UN PASSANT
Au nom de la liberté, salut à tous deux.
UN AUTRE
Parla mort des aristocrates, salut.
UN TROISlKilE.
Hàlez-vous, — les prêtres delà liberté ont déjà commencé leurs chants.
LE JUIF
Impossible de reculer, — - il faut avancer, on nous pousse de tous côtés.
LE COMTE
Quel est ce jeune homme, debout sur les débris de l'autel ? Trois feux flamboient à ses pieds, — au milieu de la fumée et de rouges reflets, son visage s'illumine, — sa voix ^des accents de folie.
LE JUIF
C'est Léonard, le prophète inspiré de la liberté. Autour de lui sont nos prêtres, philosophes, poètes, artistes, puis leurs filles et leurs amantes.
LE COMTE
Ah ! c'est là votre aristocratie ! Montre-moi maintenant celui qui t'a envoyé près de moi.
LE JUIF
Je ne le vois point ici.
LÉONARD
Donnez-la à mes lèvres, sur ma poitrine, dans mes bras.
— Donnez-la, cette beauté indépendante, -libre, nue, sons voiles et sans préjugés, mon amante, choisie parmi les filles de la liberté !