‹ Œuvres complètes du roi RenéChapitre 31 sur 67 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

tout à entendre les prédications de Pierre de Marini1 , religieux augustin, son fidèle conseiller dans la bonne et la mauvaise fortune. La brusque franchise du bon prêtre , sa simplicité naïve , les anecdotes , les légendes et les miracles mêlés à ses sermons, intéressaient vivement son nombreux auditoire. Cette liberté évangélique plaisait à René , et jamais il ne s’offensait du blâme jeté sans ménagement sur ses divertissements et ses goûts.

Dans un sermon prêché le dimanche des Rameaux , Marini avait rappelé que Robert leRon cl’Anjou et l’empereur Charlemagne lisaient chaque jour l’Écriture sainte et la Cité de Dieu.

« Les rois de notre temps , ajouta-t-il , ne font plus de même. Ils préfèrent les « livres remplis de paroles oiseuses, de sujets d’amour, de vanités et de mensonges, « tels que les romans de Lancelot et d’Amadis , qui portent plutôt l’esprit à la a volupté qu’à la dévotion. »

Cette leçon directe, adressée au romancier royal, qui achevait peut-être la Conqueste de Doulce-Mercy , ne devait pas être perdue. René nomma Marini à l’évêché de Glandevez, et, dans un moment de ferveur, composa en expiation le Mortiffiement de vaine plaisance.

Ce traité, dédié à Jean Bernard 2 , archevêque de Tours, est un dialogue mystique entre X Ame, embrasée de l’amour divin , et le Cuer, épris des vanités mondaines, une allégorie morale , dont le but est de prouver qu’il n’y a de repos qu’en Dieu, que les peines et les douleurs de la terre doivent nous élever à lui. La foi vive de René, sa piété douce et sincère, s’y montrent dès les premières lignes.

« Très révérend Père en Dieu, Jehan, de mon coeur ami, je vous salue en toute

1 Dans une curieuse notice lue à l’Institut , sur leseermons manuscrits du bon évêque , le président de Saint-Vincent rapporte ainsi une anecdote, qui peint l’extrême simplicité du prédicateur et de l’auditoire:

Pour corriger les habitants d’Aix d'employer des Juifs dans la négociation des mariages , Marini leur cita d’abord l’exemple d’Abraham , qui confia ce soin au plus fidèle et au plus vertueux de ses serviteurs ; puis il ajouta : « Une personne de cette ville, ayant voulu charger de cette mission un de ces Juifs qui mentent mille fois pour un florin , lui recommanda par dessus tout de calquer ses réponses sur ce qu’il apprendrait de la future. Ainsi le père de la demoiselle ayant dit à l’envoyé : - Ma fille possède une petite maison et une vigne « de peu d’étendue. — Le marié , répond le Juif, a en propriété une vigne très productive et un champ aussi « considérable que fertile. »

Après quelques exagérations du même genre : « La Gancée , reprend le père , est atteinte d’une maladie de « peau désagréable. — Qu’à cela ne tienne ! s’écrie l’habile négociateur, le jeune homme est teigneux et lé- « preux jusqu’aux oreilles. ” (Le vicomte de Villeneuve. — Noies de l’Histoire du roi René.)

Voyez la notice sur Jean Bernard. — Pièces justificatives.

«■ dilection , comme humble fils de4a sainte Eglise doit faire à son Père spirituel :

« Considérant avec vous que le temps de la vie s’écoule comme l’eau des fleuves,

« sans s’arrêter ni revenir, qu’il est nécessaire de l’employer en bonnes œuvres, de « fuir un lâche sommeil, une coupable négligence; je me suis mis à écrire ce livre « par amour pour notre Rédempteur , seul seigneur doux et débonnaire, qui tant « bénignement a daigné souffrir mort et passion en l’arbre delà Croix, et répandre « son précieux sang pour nous racheter de dampnement , en nous faisant partici- « pans de sa saincte gloire de paradis, en compaignie des Anges et vision de sa très « souveraine déité, perpétuellement et à jamais sans fin.

« Et pour que ce livre soit mieux entendu de tous , simples gens laïcs , et non « grands et savans clercs, je raconterai en prose et langage commun la plainte de « l'Ame au Cuer sur ses vaines plaisances; comment Crainte eiCont.rïtion se saisissent « du rebelle, le livrent à V raye- Espérance, Ferme- Foy et Souveraine- Amour, pour le « clouer à la Croix; comment Grâce-Divine lui perce le côté du fer de sa lance; cornet ment enfin l’Ame dévote parvient à vivre en ce monde en grant contentesse et « repos avecques son Cuer. »

Une invocation de l’Ame à Dieu commence le pieux ouvrage. L’auteur la voit mal hébergée dans une pauvre maisonnette, bâtie de terre et de boue, ouverte à tous les vents du ciel. Qui lui donnera aide et conseil en tel souci et telle angoisse ? Qui versera du baume sur ses douleurs ? Qui prendra sa défense devant le souverain juge, dont l’œil découvre les pensées les plus secrètes, et l’avenir comme le présent. Elle a péché par entraînement et non par ignorance. Son cœur l’a fait glisser sur la pente , et elle savait qu’elle descendait à l’abîme. Pourquoi la terre ne l’ a-t-elle pas engloutie? Pourquoi n’est-elle pas restée dans le néant, comme chose sans nom, « qui oneques ne fut et jamais ne sera ? »

L’Ame confondait ses larmes avec ses soupirs, lorsque deux nobles dames s’avancent vers elle. L’une portait sur la tète une épée flamboyante, sur laquelle on lisait en caractères de sang : Divine Justice. L’autre, nue jusqu’à la ceinture, se frappait de verges en gémissant.

« Contrition , ne tardons plus , dit Crainte-de-Dieu à sa sœur. Allons remettre dans son chemin cette pauvre âme désolée. Hâtons-nous d’écouter ses plaintes et de lui porter reconfort. »

Puis, s’acheminant toutes deux en se tenant par la main , elles se dirigent sur le tertre, où l’Ame gisait à terre, la tête inclinée, en grands pleurs et lamentations.

« O très noble et gentille ressemblance faite au divin patron , créature spirituelle créée par la volonté du très puissant ouvrier , lève les yeux , et veuille regarder qui nous sommes et entendre le motif de notre venue. »

« Qui êtes-vous , mes dames, qui me parlez ainsi, répond l’Ame; vous assez compatissantes pour me relever, si je veux m’aider ? Ah! vous savez bien que le malade désire sur toutes choses la santé et la guérison. »

Cra in te -de- Dieu

« Rien n’est plus vrai , et cependant combien de malades rebelles aux avis du médecin ? Que sert le désir sans le remède ? Vainement un pèlerin égaré soupire après le terme de son voyage , s’il ne revient sur ses pas , s’il ne rentre dans la voie qu’il a quittée. »

L’Ame.

« Je connais ces exemples et n’ai d’autre volonté que de suivre vos conseils. Enseignez-moi donc sans tarder les moyens de corriger mon cœur. »

Contrition.

« Si la vie de l’homme était longue comme celle des patriarches, s’il connaissait l’instant de sa mort , peut-être pourrait-il sans folie faire deux parts du temps qui lui est donné, l’une pour les joies de la terre et l’autre pour le ciel. Mais en face de l’incertitude delà dernière heure, le bonheur est-il à dominer par la pensée la richesse et la victoire, à posséder plaisants manoirs , châteaux-forts, pierreries et joyaux, ou bien même à être doué de la beauté du corps, des dons de l’esprit et de l’éloquence ?

« L’orgueil soulève la haine, et la richesse mène à l’oubli de Dieu; les conquêtes et les victoires ne s’obtiennent point sans verser le sang innocent; le pouvoir éveille l’envie ; quant aux vertus du corps, c’est aujourd’hui fleur odorante et demain herbe corrompue et fanée. »

U Ame.

« Ah ! monde, que tu es périlleux , et que peu de gens te connaissent ! Au lieu d’éclairer, ta lumière brûle. D’innombrables âmes, trompées par tes plaisirs et tes fausses délices, ne verront la face de leur Créateur qu’au seul jour du jugement. Je t’ai en horreur et te méprise , comme un faux et méchant traître , dont les paroles donnent la mort. »

« O ma sœur, dit alors Crainte-de-Dieu, en s’adressant à Contrition d’une voix doucement émue , vous avez vertueusement parlé. Il faut se bâter d’achever votre ouvrage. Vous savez « ce qu’est à Dieu l’amendement du pécheur, quelle grande <c contentesse il en a, quelle consolation c’est à toute la court du Paradis, et quelle « feste en demenent les Anges. »

Contrition répond en s’inclinant :

« Madame , c’est à vous à indiquer la première le sentier et la voie. La douleur, vous le savez , obscurcit souvent mon esprit , et je saurais bien mal faire briller la vérité. »

Crainte-de-Dieu s’approche alors de X Ame et la prenant par la main :

« Lève-toi , et écoute attentivement ce que j'ai à te dire : Tu te plains de l’inconstance de ton cœur ; léger de volonté et de raison , il n’aime que son plaisir et ses frivoles caprices; il commande en tyran , et toujours tu obéis. Ah ! c’est que ta pensée est pleine encore de Vaine-P luisance , qu’elle n’est point occupée de bonnes œuvres , et de l’amour doulce et parfaicte de Jésus-Christ , ton rédempteur : car tout autre amour est vain et passager.

« Le sourire des femmes s’efface, et l’appui des princes est fragile : quand tu aurais employé à les servir la plus belle saison de ta blonde jeunesse, une disgrâce ou la mort peuvent également anéantir tes espérances. Pour une joie d’un jour , cent douleurs et des souvenirs pleins d’angoisses. L’ennui s’emparera de ton cœur, en proie à des désirs sans cesse renaissants. Tu murmureras peut-être contre Dieu , et tu le réputeras non juste seigneur. Ah ! pauvre créature , quelle folie est la tienne !

tu détruis ta santé, tu troubles ton esprit, ton entendement et ton repos, et tu provoques le courroux de Dieu par ces plaintes stériles.

« En laissant ainsi reposer tes affections sur ce qui passe, tu changes une once de joye en un quintal de soucys et de griefves amertumes . Ne crois pas cependant que tu ne puisses aimer en Dieu les créatures qu’il a faites à son image et pour sa gloire. Son amour sanctifie toutes les affections de la terre , comme « un bel et « gent ruisselet, qui par les lieux oùil passe rend un doulx son, et abreuve la prée « à l’entour, en telle manière que l’herbe en verdoye , drue et menue, semée de « fleurettes plaisantes. » La source claire et limpide, d’où s’échappe le ruisseau, figure les fontaines célestes de l’amour divin , où tu puiseras la vie éternelle.

Trois paraboles simples et d’un sens facile te feront comprendre ce que tu dois à Dieu :

Un seigneur puissant et généreux avait promis un riche salaire à un pauvre voiturier, à la seule condition qu’il conduirait sa dame, par le droit chemin et sans verser, jusqu’à la porte de son chastel. Le marché conclu , le brave homme prit conseil d’un de ses voisins. Il avait deux chevaux indomptés, pleins de courage et de vigueur, mais qui ne connaissaient ni le frein , ni la voix. L’un s’effrayait au moindre bruit ; l’autre , à chaque coup de fouet, s’échappait au galop et s’ébattait à plaisir.

« Ami , lui répond son compagnon , le remède est facile. Il suffit de boucher les oreilles du premier et de bander les yeux du second. Tu réduiras de moitié leur provende , et tu monteras toi-même sur le cheval aveugle. »

« Ainsi se teut, et son chemin passa ; et bien prit au voiturier de suivre son avis, « car sain et saufaccomplyt son voyage, et gaigna le loyer promis, dont il fut enrichy « à tousjours et à jamais. »

L’épouse qui va à l’époux est ici la figure de l’Ame, que Dieu veut conduire au ciel ; les deux chevaux sont pris pour nos sens déréglés ; le voiturier représente la raison , et le chemin le cours de la vie.

Je veux encore te conter l’histoire d’une pauvre femme , qui , après avoir travaillé toute l’année à labourer et semer son champ , à scier le blé , le mettre en gerbe, le battre et le vanner avec le crible à l’encontre du vent, le porta au moulin pour en faire de la farine, mais elle rencontra en son chemin un torrent grossi par les pluies de l’hiver. Un seul pont servait de communication entre les deux

rives; il était en apparence tellement vieux et vermoulu, qu’elle s’arrêta sans passer outre.

Un voyageur l’aperçut, assise sur le bord opposé, vers le déclin du jour :

« Ma mie , lui cria-t-il , pourquoi pleurez-vous ? N’avez-vous assez de bon sens pour de deux maux choisir le moindre? car si vous ne donnez votre blé à moudre , il vous faudra mourir de misère et de faim. Essayez donc de franchir le pont avec prudence , et n’appuyez le pied que sur la planche assez forte pour vous porter. »

Encouragée par ces paroles, la pauvre femme sentit se ranimer son courage. Elle parvint jusqu’au moulin ; et son blé rendit farine à foison , tant qu’elle en eut toute sa vie.

Le paradis , figuré par le moulin , n’est point conquis sans peine. Nous devons le mériter par la vertu , cette pure fleur du froment de Dieu. Mais sur notre chemin la colère céleste a creusé un torrent gonflé par nos crimes ; il faut traverser l’unique pont jeté de la terre au ciel. Malheur à nous si nous tombons dans l’abime, si notre pied glisse sur ces planches fragiles , que nos passions prennent pour appui !

Une dernière parabole me reste à te faire connaître :

Un sage et vaillant capitaine, grand justicier et bon seigneur, assiégeait une cité peuplée de gens pervers. Après avoir comblé les fossés et fait brèche aux murailles avec ses fauconneaux , il fit publier à son de trompe qu’il donnerait sa fille en mariage au chevalier qui planterait le premier sa bannière au sommet des remparts. Le jour de l’assaut venu, il survint un vaillant homme, armé de toutes pièces , qu’un prix si noble avait tenté. Il portait une échelle sur l’épaule et l’appuya à une large pierre , au pied de la plus haute des tours. Puis montant résolument, son écu sur la tête , malgré les pierres , les flèches et les engins , il fut proclamé sur la brèche le mieux faisant de la journée, et comme tel mérita la glorieuse récompense du vainqueur.

Le monde est cette cité assiégée, dont la justice est bannie. Jésus-Christ , pour la sauver, veut y faire flotter son étendard. Il promet aux plus courageux sa gloire éternelle. L’Évangile est la trompette sacrée qui donne le signal de l’assaut , et le chevalier représente le courageux chrétien, marchant avec une volonté ferme dans

Je sentier de la vertu. Hélas ! en notre temps , quels sont les hommes d’armes déterminés à tout souffrir et braver pour la sainte querelle de Dieu.

Crainte ici fina son dire, en se tournant vers Contrition :

a Ma soeur, pardonnez-moi ces longs discours, le sujet est si haut et si important, comme vous savez, que la brièveté est difficile. Or, maintenant, parlez à la pauvre pécheresse ; et puis elle avisera pour son repos et pour le mieux. »

Contrition.

« Je ne puis rien ajouter aux conseils de ma sœur; seulement je prierai l’Ame de les conserver dans sa pensée. »

Cette dernière, à ces mots, prit son cœur en ses deux mains; il tremblait comme la feuille du saule au souffle de la brise.

« Mesdames , je vous livre ce rebelle à discrétion et merci. Car mieux aime que justice soit faite en cette vie mortelle, que de souffrir de ses méfaits pendant l’éternité. »

« Lors leur bailla son cuer et doulcement le receurent en custode. » Elle se couvrit de son manteau et s’assit en silence sur la terre nue.

Crainte et Contrition prirent alors congé d’elle. L’Ame leur rendit leur salut, en les suppliant avec larmes d’achever leur sainte entreprise. Puis elle se retira dans sa maisonnette, et en ferma Xhuysselet (cChuys, petite porte), pour être seule en présence de Dieu.

Les deux dames chargées de leur précieux fardeau s’étaient éloignées sans ajouter une parole. Elles arrivèrent bientôt au pied d’une haute montagne, rude, escarpée et merveilleuse à voir. Tout d’abord ses plateaux semblaient inaccessibles, et cependant un chemin doux et facile conduisait au sommet sans fatigue ni ennui. Bientôt elles arrivèrent à l’entrée d’un beau jardin planté d’arbres chargés de fruits délicieux; l’air y était azuré et cristallin comme dans un jour d’été, et un tel parfum s’échappait des fleurs, qu’il dissipait à l’instant toutes douleurs et mélancolies. On eût dit le paradis terrestre fraîchement sorti des mains du Créateur.

Sur le portail d'entrée, en caractères d’azur étaient gravés ces vers :

/eree&sie/Hsuc. Z/Vau/Zc de/.

« C’est cy le lieu de cestui mortel monde,

« Et le pourpris , où penser net et monde (pur), « Repaistre puet (peut), acquérant vraye vie.

« Cy est le lieu ouquel qui a envye « D’estre content peut venir, où abunde « La parolle de bonté assouvye,

« Qui procède delà bouche de Dieu... »

A l’ombre de grands arbres, au milieu des fleurs, quatre dames étaient en prières autour d’une croix qui reposait sur le sol.

Les trois premières, richement vêtues d’habits brodés d’argent et d’or, tenaient chacune en main, un clou acéré et un mail lourd et pesant. Sur leurs couronnes à fleurons, on lisait les douze articles de notre sainte foi catholique, le nom des sept œuvres de miséricorde et les dix commandements de Dieu.

La quatrième, qui portait une tunique impériale et une couronne à trois fleurons surmontée d’une boule cl’or, était entourée d’une auréole plus éclatante que le soleil. Une lance armait sa main droite. Sur son fer poli et brillant comme un rayon de lumière, le céleste ouvrier avait gravé en lettres de feu : Congnoissence de gloire éternelle , tandis que le fust , en bois faible et fragile, avait pour légende : Considération des biens mondains.

Contrition et Crainte de Dieu s’étaient réunies aux belles hôtesses du mystérieux jardin. Elles contèrent en doux langage comment Dieu leur avait inspiré de préserver le Cuer des périls d’une vie coupable. Elles l’avaient trouvé malade et souffreteux , sous le servage de ses passions et deses frivoles plaisances . Vainement il avait ensemencé le champ du père de famille. A l’heure de recueillir le fruit de son labeur, les hautes tiges étaient sans épis , et la moisson restait stérile. Elles n’y voyaient d’autre remède que de le confier sans tarder entre leurs mains, pour le joindre au souvenir de la très cruelle et angoisseuse passion de son béni rédempteur.

Les quatre dames se consultèrent un instant ensemble, puis, au nom de toutes , Foi prit la parole :

« Dames très douces et sages, grâces vous soient rendues de votre emprise , et « votre venue nous est à grand plaisir. Or, après en avoir avisé ensemble, et d’un

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