M. LE DUC DE NEVERS
coup un grand préjudice au service du Boy et une fort grand perte d'environ quatre ou cinq cens gentils hommes, comme j'ày ouy dire. Ainsi qu'il fit aussy à la prise de Cambray , là où ce bon prince, très loyal et très généreux, y envoya M. son fils se perdre dedans (n'ayant pas encore quinze ans) pour le secourir et le garder, et y entra fort heureusement, autant conduict par son bon heur et vaillance, que par la prévoyance et le bon ordre que luy ordonna ce sage capitaine M. son père; dont en cela on ne sçauroit assez louer sa généreuse bonté et loyal zelle, d'avoir ainsy exposé, pour le service de son royetdu royaume, M. son fils, n'ayant que cehiy là, qui , estant leans, se monstra si assuré et courageux, qu'il se jettoit ordinairement aux hazards comme le moindre soldat de leans.
Mais il fallut pourtant cedder à la nécessité et à la force, dont fut faicte une composition belle et honnorable, comme chascun sçait; et ce jeune prince fut fort honnoré de tous ceux de l'armée èspagnolle, et mesmes d'aucuns vieux capitaines espagnols et italiens qui avoient jadis combattu soubs son grand oncle, le seigneur Ferdinand de Gonzagues, et tous l'admirarent et s'esbahirent fort de quoy ce jeune prince s'estoit ainsy allé précipiter, et l'enlevèrent jusqu'au ciel, et luy offrirent beaucoup de services, luy trouvant la façon très belle. J'espère de parler de luy et de ses faicts plus au long dans la vie de nostre Boy.
Ne faut point demander si M. son père fut ayse de veoyi* son fils retourné sain et sauve, avec une très glorieuse réputation qu'il rapporta de ce siège ; mais au bout de quelque temps il mourut, aucuns disent de tristesse pour ne veoyr lors les affaires du Boy aller sy
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' bien eomme il le desiroit, attires disent dp malladie; ' car il estoit toujours si mal sain depuis soi* coup, dont il délaissa madame sa femme liés désolée, car elle il'aymoit et hoimoroit fort, et luy en faisoi* de mesme, et le mariage en estoit bon et heureux *. duquel est -s»rty ce jeune, prinée leur fils que je viens de àive, -foadaifiéde Longue ville, fille aisnée, très sage, belle -et vertueuse princesse et bonne, et jnadajnpiselk de 'Nfcverd, très belle princesse aussy.
Ce fut une grande perte de ce prince , car il estoit très bon prince et tenoit eqcor de cette vieille bonne paste que peu voit on aujourd'huy tenir parmy nous.
Il estoit fort splandide, comme M. son beau père •et beaux frères, car il depensoit fort honnorable» ment à la Court, et soit train et ordinaire alloient tous jours bien. Quand il luy fallait faire quelques festes et magnificences et festins, nul ne l'en a jamais sur* pasâé, car il emportoit tous jours Je prix. Quand il s'y râetîoit, il jotioity et peu, et non sy souvant comme M. son beau père; mais quand il y estoit il joùoit fort gros jeu , comme il fit au voyage de Pouloigne.
Il estoit fort pfôvide&t en ses affaires > ainsy qu'il le fit parestre au* bien de madame safemme , lequel f encor qu'il fiist très grand, il le trouva un peu brouillé pour les- grandies debtes des pères tt frères passez; il liettia et accommoda sy bien sa maison, qu'elle estoit des grandes de la France et des ateees. Il estoit fort doux, affable et gracieux, et faisoit toreâ bon avec luy; il estoit très grand et profond discoureur , et parloit bien, et disoit awssy bien le mot comme madame sa femme, épii* te disoit auasy bien, que dame de France , et q*i avoit aussy bonne graee.
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Or c'est assez parle de ce prince, j'éspfere encor on, parler ailleurs en la ?ie-de no^deux rpys derniers; car. je Thonnarois «fort et le' tenais pour l'un de mes bons, seigneurs et Qmys, cojnme madame sa femme m'a esté toujours l'une de, mes meilleures dames de la Court* et que j'ay tousjours honnore'e, ainsy que sa vertu et sea merittes me l'ont tousjours commandé. .