DISCOURS SOIXANTE-DIX-SEPTIESME
M. DE NXMOU&5.
&r puis q»e je viens tcy, devant de te^cfaer un peu de M . dfe Nemours, jfan yays parler sans attendre 2* une antre fois. Ce prince , dit Jaques, de Savoy e, fat en son temps undesplusparfaicts et accomplis princes, seigneurs et gentils horonos qui furent jamais. Il fiant librement arepYàritô franchi* ce mot sans en estre ueprisj. ou, sjr on l'est, c'est tvèsLiqai à propos. Qui L'a veçi 1ô peut dire CQmnue mpy. Il a esté un très beau prince et de très bonne §p*OQ, brave, vaillent , agréable, ayK mablaf&açostafele* bien disant, bien esprwant, autant. en rime qu'eq prose, Rhabillant des mieux, sy que toutfce Ja Court en m, tempa ( au moins la jeunesse ) preoQii tout soa patron de se bien . babiller sur luy ; et quand on povtoit un habillement sur sa iaçon, il n'y a voit non plus à redire que quand on, se façonnoit <mi tons se* gestes et aatiaps. fl estoit pqurveju d'un grand; se*& et d'esprit , s*s dîsgours beaux > ses oppmions on. m QonsnA belles eft r.ecepvabies> De plus* tout ce: qu'il, faisoit il le faisait «jy bien, de sy banne graçe dt si belle addsesse, sa&& autrement se contraindre, comme j'enay veu qui lie roulaient imitfer sans en approche?,, ws sy naiferament, qua l'on eust dict que tout cola, estoiA né ^vjfta Iu$.
IL aymoit towtte* sortes d'çxewiaes, et sy y estoit sy uniftersel qu/il estoit paif&ict en tons. Ii estoit très boif homme decbeval et très adroict et dç. belle grâce, fiist ou à picquer, ou rompre lance, ou courir bague, ou»
l6o M. DE . ffÈlCOCftâ.
autce .exercice pour plaisir et poqr la guerre > bon homme de pied à combattre à la picque et à fespée, à la barrière, les armes belles en U main ; il jt>iioit très bien à la paulme ; aussy disoit on les m>erj de itf. Je Nemours ; jouoit bien à la balle, ait ballon; San toit, voltigeait, dançoit, et le tout avec si bonne grâce, qu'on pouvoit dire qu'il estoit très par&ict es tnuttes sortes d'exercices cairallerestgues : sy bien que qui n'a veu M* de Nemours en ses années guaye** il n'a iien veu; et qui Fa veu le peut baptiser par tout le monde la fleur de toute ohevallerie, et pour ce fort ayraé de tçutle monde, et principaUejnent des dames , desquelles (au moins d'aucunes ) il en a tiré des faveurs et bonnes fortunes plus qu'il n'en vouloit; et plusieurs en a il refusé qui luy en eussent bien voulu départir.
, J'ay congneu deux fort grandes dames ^ des belles du monde, qui l'ont bien aymé, et qui en ont brusléà feu descouvert et couvert, que les cendres de discrétion ne pouvoient tant couvrir qu'il ne parust. Plusieurs fois leur ay je veu laisser les vespres à demy dictes pour l'aller veoir jouer ou à la paume ou au ballon, en la bassecourt des logis de nos roys. Pour en aymer tnop une et luy estre fort fidelle, il ne voulut aymer l'autre , qui pourtant l'aymoit tousjours.
, Je luy ay ouy raconter plusieurs fois de ses advantures d'amours ; mais il disoit que la plus propre reoepte pour jouir de ses amours estait la hardiesse ; et qui seroit bien hardy en sa première poincte, infailliblement il emporterait la forteresse de sa dame ; et qu'il en a voit ainsy conquis de cette façon plusieurs , et mpiçtié à demy force, et moictié en jouant, en ses jeunes ans.
W. ifK NEMOURS. ï6l
An commencement du rOy Henry il s'en alia veonr l'Italie «T€0 M. le maresehal de Bouillon , que le roy Henry enveya vers le pape Parql III , se congratuler àtyt l*f de #$n advenement à la conrotme et Iny prèster obediWoey *insy qu'est la çonfetume ordinaire de a* netfvem» reys; *nak j'ay ooy dire à deaffatoçete * Stà&*as sUr le ttettj que ce prince ectoit adttârô e* ay mtf 4e touttes les damée de ce pays Ht qm le voy oieitt , et daaffika d* joye très fort, et eoaru à forôe.
J'ay <My èonWr que data* Nà{>l*â, tihefbfc dimfreéUé ville, mestoesutt jouir de Férte Dieu, et en k pitobe*sum, a»*wy (prit y *aarfehotfc luy fiit présenté par u*t angfc, <fe là part tfurie dafeè, uhtr^s beau bouqèet de fleurs, lequel ange comparût artiftcieUeme&fc et descendit «d'une fen«*tre> et Varresta très bîéft à pfôpèa devant tuy, élt' dé fttesHfe kry présenta aussy avec ces mot* * *;3éit fMWéntéà ce beau 'et vaîétrreux prfnéë te «dtt6&<N&feai*r1i. »
Il fit se* jétifl&s guettés e» -ï*iedmont, par deux k trois *ày âge* qu'il y fit, et eh France ati* «iéges de Beototgtfté, de 1 Mêla et bataille de HàtAf et atitûte belle* fefctionS, eK* Képutatfefc cfu* très fcfràrte > Wilfcfet rttrtes fcardy prfcice, <ayànt ebarge de èbèvaux légers et de géndaftAer, et pnfa en Italie dé gêna de pied; en estant éfttrfiiftnel'dé? tohttesles bandes qu'y mena M. <fe G&ym i fé&pàflèray ailleurs. An retour H Ait couronne!' gettetol* de la cavallerie légère, dont il s'en aèqufea t*W'bi*rt et dignement, et rwesmes an voyage <f Ajatetti, estant logé à Pont-Dorray , ptfes dé Fétlilemy^qu^i alloue Veiller so ut eut; et ne partait oh que de* &tâitm$ de M. de Nemours pour lors.
La ptthe estant fetettf, le roy cTEspàgue en fît grand
t. T. 3. II
l6* M. DE NEMOURS.
cas, et sur tout M. de Savoye, son bon cousin, qui le commença à aymer extrêmement, tant pour «es vertus que pour la privante qu'il prit aussy tost avec .luy y se jouant, avec luy comme s'ils n'eussent jamais bougé d'ensemble : et la pluspart du temps allctit tousjours encrouppe derrière luy à cheval; et sans autre oerimonie, sans qu'il se donnast garde , y. montait dlune telle disposition , qu'il estoit plustost monté qu'il en sceust rien; dont il estoit si ayse que rien plus. Auissy, despuis se çont-Us bien aymez; toujours, et se sont 1res bien accordez ensemble de leur partage ,, sans avoir noise autrement ; et de plus,. M. de S^voye luy donna sur ses joua: s Montcallier en Piedwont, pojir s'y retirer.
S y M. de Savoy e estoit bon espagnol, JMLde Nsempurs estoit tresbonfrançois, ne s'estant jamais tj;ouyébrouillé surl'esbranlement de l'EsWt de JFranc^ encor qu'il ne tint à aucuns qu'on rçeluy en jettast le cfeat afcx jam£>çs , comme on dict, à Sainct-Germain enLaye, -àrapres le colloque de foissy. Lors que messieurs de Guy se et luy se retirèrent de. la ( Court ppt*i iveoir la, nouvelle religi.cn çntrer en fleur, on l'accusa d'avoir vpulu[ débaucher Monsieur, frère du Boy,, pour en faite de mesmes et aller avecques e*ix, dont unefenime de chambre dp la Reyne, dicte Peuisf, qui <?U&ntoit des mieux, en fut rapporteuse, çtjà feux', pourtant ;« car ,
disoiton, le roy de Navarre l'en a voit sollicitée, parce qu/il hayssoit fort moçdict 3 jeur de NenV>fUrs, à cause de madauioiselle de Roan, quçledict Rpy vaulqit qu'il espousast.Et de yray, sy monçlict sieur, df .Nemours ne se fust garanti et absenté, il fust esté en péyoe, ainsy qu'il parut peu après par l'emprisonnaient de Lignerolles. J'espère faire tout au long ce compte en la vie
H. DE NEMOURS. t63
du roy Henry III f car je le sçay fort bien pour avoir esté en ce temps à la Court.
Tout Gela se passa et n'en fut autre chose , jusque» k ce que la première guerre vint, et qu'il fut envoyé quérir, pourvu avoir besoing de sa suffisance à bien servir le Boy; ce qu'il fit : et pour ce fat envoyé* lieutenant de royvefs le Lyonnoi», Foretz, Mascomtois et Dauphiné, 1k où il empescha fort les Huguenots de par de là à ne faire si bien leurs besoingnes comme ils lès foisoient paravant; et fit utie grande deffaicte vers la forest de-Sillan sur le baron des Adret» et ses compagnons, et les eust encore plus tourmentez sans une grande makdie qui îuy survint, qui le mena tellesment et le rûit sy bas, qu on ne vist jamais personne sy proche de la mort.; mais enfin, avec beaucoup de peyne,de tant de mai^x, il se remit et entra en sa cortvalescence première isurquoy h paix entrevint, et fut gouverneur du Lyonnoàs, Forest et Beat* jplois ,' par la mort de M, le maresehal de Saine* André.
Àmpres les seconds troubles arrivèrent à la journée de M eaux, où M. le prince deCondtf, messieurs l'Admirai, et àutretf grands ;'de la religion ^estaient venus avec quinze cens hommes de clievalet bien firmes, pour présenter une requeste au Roy. Quelle pre*
sentation de requeste, diaok otr lbrs^ le pistolet à la
Le Boy pou* x lors n'avoit autres forces avec Itfy, sinon sa maison et six mille Suisses, qui par ^s est oient arrivez bien à puop6s ^ar 1 la.sôllktertion taéstfïe de messieurs de la religion , à catiW de l'armée et passage du ; duc^d'Albe en Flandres : j'èft parle ailleurs. Il y ont pour lors un très fjrand et vieux capitaine qui
l€4 M. D« ««HOCHA,
oppina qu'il fajlok que le .Roy dom<*ura*| à Mtainx et envoyast quérir secours ; imi» M> de ifoMtOMl ty&& fort et ferme q*ul falloit gagner Fanis, pouihbeaucoup d? ]r?i*pu$ biw prejg&anfcp qu'il allégua, lesquelles je laî&se.à #Mgër a«* «deys d*soowms*saiu<qiie j* fes tçuçtef iet pour ce il ÔH creu, disaut que f ^r sa rie, j 1 Htfflgreit le Bpy *aj» et aaave dan* Paria.
La charge luy en Ait aMôsitast douéb dè*par le Roy , ewv*r$ qui M, de NesaoïMrs, wairt 4o*ice&ietitde«i change (coqurc le marquis d'el <àoij*5t fit à jfoufeoict 4e FEwip«rçur, it la journée de Tïmats, comme j'ay dict en son lie*! 1 )), le pria de s* ptftive.aH DWttattde sas.Spyws, et luy se met k Ifri&te* mm*h*m n. serrez qt est sy iwp ordre de bâtante, sans jouais le perdre,, que te* 4u*f&< nie le» *>9m$»t jamia attaque*,, bien qu'ils ]*$tÇQ^pya$8ent^ajpMip peur 0b ftooitàt preii* dre la .moindre occasion du n»o&d# pour ka charger : et par ainsy * «et eu telle feçop efc ordre , te Boy «se sauva dans Paris, sans atf£U» jfeâojedre* <* qui; fit dm an Roy q»e> 6^3 M, de Dtemouis et ses toi» empares les Suites, sa vie qu sa JKberté cstoient; e»< trc& grand hraurfe;. €'cèt nj*e wfraicfcè celle là-, et dta beilçs? <eo pie» jour, npja de & façon que M. de Moulue en cUouia r ÎBtttrucUou à M. d'Estrotze, et à tom&ptm de g* erre ♦ de &ke }ç*tevm te uniçt! . : •
Voylà pourquoy il faut estimer*celle cy par depuis bQWCG»p rf^s, et mes&at ayaut t*ue)f>ure les £»- ^emis an *mrë; wns jfùfifa ennemi*? d** bravas, des valante» at d*teraftt*$8 qui fasseoè f» Franc*; >
Biettfast aropres, la, batailles de SfcjacbDeniis se donna, ofe e* prince fit fort bien,eotame*J
(?) Tqh<? I» dvcoon xfii. (S.)
M. ME MBMOUB.S, l65
en toutes les autres où il s'estoit trou vé. Dtelàen hors, au voyage de Lorraine, il mena l'advant garde avec M. de Moatffenster, «4 me tint pas à luy qu'on ne oloonast la babille k Nostre Damé de l'Esjp ine ; et sy ce poMvrtf prince estai* la phwpart du temps tourmenté de ses gouttes j. niai» soe brarve et généreux coeur le soustocmt toujours* Halas I elles Font tant tourmenté despuifc qu'elles l'ont ntîe à la fin dans le cercueil : et ne nr estoone pas , si Lueiatt l'appelle la rey ne dés maladies, pour la tirannie q» elle exerce sur les personnes, âimy fie fit celle là sur ce brave prince, et sy tiranniquemeut qu'avant quelque» années quitmourust il n'a toit quasy membre des siens principaux qui de. fut perclus, fois la langue, qui luy demeura enter $y bonne et saisie , ça orciittairemeut onen voyoiteôrtir les plus beaux mots, les {dus bellfes setitedces, les plus graves diaceurs et les plus plaisantes rencontrés. Ah ! que oe brave Hector estoit bien éhengé de celuy qui avoit esté autresfois le plus acoooaply prince du monde ! Helas ! ce n'esfoit pasceluy là qui à la guerre combattoit sy vaittacrHUcut etrempwtoit de sy belles despouilles,: xiûiojréÊ et honneurs de ses ennemis ! Ce n'estoit pas celuy là contre qui ce brave marquis de Pescayre, du temps des guerres 4u Piedmont, qui estoit certes un tred brave etgenereux prince aussy , qui , ayant receala renommée de» vaillance* et beaux combats de de prince, se voulut esprouver contre luy pour en augmenter davantage & gloire; et pour ce, en touUfe gentillesse de eav&Uier, l'envoya deffief un four, luy et quatre contre autant, et davantage > à donner coups de lance à fer es moulu,, fast ou pour l'amour des dames, du pour la
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querelle generalle. Le combat fut aussi tôst accepté et le trompetttè pris au mot»
Parquoy M. de Nemours parest devant Ast , oùestoit le marquis, qui se présenta à nôstre prince en fort belle contenance, laquelle, bien qu'elle fut très belle, ne paroissoit pas tant que celle de nostre prince. S'estans doncques mis tous deux sur le rang et en carrière, coururent de fort bonne grâce et si rudement qu'ils en rompirent leurs lances, et les esclatz s'en allarent fort haut en l'air f sans s'endommager l'un l'autre. Ampres la course,' levarent leur visière et s'entrembrasserent fort courtoisement âveoques une merveilleuse admiration de l'Un et de l'autre , et se mirent à deviser ensemble, cependant que les autres faisoient leurs courses. , Ce fut M. de Vasse, fils de M. de Vassé, qui courut ampres contre le marquis dé Mallespine, lequel rompit sa lance sur le sieur de Vasse, et, en perçant son hausse col, entra bien demy pied de lance dedans, dont le jeune seigneur fut fort blesse, et en mourut quelques jours après.
Courut ampres le capitaine Manez , lieutenant de M. de La Boche Pouzay, contre lequel courut dom Albe, capitaine espagiiol, qui donna un coup de lance au col dudict sieur' de Manez, duquel il mourut quatre jours après.
Le dernier , M. du Moucha , enseigne dé M. de Pinars, de l'aage de cinquante bonnes ariftées, courut, contre lequel se vint présenter le comte Cataffe, napolitain? nepyeu du Pape pour lors, auquel le seigneur du Moucha donna si grand coup de lancé, qu'il luy perça le bras et le corps de part en part, de sorte que la lance
M. DB NBMOURS. 167
5e monstroit putre par derrière plus de quatre pieds , dont le seigneur comte demeura mort sur le champ. Et.ainsysè desmesla le combat par victoire doubteuse, et ckascun se retira.
Les Espagnols qui en parlent en content d'autre diverse sorte, et disent qu'ils n'estoient quetrois contre trois. Il y avoit M. de Nemours, M. de Navaille, basque, son lieutenant, gentil capitaine cheval legier, et M. de Vassë. De l'autre costé estoit M. le marquis dom Georges Maurique de Lara, y el capitan Milort; ce nom denotte qu'il estoit anglois, que les Espagnols tenoient pour un très bon capitaine.
• Ce combat se fit auprès des murailles d'Ast, et advant avoient fàictun concert de ne tirer point aux chevaux, et qui en tueroit un en payeroit cinq cens escus à son compagnon. Geste condition se pouvoit faire et accomplir pour plusieurs raisons que je diray.
M. de Nemours et M. le marquis coururent les deux premiers et firent trois courses. Les Espagnols disent que le cheval de M. le marquis fuist tousjours la carrière et qu'il ne peust faire nulle belle course, sinon qu'une fois qu'il blessa un peu au bras M. de Nemours. Mais c*est au contraire, car ce fiist celuy de M. de Nemours qui fuist tousjours la lice, d'autant que M. le marquis s'estoit accommodé d'un fort grand panache à sa sallade, sy couvert de papillottes que rien plus, ainsy que les plumassiers de Milan s'en font dire très bons et ingénieux maistres, et en avoit donné un de mesmes au chanfrain de son cheval (on disoit qu'il l'avoit faict aposte), si bien que le cheval de M. de Nemours, s'approchant de celuy du marquis, fustumbrageux de ces papillottes qui luy donnoient
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aux yeux, à cause de la lueur d» cheval, touruoit tousjoijjrs à costé et fuyoit très poultroimement la lice et 1? carrière. Et par aipsy M. de Nemours, par la poltronnerie de son cheval, faillit aux beaux et 1k>»$ coups qu'il avoit ordinairement acçoustumé faire; comme certes cela ept arrivé souvant, et ï$ voit on enqor^ qu'un cheval poltron faict grand tord à I4 valeur de son maistre. Aussi quelquefois; un cheval fol ? U~ zarç et de mauvaise bouche , faiçt son naître plus vaillant (ju'il n'est, ou ne veut eetrej car il remporte dan^ la meslée de$ ennemis en despit de luy , là où il faut qu'il combatte m^ugré luy ; ainsy que j'$y qogfteu un brave gentil homipe à, qui son cheval, qui çstoit up beau rpussin blanc, fit un tel traict à la b^tailje de Drevix.
Pour donc encor tourner à nostre conte , les Espagnols disent que M. de Nqpiours tua le cheval dja M. le marquis * et quq , le pasche fri<$, M. de Nemours luy envoya aussi tost après le combat le» cinq cens escus ; nopis M. lç marqua, comme très courtois», les, luy renvoya : ce qui est faux, car M. de Nemours estoit trop bon gendarme pour faillir l'homme et aller au cheval ; au3sy qu'il avoit le cœur trop généreux et libéral, s'il en fut ope, pour reprendre les cinq çeps escus; il les e.ust plusto&t donnez au trompette du marquis.
Voylâ pqqrquoy il se faut rapporter pour toute ta vérité du compta ce que les François ep ont veu, dict et esjçript, ain$y qrçe j'en ay veu un petit traipté en espagnol imprime , et comme aussy aucuns à. moy mesn^e^ ipe l'ont ainsy débattu.
11 u'es,t non plu$ riep de ce qu'il?. ont, dict de M, de Navaille, qui combattit contre Maurique de Lara, lequel
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perça de sa lance de part en part l'espar le de M, de Navaille, dont il mourut quelques jours ampres; car il mourut au voyagç de M. de Guyse en Italie, pour avoir trop couru la porte* comme j'fcy dict ailleurs.
Le capitaine Atilqrt se battit Contre k seigneur de Vas$é, lequel mourut bien celuy là, comme j'ay dict; «wislesEspagnoJsetFcanpois sont diacordansdu numde cehty qui le combattit. Voy là comment il y a de grands abusons dure» et escritures des gens; mais il faut que le» Espagnols né pendent point leur cousteme dfe se bien vanter, et qui d'eu* masmes ne se veulent jamais abaisser , et ont toujours la vanter ie et le premier honneur en la bouche.
Snrquoy je faray «e conte d'un copabat qui fut bit au royaume de Naples, diLrçgne du ioy Louys Xll r contre tirât nobles chevaliers françoû et treike espagnols aiissy, duquel combat les Espagnols et Italienss'en donnent tout l'advantage et la gloire , ai&sy rnesmes qu'ils l'ont escrit; mais les François ne causent pas ainsy.
Le cwte «tt done tel, qu'aptes le combat queust fidct M. de Bayard contre AHonao de Sotto Major, et vaincu, dont j'en parle ailleurs (0, les Espagnols en cnydarent crever de despit, et cherchaient tous jours le moyen peur s'en revancher; Parquoy , y ayant trefves faictes pour deux mois, les François et Espagnols s'en*, tre visitoitnt quelque fois en leurs garnisons ou en la campagne , et causaient ianùllierement ensemble $ mais vous eoêsket dict que les Espagnols cherchoiept tous*» jours noise et riotte.
(«) Toom H, dmcomn », article m; et tomo VI, discours des Duels. ( S. )
fJO M* DE JtfEMOCJRS»
Uf) jour entre autres, une bande décavalliers espagnols, très bien montez , s'y vindrent pourmener et es* battre vers la ville de Monervine, où estoit la garnison de M. de Bayard; et par cas ce jour aùssy M. de Bayard en estoit sorty avec M. d'Orozze * très gentil et brave capitaine de la maison d'Urffe (0;- pour s'aller esbattre et prendre l'air tout à cheval, jusques à une demye lieue, où il vint rencontrer œtte ndble trouppe d'Espagnols , qui les saluarent très courtoisement, et on leur rendit la pareille. Entr'eux, il y eut un brave, certes et courageux, qui s'appellbit Diego de Bisaigne, lequel avoit esté de la compagnie de don Àllonzo, et luy souvenoit encor de la mort de son capitaine , dont il l'en faut louer, qui s'advança par sus les autres, et leur dict : «jVous autres, messieurs les François, je ne « sçay si cette trefve vous fasche point; mais à moy «elle m'ènnuye fort, encores qu'il n'y ait que huict « jours qu'elle soit commancée. Sy cependant qu'elle « durera il n'y avoit point de vous autres une bande « de dix contre dix, de vingt contre vingt, ou plus ou « moins, qui voulussent combattre sur la querelle de <€ nos maistres, je me fairois bien fort les trouver de « mon costé : et ceux qui seront vaincus demeureront «prisonniers des autres.» M. de Bayard luy respondit : « Nous avons, mon compagnon et moy, très bien « compris vos parolles, et que desirez faire armes de « nombre contre nombre. Vous estes icy treize bons «hommes; sy vous voulez , d'aujourd'huy en huict « jours, vous trouver à deux milles d'icy, montez et « armez, mon compagnon et moy. nous, vous en ame-
(0 François d'Urfé, fils de Jean d'Urfé • Fcâgaeiir de Rocbefort , et d'Isabelle de Langeac , dame d'Orose. (L. D.)
M. DB NEMOURS". \n I
« nerons autres treize*. dont nous en serons du nombre : k et qui aura bon cœur et bon bras le monstre. » Alors les Espagnols tous d'une voix s'écrient : Nous le voulons! et puis, s'estans tous dit adieu, se séparèrent.
Messieurs de Bayard et d'Orozze estans à Monervine firent entendre tout cecy à leurs compagnons, lesquels ayant tiré au sort qui* seroient les treize, et les treize s'estans bien préparez pour le combat, ne faillirent de se trouver au jour assigné et au lieu arresté. Lés Espagnols ne faillirent non plus, et de toutes les deux nations et [Napolitains force gens estoient allez là pour en veoyr le combat.
Ilsavoient limité leur camp, soubs condition que celuy qui seroit mis pied à terre ne pourroitplus combattre, ny ayder à ses compagnons; et au cas que jusques à la nuict Tune bande n'eust peu vaincre l'autre, et n'en demeurast il qu'un à cheval, le camp seroit finy, etpourroit remmener ses compagnons francs et quittes, lesquels sortiroient en pareil honneur que les autres hors du camp. Yoylà des pasches et conditions bien inventées et bien poinctillantes ! je ne sçay qui les trouva, mais il est à présumer que ce furent les Espagnols , qui de tout temps ont esté fort subtils, fins et sublins : nos François le temps passé ne Festoient pas tant, et y aHoient à la franche, guerre.
Ces conditions. donc accordées, les Espagnols se mirent d'un costé de camp et les François de l'autre, et tous , la lance en l'arrest, picquarent leurs chevaux les uns contre les autres : mais les Espagnols ne donnaient point aux hommes, mais se mirent à tuer chevaux \ car ils :avoient cette maxime: Muerto el cavallo, perdido Vhombre d J armas.
Et voylà pourÇuay, au comhfrt de M. de JSfeiuours, que j'ay dict cy devant, fut t^s bien inventé qui l'inventa, que qui tueroit le cfyeval de se* 6ompegtfon, payerait cinq cens escus. Mais cette peyxte es* trop légère • car tel y a il qui ne se souçieroit guieres de tuer le cheval de son enpeniy et le payer au double , pour puis après avoir meilleur marché de son- homme : il vaut mieux imposer une peyue de victoire sur l'honneur ,. ainsy que le temps passé meames s'ehsgrvoit parmy les cavalliers errans, et une honte et diffame à ceux qui s'amusaient à tuer les chef aux, pauvres Lestes qui sont innocentes et ne se deâendeiit , et qui n'en peuvent mais que les hommes, qui fout les fautes et noises, combattent et bataillent ; mesmes aux- tournois de nos roys, que Ton a veu, il n'estoit nullement beau de porter et donner bas, mais faire tousjours son coup le plus haut qu'on peut; et qui le faict tel est plus digue cavallier. Eu matière de batailles et combats généraux, tout est de guerre, et tue on ce qu'on peut, n*ais non aux deffis.
^Le$ Espagnols pourtant n'observareat cette belle loy -, car, s'eatans fort bien amuses à tuer le» chevaux, ils en tuarent jusques au nombre de unz*,, et ne restèrent achevai que messieurs ii'Oroze et Bayard. Et cette tromperie ne servit de guieres aux Espagnols ; car oncques puis leurs chevaux n'efr voulurent passer outre, voyant les autres chevaux morts, quelques coups d'espe ions qu'on leur donnas*. A quoy messieurs d'Oroae et Bayard> prenant le temps, ne ceseareut de livrer de bons assauts ( que l'Espagnol tt*es proprement diçt arsmetidasy que noua autres François ne sentirions si proprement dire ny tourner en lui mot, ) à
la grosse Arouppe ; et, qtiapd elle les vOuloit charger , se retiroient derrière le* chevaux morts de leurs compagnons, comape derrière «ji rempart. Et ainsi ces deax braves François amnpareftt le» treroe Espagnols l'espace de quatae heures que dûtfa le combat, que la tuiict sapai» sans avoir rien gaigné t et peur «e , <4iasetiB 1e retira, selon ce qu'ils avoietït accordé.
Veylà noetre conte achevé, que j'ay appris du vieux romande M. de Bayard et d'aucuns y veux qui Pavoient aiasy ouy dire. Ce n'est p*s donc ce que les histoires estrangeres ont dict, que les nostres furent vaincus. 11 appert par là et n'est peint inconvénient que la vérité nesotttelle, et que ces deux braves, vaillant et adroicts homme* Raffines ne se soient garantis d'une si grosse frotippe,efcqu'iis n'ayenk donnégrosse affaire Ma grosse troappe, Lee histoires en sont toutes plaines d'exemples. Les liietoires estvangeres disent encore plus, qu'oncfies puis la perle de ce combat les François ne profiteront plus, iljrfte firerit guieres bien leurs hesoignes au royaume de Naplea. Je ne veux pas dire que co soit pour eela, car ils ne forent pas vaincus-, comme voo6 voyex^ ours j'ay ouy dire à de grands capitaines qu'il ne fut jamais ban de foire ces defficts de seul 3 seul, oude nombre contre nombre, parmy les armées, et que cela en attire malheur , ou bien s'en ensuit une grande conséquence, car chascun parampres en parle comme il veut et' selon les passions et affections qu'il possède , «t feict voler et raisonner la renommée cofttme il kkj plais*', et ohascuw flatte sa nation et son party, dont la gloire pu derfieure au* uns et le vitupéré aux antces, aeloït que Ton ^imprime, en famé et en la bouche : et nottéte qu'il n'y «ut jamais combat gênerai
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ny particullier que Ton ayt jamais r veu raconter au vray ; ce que j'ay observé plusieurs fois : car l'on s'y transporte comme Foppinion et la • passion en prend aux uns et aux autres, tant qu.il n'en peut jamais sortir de ces deffîs guieres de bonheur; J'en amplifierais bien ce discours de plusieurs raisons et exemples , si je vou- Lois ; mais il serpit trop long. Qu'on considère seulement que les Albans ne profitarent jamais guieres plus despuis le combat des Horaces et des Curyaces, et la ville de Rome crust ampres et se fit grande par la ruyne d'Albe.
A ceste heure, pour parachever à parler de M. de Nemours, je dis que ce fut un très grand dommage que la santé de son corps ne peust accompagner sa belle ameet son courage : car, outre les belles preuves qu'il a faictes, durant sa belle disposition, de sesvaleurs et vertus, il en çust bien faict parestre encores de plus belles s'ileustvescu plus longuement et bien sain ; car il n'avoit que cinquante ans quand il mourut. En . quoy j'ay notté une chose, que, despuis cent ans (je ne veux point parler de plus haut), tous ceux qui ont porté ce nom et titre de duc de Nemours sont esté très braves, vaillans, hardis et grands capitaines : tant(ce diroiton) ce nom et titre est heureusement fatal en vaillance et prouesse à ceux qui le portent ! comme les ducs de Bourgoigne,les uns après les autres, ont esté de iriesme des Philippes le Hardy jusques à ceste heure', et ainsi, que ledit Philippes, le duc Jean, le bon dite Philippes, et le duc Charles, l'empereur Maximilian, l'empereur Charles cinquiesme et le roy Philippes d'au} ourd'huy ; tous ces .sept ducs consécutivement ent, estes braves, généreux, grands, ambitieux' et courageux.
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Decesidocs dwc de Nemours il y eut premièrement Louys d'Ar maignac, qui mourut au roy au me de Naples ; Gaston de Foix, qui. mourut à là bataille de Ra vanne, comme j'ay dict cy dessus; le père de M. de Nemours, duquel je parle maintenant, qui fut un très homme de bieaetdfhonneur et de -grand valeur, et très bon François : aussy estoit il très proche parent du roy Fran~. pois, qui Faymoàtet prisoit fort, et aymoit mieux suivre leparty du.Roy jquexœluy de l'Empereur, dont mieux luy en prist qu'au duc Charles de Savoy e son frère; puis M. de Nemours, duquel je viens de. parler; et, pour biei} finir, M. de Nemours son (ils, qui est aujourd'huy, n'a rien dégénéré de ses ayeuls, car il est très brave , et très vaillant, et de sage conduicte et résolution* JX la monstre, sy jeune qu'il estoit, n'ayant que vingt, ans, e^ ceste dernière bataille d'Yvry, où il combattit. sy vaillamment et fit sa retraicte des derniers, et au siège de Paris, y commandant en chef comme de raison : car, encor qu 7 il fust bien assiégé et pressé de la guerre et de, la. famine, voyre de la peste, dont j'espère en parler en la vie de nostreroy d'aujourd'imy Henry IV (0 , jamais ce prince ne sestfcnna (jce qu'eustfaàct un plus vieux et plus pratiq capitaine que luy), mais tient bon et faict teste très asseurement aux fléaux et de la terre. etdu ciel (j'en parleray aussy enla me8me.îvie j du. Boy ) : .et poyr belle recompense on le traicta Lien à Lyon^ luy, .qui, ampres tant de bons services faiqts à son.parjty et à sa religion, fut pris* et mis prisonnier dans les prisons de la ville, comme un ' grand malfaiçteuE; mais, par son gentil esprit et son industrie, il s'en sauva bravement, comme j'espère dire.
(OOn na point: cette vie. (S,)
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Il tuoflttra fort sa vaillance en rentrepçinse qui fut faicte dur luy à Vienne par. M. le cojmestable et le seigneur Alfonce Corse; car, y estqns entres A dedans tlesjà cinq à six cents hommes,, on luy vûitdire comme la ville estoit surprisé et prise» Soudain ►d'un courage assufl, sort de pou logis «tas s'armer autrement ^ prend ses gardes et quelques gentil* hommes qui se rallieront à luy* et court où estoit l'aotomy * le charge et le combat, Je mené battant et le faiet sertir hors d'où il estoit outré* J'ajr <my faire ce coule à gens dignes de foy, qui etfoieftt dehors c* dedans c pour le moins la ville gjaigpéç se perdit.
J'^y ouy coûter qu'une fois en Bourgoigneon luy vînt dire qu'un de ses regimeus estoit engagé» vOyre assiège dans un village par son çtroemy* Luy, sans tem* poriser ay s'armer, prend un autre régiment dçs siens, se met à la teste sur xm petit bidet y et, faisant fiction de maistre de camp, de capitaine de geas de pied et de soldai, charge les aseiegeans , les fakt dasmordre et les estrtfle biep. Tant d'autrce prouesses fespere je coûter do luy en la vie du Roy, que Top sien efhab&a. Aussy aûftoit il tant à se façonner selon M» de Guyse sou frero, qu'il le voulait imiter eu tout 9 Car .à plus parfaict que cehiy là ne pouvoit il refeseiàbler, et ce qu'il luy voyoit faire il s estudioit du tout à te firfre, fust il k la .Court (couunej'ay «eu^etfust il 4 la guerre, et tout jeune qu'il estoit. , N'ayawt encor séi&e ans, 314X nopces de M* de Joyeuse , je me souviens Tarvoir veu , comme aussy un chascun le vit, à Cou» les combats qui s'y firent : il s'en voulut tousjourt aiecder, et sy dounoit et reoevoit des coups que le plus robuste eust sceu faire. Mesme M. de Guyse , qui estoit le plus
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rade combattant qui fust point , ne l'espargnoit non plus que le moindre; dont un chascun s'estonnoit des forces et de l'adresse de ce jeune prince, fust à pied ou,
achevai.
Au reste , il est un des beaux princes du monde , vraye semblance du père et de la mère. Il est un peu, de plus haute taille que ne fut jamais le père s .sa dquceur etsa bonté le rendent très aymable,sur tout aussy sa grand libéralité) pareille à celle du père; car il n'a rien en luy ; ce qu'il prend d'une main il le donne de l'autre, comme de mesmçs faisoit fort M. de Guyse sou frère.; 11 a le cœur grand et ambitieux»
Sur-quoy j'ay ouy dire que nostre Roy d'aujaurd'huy estant venu au dessus de la conqueste de la. Bounjoigne , M. de Guyse le vint trouver là , qui s'e&^ toit mis à le recognoistre ; il y, eut un gentil homme» qui, pour aplaudir, dict au Roy ampres que M. de Guyse luy eut faictla révérence : « Sire, voylà comme «peu à peu on vous recherche et se vient on humilier & envers vous, comme vous voyez. M.. de Guyse est « venu ; M. du May ne traicte avec vous; il n'y a plus «qu'à tenir que tout ne soit faict; il ne reste que «M. de Nemours à en faire de mesmes. — Ah! dict «le Roy, celuy là a le cœur trop grand et haut; ja- « mais il nesescaarbit mettre à servir». Je ne m'attendz « pas qu'iLroeracogpoisse tantqnèil pourra et que son» *hrav« oœur l'y portera: J'ay là un très dahgereux «ennemy et qui foirt tard abaissera les* armes. » Cqa» parole», prônoncée^de la bouche d'un jsi'gramd royji favorisent à la louante devce prince plus que- de>eeiit: autres qui en eussent voulu parler. ; \*. > ', •> ; ^ X/>
Or, comteè j'ay dict, j'en parkray ailleurs^ et plus*
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amplement et moins sobrement que je ne feicts icy, ensemble de M. le marquis de Sainct SorKn son frère, que je n'ay jamais veu pourtant; mais j'ay ouy dire que c'est un prince très accomply, et sur-tout fort homme «le bien, de bonne ame et de scrupuleuse conscience; ce qui est beaucoup à louer.
De tous deux* fut leur mère cette belle, illustre et vertueuse' dame , madame de Nemours , première vefve de ce grand duc de Guysè, duquel je' vays parler maintenant, et qui se remaria en secondes nopces à M. de Nemours, ce grand prince si pfcrfaict que j'ay dict, pour s'entretenir tousjours en recherche de la perfection des honnestes tnarys, puis que telle estoit sa volonté de se remarier, né faisant point comme plusieurs dames que j'ay veu vefves et convollantes, qui de leurs premiers- et grands mariages s'abessoient et descendoient fort bas a*ec des petitz. .