs ! ô chœurs! ô majorités terrestres ! N'y aurait-il jamais que la minorité de vaillante et de hardie, et serez-vous toujours lâches, et faudra-t il, par conséquent, vous dompter toujours par la terreur et la violence !
ALIGHER.
La tyrannie a fait explosion sur tes lèvres.
LE PRÉSmENT.
Mon fils, tu es venu chercher la vérité et le salut, tu as trouvé le scandale. Mieux vaudrait n'être pas né que de jeter ainsi le scandale dans les cœurs innocents. Maintenant écoute l'arrêt qui sera prononcé contre lui.
PANCrxAGE.
Si vous ne me laissez libre, moi et les miens, je tire.
LE PRÉSIDENT
Le vêtement blanc et pur qui recouvre ma poitrine, je le déchire devant vous toutes, ô nations, devant vous tous, ô hommes! car je dois, du haut de ce trône, lancer la mort sur un vivant, car je dois maudire un esprit que j'ai jadis béni, comme vous tous!
PANCRACE
Je tirerai sur le Vénérable lui-même; je vais faire feu.
Regarde ici, ennemi de mes pères. Vois-tu le canon d
LE POiOMl'] INACniEVK i;,;?
mon pistolet. Son œil noir fixe ton front, si ton doi^t touche la détente, ce n'est pas cet lionimc sur le trône, mais toi qui périras. Prenils garde!