DISCOURS SOIXANTE-NEUVIESME
M. D'AUSSUN.
AvssvM. d'Àussun,, qui ne laissa de se mopsfrersage capitaine en la nécessité d'un grand affaire et d'un combat, avec sa grande hardiesse, mais non pourtant comme son compagnon. Voylà ce qu'on en disoit à la Court et au camp lors qu'il mourut , qui fut à la bataille de Dreux, où il estoit l'un des mareschai^x de camp, choisy quelque temps avant par le roy de Navarre, qui le sçavoit suffisant, et l'aymoit pour estre de Bigorre son vassal, encor que j'en sçay quelques uns des principaux de. l'armée qui ne l'y vouloient recevoir pour ne l'avoir jamais veu faire ce qu'il sçavoit; car il n'avoit jamais guieres bougé des guerres du Piedmont, où il avoit pourtant si bien faict, que, par sa valeur et hardiesse, il estoit parvenu peu à peu à de» beaux grades.
H fut premièrement capitaine d'une, compagnie de gens de pied au royaume de Naples , où il monstra belles preuves de son hardiesse.; puis aux çonque&tçs
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et la garde de la Savayé et du Piedmont; puis eut des chevaux légers et une compagnie de gens d'armes, chevallier de Tordre du Roy, gouverneur de la ville et cha&teau de Taurin : belles recompènces certes, dignes de son hardiesse ; laquelle il monstra à sa mort encore plus belle et grande qu'en sa vie , car, le malheur luy estant arrivé de faire en ceste bataille une retraiçte plus viste et fuyarde qu'il ne falloit, et dont il n'avoit jamais donné subject à la fortune de la luy prester telle ce coup, puis qu'elle ayde tousjours aux vaill^ns et hardis , estant revenu à soy , et ayant repris ses esprits, conceut un tel crevecœur en soy,. qu'il en mourut et esclatta de despit et regret; dont il n'y eut aucun de l'armée qui ne le regreta$t fort, comme je le vis, et ne le louast plus que s'il fust mort dans le champ de bataille : j'en vis dire de belles parolier à M. de Guyse. Bel exemple certes, dans lequel se doivent mirer les grands capitaines et vaillans hommes de guerre, quand ils font de telles fautes! mais il y en a beaucoup qui ne s'en soucient guieres, car il n'y faut qu'une hçure* malheureuse.
Un autre vieux capitaine et ancien chevalier, et qui
d'autresfois avoit très bien faict, mais là très mal, et
qui avoit fait comme d'autres, et le publioit-on divulguement, estant en la table de M. de Guyse, un jour ampres qu'il fut de retour, non de la chasse, mais de la fuitte, ainsi qu'un gentilhomme (car je vis cela), discouroit à M. de Guyse de quelques incïdens particuliers qu'il. avoit veu, et en disoit très bien, ce vieux capitaine fut sy impudent de luy dire : « Mon gentil-. « homme, vous en dictes trop : dont il me semble que «, vous estes plus amusé à voir jouer l'esbat que le joueç
%£ M - d'àVSMJK.
« tous mesnjas, car vous en parlez trop bien. » Le gentilhomme responéit : « Monsieur, sans vous fkirétdrt, « j'ay faict Pu» et l'autre- » Dont M. de Guy se , qui > estait fort sage, baissant un peu la test», changea de propos; mais ceux qui estaient devant cogneurenfe bien que volontiers il eust dict : « Et que veut dire ce* > « homme là? je croy qu'il n'a point de sentiment. »
D^autres y eut ilqui ne fuyrent pour-peu de chemin, mais de six k sept lieux, voire plus (au diable l'un, qui en est mort de deuil); mais ont faict aussi bonne et hard je troigne et contenance comme s'ils eussent gaigné eux seuls la bataille. Aucuns sont morts depuis; d'autres vivent encor, qui, se fians an temps, qui consomme' et efface' toutes choses*, croyent fermement qu'il n*en fut jamais parlé et que cela ne fut jamais , et par ainsy se pavannent et piaffent, comme roys des poix pilles, aux jeux et farces de jadis, faites en Fhostel de Bourgongne à Paris.
A la bataille de Coût ras, faicte de nos jours tout frais , il y en eut force aussy , des plus fringans et fondeurs de naseaux, qui en firent de mesmes, et qui leur sembloit advis qu'ils n'y seroient jamais assez à temps avec leurs courtes journées et courtes traictes , menas* Sans les Huguenots, bravans, faisans des rodomon-* tades plus que ne fit jamais le capitan Buyna à l'en* droit de Zanny ou Pantalon; et des la première charge ils prîndrent si bien la chasse et la fuitte, que deux heures après ils arrivèrent aucuns à Aubeterre , lieu de seure rétraicte, aussi estonnez que trépassez/ à ce que m*ont àsseuré fbrce personnes qui les recueil"* loient et leur faisoient le bien-venlat; eneor ne s'y pouvoient-ils assurer, tant te poux de la peur lesbattoit.
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D'autass iè sauvarent en d'autres place? , lesquels n'es* toient pas plus asseurez les une que le» attitrés (au diable l'un , qui en a esclatté de regret ) , mais laissans couler tout doucement la rougeur.
M> d'Àlençon , tout grand qu'il estait (car le» grands ont ce privilège de passer mieux ces fautes que les pe^ tits), n'ftnfit pas ainsy ap^es la bataille dePavie, que le regret , par semblable faute , guigna de telle façon qu'il l'emporta à la mort, dont il en fut fort loué. Son grand et brave ayeul te comte d* Alençon , h la bataille (FÀzincourt, qui, estant en la tfteslée, se poussa sy advant qult rua un grand coup d'espée sur Farmet du roy d' Angleterre , et du coup luy abattit une grand partie de sa couronne, en criant : a Je suis le comte « d*Alençon ! » Mais il fut incontinent environné des archers du corps du roy anglois Henry, qui , contre la volonté de leur maistre, le mirent à mort. Cestoit un traict, celuy là, digne de gloire. Àh! que Phonnéàr d'un chevalier, d*un capitaine et d'un homme de guerre est précieux! À quoy doivent bien regarder nos gens de guerre quand ils sont aux batailles, aux combats et aux rencontre», et aux gardes des places qu'on leur donne, qu'ils ne- les combattent opinîastrement, et les deffendent comme il» doivent, et ne les abandonnent, ou ne les laissent par quelques capitulations bien à propos.
Le «vicomte «FUza, qui commandoit à l'armée de mer à La Rochelle, lequel mourut de tristesse pour avoir veut de ses yeux entrer cette barque chargée de poudre qui fut la perte pour nous de cette ville, car ils n'en avoient plus; et toutèsfbis ledit vicomte n*y avoît nttl tort ny faute, car il n'y a si prévoyant qui n'y
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fost este trompé. J'en feray ailleurs le compte et de la
valleur de cedit vicomte,
Venons des grands aux petits exemples, comme fit à Borne, il y a bien trente ans, un brave et très boa tireur d'armes qu'on appelloit Bartholomée dTJrbin, en un traict qu'il fit, dont j'arrivay à Rome pour la seconde fois un an après, qui me fut raconté,, et lequel est encor aujonrd'huy en vulgaire aux vieux qui les y voudra interroger. Ce Bartholomée d'Urbin donc fut en son temps, en Italie et à Rome, un très bon tireur d'armes, et si bon qu'il emporta la vogue par dessus toits les autrç§ d'Italie. Il vint à si bien apprendre et rendre sy bon maistre un jeune gentilhomme milannois, qu'estant en telle perfection il s'en retourna eu son pays, où estant se mit à tirer des armes et faire des assauts contre un chascun, qu'il emporta le prix, et nul plus n'os$ tirer contre luy ; adjoustant à ce qu'il avoit appris quelque chose de plus de luy par son esprit gentil et continuel exercice et expériences qu'il faisoit tous les jours ; dont il en prit une telle présomption et outrecuydance, que, ne se contentant de se battre contre l'un et contre l'autre et emporter l'honneur, il projecte (tant il e$t glorieux) de se battre et tirer contre son maistre; et pour ce, part de Milan un an après, et s'en va à Rome; et arriva si à propos un jour que l'on faisoit assauts et jeux.de prix fort solemnels à l'escole de son maistre, où tout le monde est receu. Il se propose de tirer contre son maistre, qui le prend au mot ; et tous deux , ayans faict trois assauts, la fortune fut si grande pour le disciple, qu'il donne $u maistre deux estocquades franches, dont de despit il rompt son espée, la jecte contre terre, se maugrée ,
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déteste ciel et terre, conçoit en soy opinion de ne plus vivre , songe quelle mort se doit donner. Puis, comme forcené et hors de sens, on le voit de sang froid, mais pourtant tout colère et transporté, prendre sa cappe, et sortir de sa maison , plusieurs de ses escolliers le suivant loing , gronder et murmurer qu'il n'estoit désormais plus digne de porter armes, veu que son disciple l'avoît battu, ny de plus vivre puis qu'il estoit deshonnoré j et, quelque consolation qu'on luj donnast, sans faire semblant de rien, et ses escolliers et amis qui estoient auprès de luy n'y prenant garde, en pronon^ çant oes dernières parolles, qui forent : « Non, je ne « veux plus vivre, adieu, » il se précipite du haut du pont de Sixte en bas du Tybre ; et le vit-on miserar blement noyer. Quelle humeur, quelle résolution et quel courage d'homme ! Ce traict ne tient pas dp Chrestien :car il ne nous est permis de partir de la garnison de cette vie sans le congé du grand capitaine , qui est nostre souverain Dieu ; et pour ce ne devons louer sa mort: mais le courage et lame généreuse sont dignes de toutes louanges.
Nous avons veu en nostre France quasy un pareil traict du capitaine Hautefort, gentil homme de Peri-r gojrt, dont je parleray encore ailleurs, frère du feu Hautefort qui mourut à Poutoise eu ces dernières guerres. Ce capitaine Hautefort donc, au voyage d'ALlemaigne, vint à avoir une querelle contre un gentilhomme nommé Pçrelongue, gascon, et vindrent à mettre la main à l'espée dans le quartier de la compagnie de M. le connestable, où ledict Hautefort l'estoit allé chercher; qui estoit par trop de presumption {ors d'aller chercher &on ennemy en son cartier; mais
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il y eut quelques honnesÉes gentils r hommes qui les ae*parèrent Toute sfois le malheur lut si grand peur île* dict IJautefort, fust ou d'autres qui le séparèrent , ou de soit ennemy, qu'il fut un peu hlessé le ni©i**<tu| monde eu une main, et avec cela falut qu'il se retirait soudain. U le fit appeller par le capitaine ,Bourdeille mon frère, parce qu'il» estaient grands cousins, grands amis, et grands, confederez des le Pieduvont, d'où ils estoient les rodomonts. M. le connestable le sceut , qui , sur la vie, fit faire deflence à L'un et à l'autre de ne ae battre , et le fit tant pour une règle de guerre que parce qu'ij $oustenoit Perelongne, qui ef toit son gendarme» ou qu'il ne le cifoyoit si bon tireur d'armes que Haute* fort, ny si adroict comice on disoit , ainsy qu'il en avoit faict preuve en JSscosse, commp je l l ay conté en un coing de ce livre. Le capitaine Hautefart, pour su blessure et pour la d&Benee foicfce, voyant que sur le coup il ne pouvpit avoir raison de son homme , il prend en soy un tel desdaing, il ronge en son eœur et en son ame un tel despit et chagrin, que, quasy transporta de son bon sens, se desmet de ses beaux habillement {car U alloit tousjours brave), et prend ceux d*un de ses moindres valets, et, ny plus ny moins que nous lisons de Rolland le Furieux, lois qu'il devint tel,» qu'il fuit les compagnies, hante les champs, vagabonde parmy les bois ' r et quand sts amis l»y pensoient remonstrer ce qu'il faisoit, et l'appelloient capitaine Hatitefort ? « Qui, moyî respoqd oit-il, je ne suis pointle « capitaine Hautefort; je suis le plus grand maraut de (t cette armée. Le capitaine Hautefort n'a jamais *st£ « sans ses armes i à ceste heure vous lie m'en voyes plus «t (car il les avoit jettées) pour me croire indigne de ja-
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« mais n'en porter, pois qu'un tel, impareil à moy, « m'a bieadé et n*en puis avoir raison* » Ces verrues luy dorèrent quelque* joUrs> jusqu'à ce que te temps ayant fekfc son debvoir Aies flûre à demy passer; un jour le capitaine Bourdeilte ••, son grand amy , Tint à luy , qui les luy fit passer toutes ,iuy remonitraot (à mode que la belle Bradaiftaftlfc se vist Iretnonstrer à son bon es* prit lérs qu'elle se Voulut tuer pour l'amour r de son Roger ) qu'il «rotait mieux qu'ilfc allassent tous «leux attaquer ufti belle dscarmoudie devant Yvoy, où ik estaient , -et se rftoustrer à son îr6y en bravfe estât de luy fek-è sarvteé, et y recevoir ou une belle playe 6u une mort lronnorable > que de faire cette vie'fafttasqu* en attendant le "jour de sa raison, H créât mon frêne. Tous deû* wotitaréHt à cheval^ vont attaquer leur eâear* tfrttfôfeg, ëé battef* ot se mesieût; dont Hautefort fut ttté et Wrtm fraie blessé, et son cbeval tué entre ses jâi&bfe& ïlsfc r^tit^telfemèttt qwèUèrarat> avec tut grand t>ël >A*kt6it ffctâ& 9*ft bon o#usm et Compagnon d'arme. JVmys faire ap*è$ oe cdute à raondit frer* au reto**- £eee voyage, ^fui sWoitfatet porter en Ko tîereà Parte po«a- uhefct&rte gmt«te hat*queb^«aéé qu'il avok f éfefc& ëh là ville tf ë CiWfy tknfe fcae espaufe , dMIt-iltofli^ïirtti^
etnetitos fortfetéir^ëôttq)téf > *t Vty sray ôoqfir taré* ëe* puis* plusfcflrs autres l genftils hommes et capîtiihfe& VtàIàttetert4bk&Mta^ft de petfMfawe^ le^tk9U&bft ne s&u&étt latft bïasaier ipf'ëh *te l^ue tfàdvëtftiig* fett¥sr^oftbr& gfcnferèu*: et nobles fctfcefc, ipotat-fce Vouloir xnhÊëhét *ïf abuffiirefuelles nulles taehôs bâilles de ïèuff honneur ï cfe stfnt ttes coups de IbatteHkurtt qus totit te étante riefëftpkàr "
3o m. d'aussuh.
En ce discours j'ay ouy faire une demande et dispute > à sçavoir m on, s'il est permis de punir des poltrons qui ontfuy des batailles, combats, et rendu de» places par peur et poltronnerie;. dont j'en^ay veu discourir à des plus grands théologiens, qui disoient que, s'il faut regarder à Dieu , ils n estaient nullement punissables ; pour quant au monde, ils s'en rapportaient à ce qu'il en pourroifc dire; « car, disoient ils, Dieu ne tient il « pas les cœurs des hommes en sa. maki:, ausquels il « met et imprime la vaillance, le courage et la peur « comme il luy pïaist? Pourquoy veut onjdpnc foire « un homme plus vaillant que Dieu ne Ta faict? Qn « que si. Dieu Ta faict vaillant de sa nature et naisce sance, bien souvent pour ses fortïaicts et fautes luy ce oste le cœur et ceste hardiesse; si que cela s'est veu « assez ordinairement que les plujs vaillans hommes « du monde r et qui a voient très bien faict, egtre abap*ci donnez de Dieu, ieilementïque,saisys d'une peur, « pechoient et failloient eti une extrême poltronnerie « (ainsy que j'en ay veu et allégué dea exemples); et «en cela sont les miracles et wlpjUez de Dieu dç lps te punir ainsy , car aucuns y en a il au$sy qui sont sy c< presumptueux de leurs; vaillances ; çt de Jeurç bras, « qu'ils leiu: attribuent toute la gloire ,. et non; à Dieu. xc Ainsy, par telle manière, Pieu les puni^t : enquoy « telles gens se doivent tous jours b#n recommander à « Dieu, qu'il leur veuille maintenir toujours ce dqn 4e m vaillance ; et trouve on qu'il n'y a gens au monde qui « se doivent tant recommander à Dieu et le prier qrçe « les gens de. guerre , au moins ceux, qui ont attaint « quelque grade et perfections; car il n'y a honneur ce au monde qui soit tant subject à se casser et moijps à
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« se remettre qufe le leur. Davantage, si Ton vent bien « prendre au pied la saincte Escripture 7 il est à prête sumer que Dieu -n'ayme pas tant les vaillant et hardis « que Ton diroit bien, puis qu'ils ne sont destinez et « proffez que pour tirer sang et tuer; ce qu'il abhorre « fort, et que luy mesme a. voulu et dict que quand « on te touchera à une Joiiej pare Foutre pour en avoir « de-mesmes* L'homme vaillant ne sçauroit faire ce ce traict, et son ame hardye ne le sçauroit permettre , « ouy bien la poltronnç etpaureuse. Aussy Dieu, en « tels effects et expéditions fie guerre, prévoyant les « grandes cruauté^ et meurtres <jui se fairoient, relire « la bride par la peur aux trop grandes vaillances, afin « qu'elles ne facent leur exécution cruelle. Tant d'au- « très secrets de Dieu y a il que nous ne sçavons pas, « lesquels nous voyons à plusieurs faire, des poltron*ce neries ; et , pour ce , c'est à luy de disposer d$s « hommes, de leurs corps et 4e leurs. âmes, et dç les ce punir à sa mode et selon son vouloir, et npn au vouce loir des hommes. Davantage , ce n'est ,pojnt i#i cç*m~ « mandement de Dieu ny de son Eglise, que de cpmr mander te, vaillance en l'homme, comme» d'autres « biens /et vertus, ausquels, si l'pn pèche;, ils sqitf puce niables et de Dieu et de?. hommes, mais non pas « poq? avoir, failty en vaillance et vouloir contraindre
« un heetfne à estre plus vaillant qu'il n'est ; car Dieu « ne dict pas tu seras vaillant. Cela sen,t son Tu^ç et « btf&are , qui; envoyent leurs soldatz et gens à la « guerre à coups de baston. C'est donc. mal iaict de les ce traicteç. ainsy ; la façon en est dépendue de Dieu, et ce la punition. Bien est il vray que si un gênerai ou un « autre chçf d'armée, un capitaine ou un soldat, com-
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«e met une trahison à «on prince, il HtrpiraitèBdiln « il manque do sa iby > il Use de perfidie > il fatice son « aerantaty mèct en proye et on cônsteau sop prince, * sa province et ses gisns c c'est umictè très meschapt; <* ^Diettlkaborre v et ordonne aux hèmmesia vaogeanice **ti$pumtî<m fres rigoureuse. <> - > /
Tant d'autres taisons a y je w» alléguer d'autre» tois à oestbeologietts sur le 6ui>ject*ie •quelqu'un xjue j'ay **u me fort «l telk peyne» dont 4e me pfesseruy pGurfcé éotfp tfen mettre fdy parestriptriavantagei
ïôur qua&4 au m^à y rartàitaipetit ils tout punis^ s&fclea, ear il ne fautkfu'ui) poltron, s*r deux , Outrais éh une bataille , <fui du premier choé «k la charge p^endruut l'épouvante ; et ée suttfcaiit k ïuyt d-yétipnt que tout est pêfcdtt , les Adtres $'gâfuyt«0t& : roylfc itae desrottttë grande <et uhe bataille perdue* 64 lès gratid* ctoèfs ou aucurt^ chefs partieultetfa et «capitaines en font de moines, encw pis ^^ar uhasctm ivàt son chef et csfpftaitie, eoMMfc fctt Fa *fcu en plusieurs fratatlè<œ de frustre temps ; ? et teste bàtaifié perdue ^ possible tout le royaume ou tout l*Est& du prince p&utt qui -«Hd'se Jtffiuit, pèwlu. De iftes^tf en ast il 'de fciufc <juâ>oat le* plates ëti gtîrde et lies vAfesd'im 1 portà»cë > (jttâftd *l*le* rendent pa* pbltrontterite «tét £a* fêta*, tfatttaôi^u'ii ne feut qu'une placé bien soustenuepèn* so^wuir tout Fefflbrt d'an gtatefl etiipereti^ÛU Wfj %t ifléftWy» à Uteant, coiïiittè fit M. de &u^e Wluy* dé i'etti^eWMr CSiâfrleè aetâni : Mètt; tjùe' s*il fifet èèté r pria là ïkàncfc fetist èù beaucoup à soufft-ir. faut d'a«*éfc -et infinies ràisbris allèguent te» grand* sUr îeë pUtritiôùfe ; que je h^urois jamais dict. . v - ; > : * : *
Cèst pourquoy te grafcd wy ^atieôte^^purii^ et
iv * Musses.* 3ji
desgradcr de& araies k oapifca*nie. Fcangèt,: ^ui rendit sy mal à propos F<outenai>te, après que M. cju.luttde „ l'ensfc vp ïÀ&b ei «y Joug temps ooaseiffléeiefc de (fendue. Le, 06^ Henry ît auesy; punir M. de Vervin pour BûuUongnej, Alt .pftvutanb après sa mort dopsé ua arrest pour boa ii*npee*cej cependant il en pâtit, à toutou àduetc*> cela *tat dftputé long temps : ausay lé capitaine - Sallignac pour le GasteUet ; mais eâiuy . ccndaoaque lu priswi et la honte, et se sauwf pour* no peu, 4e faveur de M. 1? eonnestable (pe disait on. alois). M- le mauescbaL d'Estws&e, ampres.sa routte, fittraoch»rkte^^m3âigtMBurAltQ^coB«be ? pour avoir vendu, et mol à propos^ sapa coup frapper., au mai> ^uis «de: ISIwrignan , ta ville de Lusignaao en Toscane y de pusillanimité' et faute de cœur. IL fil aussi pendre le guydott de* la • Compagnie de l' Adimrande , pour avoir le premier tourné h doa le jour de la bataille > et avpir rôé la première et principale cause de la perte de cette misérable journée, parce qu'il estait le premier à là leste et pvûaueitt {Ériurtéde la bataille, et tournant teste e«t aroier*!, fat cause que toute la oavallerie se deshajid», do»t ^ensuivit la iotallfr perte àe la bataille: car elle oom^ttk tares nxai^tfuist fort, pour pratio^ Hmt là. le proverbe italien, on bel morir psfia im <vtk*
. Nortne roy Henry dernier troîsiesme ,«par la solii* citaiw&i de le r}eynç «a roèrbiit éoastkuér prramnieï le sieur de Saihcte Souline, pour avoir paanqùé att «eequnf rfkrsoa général , >M j ^TEfccropze , à S&ityct Michel «ta l^a Tercieœ, et aonprooek ^eatadloit faict^ et en danger <fe imÈtst, :saniB la faveur (}e ges aqij>, par l*e+
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quels il se purgea. J'ay ouy conter à M. l'Adiniriri le Grand que s'il eust tenu sur la chaude colle celuy qui rendit le chasteau de Luzignan aux troisiesmes doubles par une simple sommation > ld plus forte place de France , qu'il luy eust faict trancher la teste; lequel j'ay veu despuis faire aussy bonne mine que s'il ïeust tenue un an entier : disant motidict sictor F Admirai qu'il le falloit traicter ainsy pour servir d'exemple à ceux qui , ne pouvans estre induictz par l'honneur à bien faine, qu'ils le fussent par la contraincte du supplice, ou du deshonneur , ou du desgradement des armes»
Aussy dict on qu'il n'y a vaillance et resolution plus grande que d'un poltron, quand on luy a une fois mise et bien avant enfoncée dans l'ame, ainsy que j'en ay veu deux ou trois à ma vie, lesquels estoient si poltrons, qu'ils aymoient mieux recevoir et endurer toute injure et deshonneur, que venir au combat contre leurs ennemis; mais, de forcé de crier âpres eux et de leur mettre le cœur dans le ventre, se résolurent si bien qu'ils firent rage et vainquirent leurs enneipis, ny plus ny moin» que Ton voit un canon ou une arquebuze , quand sa charge est bien battue et pressée de sa baguette, fait plus grand effort, et faussée , que quand elle est par trop gaye. Il y a plusieurs de tels complexe tionnés, qui de leur naturel ne sont pas trop hardis ny vaillans à faire bien, mais veulent estre matinnez, poussez , menasses et contrainots ; et après ont le diable dans le corps* »
Il n'y a pourtant que les prouesses et actions quipro* ceddent de l'honneur naturelle. Voy là pourquoy je loue fort ces Egyptiens, qui, ayant esté presckez et enivres sur l'immortalité et béatitude de l'ame par leur philo-
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sophe, en furent si ravis et curieux de sentir l'effet, le plaisir et la joye, que la plus grand part d'eux (pauvres fatz qu'ils estoient!) se tuoient pour en venir là j sy bien que le pays s'en alloit quasy despeuplé, sans pouvoir trouver rèmede de les en empescher, jusqu'à ce qu'on alla faire une loy et ordonnance que quiconque se tueroit ainsy , aussi J&st seroit après sa mort pendu ignomigneusement, et serviroit de spectacle vilain an peuple par telle penderie; dont ils se desistarent : et ce que toutes les menacés et deffencefe n'avoient sceu faire, l'aprehention de l'honneur taché et vilipendé le fit.
Les Espagnols , si bons maistres de la guerre , font bien punir aussi les leurs qui font de ces poltronneries; comme fit le duc d'Albe et Âlvaro de Sando, qtn fit , pendre les principaux chefs qui avoiént rendu au mareschal de Brissac M ontcalvo mal à propos, et en Flandres aucuns des principaux du Terze de Sàrdaigne, qui furent cause de la route du comte d'Àrambcrgue. Tant d'autres exemples y a il. Je ne parle point des Turcs, car, s'ils faillent, ils sont coustumiers à perdre aussi tost la teste, voire la porter eux mesmêâ au Grand Seigneur pour là leur faire voiler.