‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 47 sur 105 · LE PH KSI DENT · texte numérisé non relu

LE PH KSI DENT

Pancrace ! Tu es marqué du sceau de la malédiction ! A travers tous les siècles, tes pareils ont visité le globe; l'orgueil est leur tentateur, la destruction leur rage; chaque idée issue du ciel, envoyée par le Seigneur sur la terre, ils la repoussent de ce monde , en la servant indignement, car ce n'est pas elle qu'ils servent ; ils se servent eux-mêmes en son nom. Dieu, (ju'ils accueillent comme Satan, se retire, pfde de courroux, d'avoir de semblables serviteurs. Tu es l'un d'eux ! Tu seras parjure aux saintes vérités proclamées ici ! Tu trahiras le Christ ! Tu trahiras l'Esprit-Saint ! Tu es un pharisien, aussi bien que les flatleurs des rois, les bigots, les dénonciateurs, les espions ! Ou tu périras misérablement, ou tu enrayeras la marche de l'humanité, — tu la précipiteras de sa voie progressive dans des sentiers détournés,

— tu la forceras à souiller ses pieds immaculés dans la boue ;

— tu épouvanteras les siècles et ils retourneront en arrière! Ce que n'auraient pu accomplir la ruse, la force et la violence de tous les monarques, tu le réaliseras. Ainsi donc, au nom de l'humanité, au nom de l'Esprit-Saint, je le frappe d'anathème, ô esprit de perdition, car quiconque se lève contre l'éternel amour, sache-le, fùt-il vaincjueur un jour, doit périr.

PANCRACE

Au revoir, dans l'éternité !

LE PRÉSIDExNT.

Ces cercueils marquent votre enterrement, ô blasphémateurs! Vous avez rétrogradé de l)eaucoup de siècles, et vous mourrez à cette heure d'une mort pire que si je vous faisais exécuter, car je ne pourrais vous reprendre l'Esprit;— vous vous l'êtes ravi à vous-même ! Allez-vons-en donc avec

15i LE POËME INACHEVÉ

VOS corps, — dans ces cercueils reposent votre honneur et vos vertus, dans ces cercueils demeurent les pensées de Dieu sur vous, qui devaient ne faire qu'un avec vos personnes, mais que vous n'avez pas réussi à incarner en vous, — ces cercueils, renferment désormais ce que vous aviez d'humain sur la terre !

CHŒUR INVISIBLE

Faussaires de l'idée ! ennemis les plus invétérés de l'idée ! vous qui la crucifierez, et avec ironie, puisque vous vous proclamerez ses fds ! vous qui êtes mourants et qui serez morts dès que vous aurez franchi ce seuil ! sortez, hors d'ici !

LE PRÉSIDENT

Que tous les chœurs terrestres, les nations et les individus prennent une torche en main et entonnent le cantique do mort!

PANCRACE

Kiermasz, ne pâlis pas ainsi, ni toi, Blauman ! Julinicz, est-ce que chez vous autres poètes les nerfs vibrent comme les cordes d'un luth ! Je me soucie bien peu de ces torches aux routes reflets, de ces hymnes funèbres, et de cette voûte qui nous en renvoie l'écho, et semble présager notre trépas.

LE PRÉSIDENT

Le chef du chœur polonais est mort. Aligher, prends le gouvernement de tes frères et sois leur chef.

PANCRACE

Ah ! l'oracle de l'aristocratie est mon successeur. Kordecki, Rejten, Ligenzo, Rymszo, Kazanowski (^), ne me suivrez-vous pas ?

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