DISCOURS SOIXANTE-DIXIESME
M. DE M ONT LUC î
A\cc une pigre&jon %& Je Baj-o» dç? Àdrete, et une sur le
Mare&chftl de Qié.
On cest assea s'estre égaré de son grand chemin ; jV résume, et le bats et le trace comme devant. Je pçrleray un peu de M. de Montluc, encor que son livre qu'il a composé l'exalte assefc, en racontant tant de beaux actes qu'il a faicts en son temps, et, que ce soit chose superflue d'en esçrire davantage 5 mais pour^ tant, d'autant que j'ay veu plusieurs grands capitaines le hlàçjùer ^jje q,uoy il se loue si fort qu'on diroit que c'est lu y qui a tout feict aux guerres OÙ il s'est trouve, et les autres çien ^ jusqu'à dire cju'îJ n'est pas possible qu'il en ait tant faict, \/t dis qu'il $e peut faire qu'ii, se soit ,sy bien acquitté de tout ou. eu partyç de ce qu'il dipt; car il estôit un çascoa, brave ^vaillant et bouiL lant; Çt qui est de cet humeur^ il ne peut, estre autrement qu'il ne face tousJQuçs bien $'U **£ weurt à mychemin : sur qiiey j'allegueray le tesmoignage de feu M. de Guyse le Grand, sur un compte que je vays faire de luy , que j'ouys, et y estois présent.
Aux premières guerre» civiles, messieurs de Cauînont, quatre frères, estoient de la religion et à couvert, sans porter autrement les armes, comme aucuns faisoient de mesmes, et les appelloit on Huguenots réalistes; d'autres les appelloient poltronnesques, et qu'on regardoit de mauvais œil plustost que les meneurs
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de mains et qui faisoient lesfactioas: tant la vaillance a en soy de vertu de se foire aymer de soy raesmes! Ces quatre frères donc favorisaient fort las Huguenots et les retiroîeut en l*ui$ faisons \ d'où sortoient tous» jours quelques insolences , desquelles M, de Moatluc impatient k$ visita, connue il eu parle en so© livre : sturquoy M« de Cauraont l'aisné tint à la Court pour s'eu plaindre au Roy et à la Roy ne, et le peindre pou* le plus grand iarroo, volleur et massacreur qu'il en iust point; et en demandoit la raisoft y . laquelle Xieurs Majestés renvoient toujours de Jour h wÈtre*, jusqu'à ce que M. de Guy se, aprfes la bataille 4q Drenxi vint à Biais pour baiser les makis au Boy, oh Sa Ma^ jesté se? rendit aus$y. Un jour eutre autres» ainsy <$ue M- de Gpyse eut disné publiecjuen^erH en aa table de grapd maUtre ê avec fonce view capitaine, grajatâta et autres gentils, hommes, yoyci M. de Catttoont 4141 foy vint dire qu'il luy vouloit dire un iqot s'il luy plaisait . M. de Guyse> se doutant de quelque chose , se leva, et luy dict si c'estoit quelque chose qu'il vouhisi cpi* tout le monde lesceust, ou de secret. L'autre luy répondit qu'il ne s'e n soucy ^>it pas que toutle moude.le sceiwt et l'ouyst : et peurce, M. de Guy se approchant dektfonestre de la sallç* il ditet à ceux qui estoiàat lè*pt»esen$» « Àpproches-vous* messieurs ; » et ptfisp resta fort librement l'audience à M- deÇauumnt* H çôtajafMroçs» à luy demander raison comme Iteuteaftet de v^gr ^ .et à déchiffrer M. 4e Moatluc comme il TOulut, et & plwr sieurs sortes d'ainjuree, et meames. de ses valteries * iançonneme«s, pilleries, meurtres et cruautés U y eut M. de Cbarry qu*ae se peu* tenir, et dict: <«Mei* « sieur, je suis icy pour maintenir Jtf . de Montlnc^ et
« comme la maison de Caumont, passant par deux «i.fois devant avec mon régiment, m'a faict tirer sept « ou huict mousqùetades, et m'ont tué et blessé de « mes gens, » Ainsy\ que M. de Caumont 'luy voulut respondre, M. de Guyse soudain dict à Charry : « Tài-r « sez vous, Charry, je sçay comment prendre laparolle « d'un homme de bien et serviteur de Roy , comme « Montluc, en son absence. Poursuivez, monsieur <* de Caumont; m qui, après avoir allégué force calum-r nies contre ledict sieur de Montluc et demandé raison de: luy , 6e teust : à qui M. de Guyse respondit seul- Jement : « Monsieur de Caumont, je m'estonne cpm- « ment vous demandez raison d'une chose dont vos « desportemens vous jugent et condamnent, lesquels « le Roy et moy avons bien sceu ; et toute la raison en « cela que le Roy vous pourr oit faire, ce seroit vous don<- « ner la punition que vous, desirez tirer de Montluc si «vous estiez creu* Je mestotme de mesme comment « vous osez dire tant de mal de luy, qui est un très « bon serviteur du Roy , comme il a tousjours monstre, «et qui de plus est un des bons et braves capitaines de « son royaume, et qui a faiçt couler plus de ruisseaux « desangen servant tous lesroys ses maistres, que vous « et vds trois frères n'avez faict de gouttes; car un cha- « cun sçait y et l'a-rt-on véu, que vostre espée, que vous «e. avez là (en la luy monstrantdu doigt), et celles rfe « vos frères/ n'ôtot jamais saigné homme; et toute la «< différence *ju'il y a entre Montluc et vous autres , est « qu'ilmerite beaucoup et vous autres peu, et que vous « autres estes plus riches de biens que luy, et luy plus « riche d'honneur. Par quoy vous devriefc avoir honte m d'avoir mis en avant toutes ces calomnies contre luy
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« que venez de dire; et pour ce, une autre fois corri- « gez vous en. » Et là dessus M: de Guyse brise et s'en va trouver- la Royne. Il entendoit par les tro^s frères de M. de Caumont, M. l'abbé de Clerat, qui , despuis la mort de son frère, quicta la robbe longue et prit l'espée, et espousa madame la mareschalle de Sainct André, qui pourtant estoit un fort honneste gentilhomme ; l'autre estoit le seigneur de Feuillet, marié avec madame de Brisambourg en Xainctonge, honneste gentil homme aussy ; et le quart , M. de La Forcé, qui espousa madame de La Force en secondes nopces, vefve de feu M. de Là Chastaîgneraye mon oncle, esgal en bîelis. à mondict oncle, mats inesgal certes en vaillance, courage et beaux faicls, encor qu'il fustbien mettable gentil homme. Il fut tué au massacre de Paris, et soti fils aiiné avec lùy , dont madame de l'Ârchant", leur demysœnr, fut iniquementet injustement accusée 1 , et cestaycy , qui vit au jourâ'huy , laissé pour mort près de idy ; mais il se sauva dasosTarsenac chez M. le mareschal de Biron ; et fut esté gfrahd' dommage, car il est un honneste gentil homme et bien advànoé en gradés prefe de «on roy , tout huguenot qu'il est.
On s'festanna fondes paroles que mondict sieur de Guyse praffeba £5e.:coup 13 àudict sieur de Cautnont, car c'estoitle seigneur du monde le moins injurieux et offençant; et luy mesmes le dict bien le soir après, et qu'il avoitaœsy parlé en despit de luy et contre &pn naturel ; mais il luy faschoit fort d'ouyr aitisy parler et detracter d'un sy homme de bien .que M. de Montluc, et pour ce coup varia de son naturel. D'autres, s'estonr nerent aussi de M. de Caumont, que, nonobstant que M. de Guyse Feust ainsy accommodé, montant à cher
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Val des l'hçure-mesme pour aller devant Orléans l'assiéger, M, de Caumont Falla conduire une lieue loîng , et:, en prenant congé de luy , l'asseura qu'il luy estait serviteur ; et M. de Guyèé t'èh. remercia bien hotanes- Cernent, et s'offrit à luy., ;et qu'il estoit à son commandement. Et en s'en tournant à Bloisi, nn quafrt deliciië après avoir laissé M. de Guyse, il rencontra lqcapitante Hautefort, avec force autres cap itaitoes sels «drrçpegiKMia, qui sui voient M. de Guyse': iedict Hàutefort souda-in mît le main à Tespés^ et luy donna un grand coup sur la teste , et sur ce mesme subject doht il avoit parié-, «que ses maifioas n'avaient point faict la guerrfe?; etM&wtèfort disoit que si, comme Charry l'a voit "diot, et *pr©u luy qvoittiré et Messe de ses gens en y passant auprès. M. de Causaont diot après (jpi'fl avoit este blessé par supercherie, et ledict Hautefbrt lenyaj ckmt > ëtpotor le cotip etpovcr lèsparottes, eh sortit si grande q«érelie qn'#nfm Hautefort tua CaurAont.daqs sa naiso** par l'intelligence et aûmée du <&pârâe 'Là Fezîe ^ très vaillant soldat et d£tormihépeffi gordiflL
Voylà le brôi office que M- de Gtayse fit à"Mv>dë Montluc *ik: prenant si inhala ^arolle pour luy. Àussy IVjrmoit il fort; mais il lètenpittrOp)bi«aiTeet imidmpatible , ^et : qu'il ne le fellbit guieres* hàntef «pri le vouloit aymer (di*oib*iL)^ atome jehiy ày «fey dira. Il servit pourtant très4)ien te Boy en <sc£ prentierfes guerres ci villes : aussi y gaigna i\ tressbtten là pièce d'argent; et luy y; qbù auparavant n'a voit pas Crawles finances, se' trouva à la fin deila guerre «voir Amsisés coffres cent ttitlletscuisj dont pour œ pe voulut avoir la totalle exterminât} <ta des Huguenote (dwoit^on)j, cPa&tànt qu'il tenoit cette maxime) qu'il ne falloit .^
BIORESSION SlMblfi-KiltOlf t>t$ ADRETS. 4 f
mai&alMtU* du tant eu desraciner un arbre qui p^odatait de fcèaqx %t%dns fhiicfe. il fbt 'fort drudl «piey <*n otftte £uenre/«t disofe on <pa<à l'em? ih fbisoSwt à qai 4e terdh pin», 4o£ cm te fcarondes Âdr^tz > quty 4e *ro caste tafeuenot, itotoit M*t, fort fe IVftàhtft des Cjrfhbttcjàét; eltfeoft on tprêt jr appiwqit'te&Wli- 6wà estrè tel* dt ae baigner dans lè<tati&» dèjfeftttjtf y. <pù depuis fot^sthaKqua/nes^spai^Af^ à fe 6***t Djudiafau i y /èt «o autre 1 jeune <pri ftit page dto H#p. L'aimé wranitwsUgede La Rocfcdiie, «ta ddfltrîftfe