XV. — Dévotion à Marie
Nous ne saurons bien que dans l'autre vie la altitude d'âmes dont cette tendre Mère aura demandé et obtenu le salut. Depuis le jour à jamais mémorable, jour béni entre tous tes jours, où Jésus expirant sur sa croix au, milieu des déchire-
ments et des angoisses, enjoignit à Marie d'adopter l'humanité tout entière et d'en devenir la protectrice assidue et la mère dévouée ; depuis ce jour, Marie, la bonne, l'excellente Marie n'a pas cessé un seul instant de recommander à Dieu et particulièrement à son propre Fils les enfants adoptifs confiés à son amour. Que de fois elle a arrêté la foudre qui se balançait en grondant sur des tètes coupables ! Que de fois elle s'est placée entre l'enfant rebelle, et le Dieu irrité qui voulait l'immoler à sa juste vengeance I Ah ! c'est sans doute à elle que nous devons de vivre encore, et de n'être pas condamnés à l'éternité de supplices que nous avons tant de fois méritée.
Afin donc de lui témoigner toute reconnaissance, et aussi pour nous rendre de plus en plus dignes de sa puissante protection, honorons-la d'un culte spécial. Yoici lés points principaux que se font un devoir d'observer les vrais enfants de Marie.
Penser souvent à elle ; réclamer sa protection, et l'honorer d'une confiance sans bornés.
Implorer son assistance toute particulière en trois circonstances : — Quand on entreprend une œuvre importante — quand on est sous le poids d'une grande affliction — quand enfin on est poursuivi par une tentation dangereuse : il faut, en de telles conjonctures, réciter avec ferveur quelques prières en l'honneur de Marie, et revenir souvent à la charge jusqu'à ce qu'on ait obtenu la faveur que l'on b ] licite.
Demander souvent à Marie la grâce d'une vie chrétienne et d'une sainte mort. On a souvent remarqué qu'une simple prière, quelque courte qu'elle I, 30
fut, un Ave Maria par exemple, récité tous les jours pour obtenir de Marie la double faveur que nous venons d'indiquer, procurait l'inestimable avantage d'une sainte vie et d'une mort de prédestiné.
Approcher des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie les jours où l'Église célèbre les fêtes principales de Marie, et se consacrer tout particulièrement à son service en ces heureux jours.
S'attacher à cette divine Mère et se déclarer son enfant chéri, en se faisant inscrire sur le registre de quelque association ou confrérie érigée en son honneur, ce qui procure des indulgences abondantes et une multitude d'autres grâces.
Enfin, propager le culte de Marie en recommandant avec zèle cette dévotion à toutes les personnes sur lesquelles on a de l'autorité, ou du moins quelque influence.
N'oublions pas que la dévotion à Marie, quand elle est fervente et soutenue, est une marque certaine de prédestination. Jamais, disent les Saints, Marie ne laissera périr éternellement ceux qui lui sont affectueusement dévoués.