‹ Œuvres complètes du roi RenéChapitre 2 sur 67 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

Dès qu’ils furent revenus de pâmoison , Désir prit son ami par la main; il lui fit connaître Loisir et Déduyt, qui avaient tant contribué à sa délivrance, et le présenta à Renom et aux autres chevaliers. Cuer les remercia courtoisement du grand service qu’ils lui avaient rendu; puis après avoir rasé le château, ils chevauchèrent tous de compagnie jusqu’au camp où Honneur avait dressé son pavillon. Le bon seigneur sortit de sa tente en les voyant , et quand Renom fut auprès de lui, il s’agenouilla en signe de respect, et Cuer pareillement.

Honneur les releva avec bonté, etleur fit grande chère. Après avoir devisé longtemps ensemble, il pressa Cuer et Désir de rester en l’ost pour courir sur les Mesdisans.

Cuer s’agenouilla de nouveau et répondit :

« Monseigneur, je vous en driray,

« De riens je ne vous desdiray ;

« Obligé y suis de raison,

« Car gecté m’avez de prison.

« Mais je vous requiers sur ce point « Que pour Dieu ne me tenez point....

« Aultrement me parjureroye,

« Et du tout mon veu faulceroye.

« Donc, s’il vous plaît , je m’en iray,

« Et tant partout je sercheray,

« Que trouveray Doulce-Mercy,

« Pour qui venu suys jucques cy... »

Lors Honneur prit Cuer par la main , et lui bailla doucement son congé, en lui offrant pour l’aider dans l’emprise ,

« Or et argent ,

« Et même les homs de sa gent.... »

puis il ajouta :

«f Recommandez moy humblement « Au dieu d’ Amours, en lui disant

« Que très voulentiers lui feroye « Tel service dont il eut joye...

« Et pleust à Dieu mon créateur « Que fussiez icy de retour,

« Car je vouldroye qu’il fust ainsy,

« Et qu’eussiez la Doulce-Mercy.

« Je ne vous sauroye plus que dire :

« Je vous coramans à Dieu, beau sire. »

A ces mots, Cuer prit congé d’Honneur, et Désir aussi; ils s’accolèrent bénignement; mais en saluant les barons, Désir advisa Largesse; il tira Cuer à part, et le pressa de demander à Honneur ce chevalier pour les accompagner , car il le savait sage , preux et vaillant. Honneur accorda volontiers leur requête, puis ils se rendirent à la tente de Renom pour y passer la nuit, et ne se séparèrent qu’après avoir dévotement entendu la messe.

Quant à Honneur, ayant rassemblé son conseil , et député Humble-Requeste pour porter des lettres au dieu d’Amours, il délogea en grande ordonnance, et chevaucha par belles batailles pour approcher de plus près ses ennemis. La rivière de Plaisir , fleuve profond et dangereux , séparait seule les deux armées ; un combat général semblait inévitable, lorsque Maliebouche, craignant son issue, s’éloigna en désordre, non sans avoir brûlé et ravagé tout le pays à l’entour, et envoyé des espions prévenir Dangier et Reffuz , les geôliers de Doulce-Mercy, de l’entreprise de Cuer d’Amour.

Le voyage des amoureux paladins continua sans mésaventure; ils traversèrent d’abord une lande immense, stérile et nue, sans rien qui reposât les yeux, fors un grand pin, sous lequel ils passèrent la nuit. Le lendemain, dans une maisonnette de chétive apparence, ils trouvèrent un pauvre vieillard, maigre, pâle et ridé par l’âge; c’était Grief-Soupir , qui avait établi sa demeure au milieu de la plaine de Pensée ennuyeuse, pour continuer à son aise d’y pleurer et d’y gémir.

Les plaisanteries de Désir firent diversion à la tristesse qui saisissait leur âme : un instant Cuer en fut blessé , et répondit avec humeur. Désir, qui tendrement l’aimait , s’excusa de son mieux en lui disant :

et Cuer, si plus ne voulons farser, ce Nostre ennuy ne saurons passer.

« Pour Dieu, en mal ne le prennez;

« S’il vous plaît, pardon m’en donnez. »

La plaine s’étendait devant les trois amis, comme un océan dont on ne voit pas les rivages. Ils chevauchèrent tant et si longtemps, qu’à la fin du second jour, sur la lisiere d’un bois, ils découvrirent une petite chapelle. Un bon ermite terminait ses complies ; ils le saluèrent humblement, et lui demandèrent l’hospitalité.

« Mes beaux seigneurs et mes enfans , « Le logeys point ne vous deffens,

« Vous y avez part comme moy;

« Mais je vous dis en bonne foy « Que céans y a une dame,

« A qui je suys de corps et d’âme,

« Car je la cognois dès mon enfance; « On l’appelle dame Espérance.

« Hier soir bien tard y vint logier;

« Garde n’ay de la deslogier....

« Actendez moy cy, g’y voys veoir. »

Quand Cuer et Désir apprirent qu’ils étaient sous le même toit que leur belle maîtresse, ils furent grandement joyeux. La soirée s’écoula en gais et doux propos, mêlés aux récits de leurs aventures. Le lendemain ils se levèrent avec le jour, pour se rendre à la chapelle. Le pieux ermite avait déjà récité ses matines. Il prit ses ornements et dit une messe du Saint-Esprit. Espérance et les trois compagnons l’entendirent très dévotement, à deux genoux, sans lever les yeux de leurs livres d’heures. Après la rnesse, la bonne dame leur indiqua le chemin du chastel d’Amours, et disparut de nouveau comme une vapeur du matin.

Le soleil élevé à l’horizon, annonçait l’heure du départ: ils vinrent tous ensemble prendre congé de l’ermite. Largesse tira six besans d’or de sa gibecière, et voulut les lui donner; puis sur son refus les déposa pour l’amour de Dieu dans le tronc de la chapelle. Ils remontèrent alors sur leurs destriers , et continuèrent de chevaucher tant qu’ils arrivèrent au bord de la mer.

Une nacelle était à l’ancre auprès du rivage; et la vague berçait mollement deux jeunes filles endormies. C’étaient Fiance et Actente , les jolies marinières dont Espérance avait parlé.

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Après avoir donné son cheval à son varlet pour prix de ses services, Cuer entra dans la barque avec ses compagnons. Les jeunes filles s’étaient éveillées au bruit des armures : elles saluèrent courtoisement les gentils passagers, et volontiers consentirent à les conduire à l’île d’Amours.

La traversée offrit peu d’accidents remarquables , si ce n’est que nos paladins souffrirent beaucoup du mal de mer. A moitié route environ, à la tombée du jour, les marinières amarrèrent leur barque au fond d’une petite anse, derrière un rocher où venaient se briser les vagues. Elles y trouvèrent deux de leurs amies, Compagnie et Amitié, qui pêchaient à la ligne. Les passagers descendirent à terre pour se reposer des fatigues de leur navigation , et partager le souper de leurs belles hôtesses.

« Et quant ce fust le lendemain, à l’heure que la Dyane commence se montrer « et apparoir au ciel luysant et cler, Compagnie, qui toute la nuyt n’avoit cessé « de peschier, commença à appeler les deux très doulces et plaisantes marinières. « Si se levèrent et varèrent (tirèrent) en mer leur barque, et puis le mât dressèrent, « et la voile attachèrent à l’antaine ; aussi les avirons rangèrent en leur lieu.

« Et adonc s’esveillèrent Cuer, Désir et Largesse, qui encores dormoient. « Puis en tandis qu’ils misdrent à s’abiller, les deux pucelles montèrent au plus « hault du rochier pour regarder le temps, et veoir s’il estoit bon pour faire leur « voyage. Si virent lors l’air nectet pur, sans vent et sans nuée, et le jour gaignoit « la nuyt, esclardissant par faczon telle que la lune n’avoit clarté qui peult le « jour sourmonter, et jà les oyselets s’appeloient l'un l’autre. La mer estoit coye et «sereine, et ne bruyoit en façon nulle, ne que fist ung esfang. Les mouettes « aussi commencèrent à voler par dessus la marine, et d’aultres s’y troctoient sur « le sablon, menu que beau les faisoit veoir. Le jour tant s’efforça, qu’il envoya « couchier la lune et les estoilîes, sicque plus nulles au ciel n’apparaissoient. »

Après quelques heures d’une heureuse navigation , lorsque le soleil eut percé les dernières vapeurs du matin , l’île du dieu d’Amours parut tout à coup sortir du sein de la mer avec ses maisons blanches, ses campagnes fleuries , son beau chastel et son église, qui semblait chose célestiale , car elle s’élevait sur une roche de diamant fin, ses murs étaient de marbre et de jaspe , et des lames de fin argent, émaillées d’étoiles d’azur, recouvraient son toit étincelant.

Au pied du merveilleux édifice, à un mille environ du rivage, l’œil découvrait encore comme un antique monastère. C’était l’hôpital du dieu d’Amours, où maints

pauvres amants venaient se faire guérir de leurs cruelles blessures et terminer leur vie en prières et oraisons. Cuer et ses amis se dirigèrent de ce côté, dès que la barque eut jeté l’ancre; ils vinrent à nuit close frapper à la porte et demander l’hospitalité.

Une femme d’un certain âge, vêtue d’habits de religion , se tenait à l’entrée ; elle se nommait dame Courtoisie , l’infirmière du heu. Ce soir elle ne s’était encore couchée , dans la crainte que quelques amoureux attardés sur le rivage ne pussent trouver à s’héberger pendant la nuit.

La voix de Désir lui était connue: elle ouvrit aussitôt, et, souhaitant la bienvenue à ses deux compagnons, qu’au premier coup-d’œil elle reconnut pour des gens de bien, elle les conduisit auprès de dame Pitié la prieuse, occupée alors à médeciner les malades, et à les adouber de son mieux. Quand elle eut visité les salles, elle revint familièrement s’entretenir avec les chevaliers. Us burent et mangèrent à leur aise, et comme meshuj il était tard , Courtoisie leur fit appareiller des lits selon que le requérait leur état. Elle alluma ensuite des torches de pin résineux, les conduisit à leur chambre, et leur ora (souhaita) le bonsoir.

Les trois compagnons s’endormirent bientôt, comme gens las et travaillez de la journée. Ils se levèrent avec l’aube, et Cuer requist Courtoisie, en attendant le son de la messe, de les mener visiter le cimetière de l’ile à'Jmours. La bonne dame fit suivant son désir; et tant allèrent par cloîtres, salles et jardins, qu’ils arrivèrent devant un grand portail haut et large à merveille, construit en pierres d’albâtre , à la voûte duquel étaient appendus les blasons des plus célèbres amoureux.

C’étaient le grand Jules César, et l’empereur Auguste, Néron , le fléau de Dieu ( flagellum Dei), Marc-Antoine, l’amant de Cléopâtre et de la belle Faustine, le très saint roi David, Thésée, vainqueur du Minotaure, Enée, fils d’Anchise , Achille, le grand Hercule, Pâris, le beau pasteur, Troïle, Diomède et Démoplionte.

Puis, venaient les héros de la Table Ronde, les paladins et les plus illustres chevaliers : Lancelot du Lac et Tristan, l’ami de la belle Iseult , Ponthus et Arthur de Bretagne, Loys, duc d’Orléans, à l’écu d’azur aux trois fleurs de lys d’or, Jehan , duc de Berry, le vaillant Louis de Bourbon, Philippe, duc de Bourgogne, et Charles Y, le roi vertueux et sage.

Cuer ne se taisait d’émotion et de joie à la vue de ces merveilles. Il ne voulait passer aucune tombe et notait les inscriptions et les nobles écus. Les radieuses fleurs de lys brillaient là sans nombre. Semées encore sur les bannières de Charles de Bourbon, cleLoys, dauphin de France, de Charles d’Anjou, comte du Maine, et du roi René , elles effaçaient l’éclat de toutes les couronnes.

Gaston Phébus, comte de Foix , ce miroir accompli de toute chevalerie, Loys de Luxembourg, le sire de Beauvau, toujours loyal malgré ses inconstances, et Pierre de Brézé , l’intrépide sénéchal, terminaient cette liste de noms glorieux.

Cuer eût volontiers passé plusieurs jours sans boire ni manger en contemplant toutes ces merveilles, mais comme dame Pitié l’avait appelé plusieurs fois , il craignit de la mécontenter en s’arrêtant davantage. Il entra donc dans un autre cimetière rempli de monuments funèbres, où l’albâtre et les marbres précieux se confondaient avec l’argent et l’or le plus pur. Six tombes, plus riches et plus belles encore que toutes celles qui les environnaient, s’élevaient au milieu de l’enceinte sacrée. La première entièrement d’or, semée de saphirs , de rubis et de diamants, renfermait le corps du poète de Sulmone, d’Ovide, qui fit l'Art ci aimer. Puis, venaient Guillaume de Machault1, le gentil rimeurde ballades, de sirventes et de virelais; Boccace, le plaisant conteur; Jehan Clopinel 2, successeur de Lorris; le grand Pétrarque , immortalisé par son amour pour la belle Laure; puis enfin, Alain Chartier3, le bien disant en rime et en prose.

1 Ancien poète français, né en Champagne en 1282. — Il vivait encore en 1370. — On conserve à la Bibliothèque royale, un manuscrit de ses poésies françaises et latines, qui contient plus de 80,000 vers. Ses principaux ouvrages sont : un poëme historique sur la prise d’Alexandrie par Pierre de Lusignan, roi de Jérusalem et de Chypre, le Jugement du bon roi de Bohême, les Dicts de la fontaine amoureuse , de la fleur de lys, de la marguerite et de la rose , des rondeaux, ballades et lais d'amour.

E Jehan de Meung, surnommé Clopinel, parce qu’il était boiteux, naquit en la petite ville de Meung-sur- Loire, près d’Orléans, au milieu du 13e siècle, d’une famille noble et ancienne, qui existe encore aujourd’hui; il se lit d’abord remarquer par plusieurs ouvrages, entre autres, par une traduction de Y Art militaire de Végècc, et une Vie d’Héloïse et d' Abeilard , les merveilles de Hyrlande, le Plaisant jeu de fortune , et la traduction du Traité de Consolation de Boëce. Ce fut vers la lin du 13e siècle, qu’ayant eu connaissance du roman de la Rose de Guillaume de Lorris, il résolut sur la demande de Philippe-le-Bel , de donner une suite à ce poëme. A cet efTet, il supprima les quatre-vingts derniers vers du dénouement, et continua le poëme sur un plan beaucoup plus vaste, puisqu’il lui ajouta dix-huit mille vers. Ce livre, dont le principal mérite est une certaine naïveté, perdue aujourd'hui , est le premier ouvrage français, qui ait joui d’une grande vogue chez nos bons aïeux ; il sera toujours un des monuments les plus importants de notre langue et de notre vieille poésie française.

3 Alain Chartier, né à Bayeux en 1386, lit ses études à l'iiniversité de Paris. Sa facilité et ses succès lui méritèrent les titres d’excellent orateur, de noble poète et de très illustre rhétoricien. Nommé sécrétaire de Charles VI et de Charles VII , il composa une histoire de son temps, le Bréviaire des nobles , le livre des

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Quant Cuer eut lu les épitaphes, et bien au long considéré les tombes, il se signa dévotement, priant Dieu de recevoir ces loyaulx amoureux en son saint paradis. Il traversa ensuite un cimetière où gisaient cà et là les ossements infects des félons en amour. Privés de sépulture, abandonnés aux oiseaux de proie et aux animaux sauvages, ils présentaient un spectacle horrible et subissaient la peine de leurs fourberies et de leurs trahisons.

Cuer était sorti pensif à la suite de Courtoisie, qui le conduisit jusqu’à la chambre de dame Pitié la prieuse. Il la trouva levée, prête à entendre un service célébré pour le repos de l ame de deux pauvres amants du pays d’Allemagne, que la cruelle Jalousie avait mis à mort. Ils assistèrent à la messe tous ensemble, et après avoir baisé les reliques du grand autel, Pitié fit jurer à Cuer de loyalement servir Amour, et de garder ses commandements.

Elle lui conseilla ensuite , comme bonne et féale vassale, de se rendre à la cour de son seigneur,

« A son beau cbastel de Plaisance ; « Et là lui requérir licence « De povoir, sans guère arrester,

« La Douîce-Mercy conqnester. »

Puis il lui faudra marcher jusqu’au manoir de Rébellion ,

« Là où Dangier, aussi Reffus, cc Tiennent Doulee-Mercy la belle,

« La très gracieuse pucelie,

« Si rudement emprisonnée...

« Et si fault très tant requérir,

« Que ung baisier puissiez acquérir,

Qi/atre-Dames, et une grande quantité defaicls, dicts et b illades , qui jouirent a la cour d'une immense célébrité.

Pasquier rapporte que le trouvant un jour endormi sur une chaise , Marguerite d'Ecosse lui donna un baiser. Comme Alain était fort laid, et que les dames de la suite de la princesse témoignaient leur étonnement , elle leur dit : “Qu’elle ne baisoit pas la personne, mais la bouche dont estoient sortis tant de beaux discours. »

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/.e ror flc/te f//vr PAfau&Ae c/e/

o Si l’avez , bien serez sans faille,

« Mais ains aurez dure bataille. »

Dangier, Reffus et les Mesdisans,

« ....A la langue si legière,

« Et en parler si mensongière, »

vous livreront des combats à outrance. Sur toutes choses, ne vous séparez point de Largesse votre bon compagnon :

u Aussi n’oubliez pas Promesse ,

« Car il sert bien à peu de coust (dépense), « Autant que faucille en aoust.

« Riens donner et assez promectre « Ne peut guères apouvrir son maislre.

« Mais gardez vous , sur toute rien (chose), « De faillir à homme de bien...

<( Et quant serez au dieu d’ Amours,

« Je vous iray à grant secours.

« Devers Doulce-Mercy iray,

« Et pour vous, Cuer, parleray... »

Quant la bonne et sage dame eut cessé de parler, les trois chevaliers la remercièrent grandement de ses conseils, et prenant congé d’elle, se dirigèrent vers le beau chastel de Plaisance du dieu d’Amours.

Tandis que nos vaillants paladins cheminaient gaiement, dame Pitié, selon sa promesse, s’en allait droit au manoir de Rébellion, sans crainte des insultes de Dangier, qui faisait sentinelle. Elle pénétra jusqu’à la chambre de Doulce-Mercy, où étaient réunis Honte, Crème ur , Jalousie , et les deux Mesdisans , espions de Mallebouche. Peu souci eut la bonne dame des murmures et caquets que souleva sa présence; elle salua tendrement Doulce Mercy, et parlant à voix basse :

« Ma très doulce et belle fille,

« Qui tant estes gente et habille ,

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