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CHAPITRE IV

Avis et règles de conduite.

Les œuvres que nous allons recommander dans ce chapitre ne sont point des pratiques ou exercices de piété du genre de ceux qui ont fourni la matière du chapitre précédent. Non ; ce sont des

principes ou règles de conduite qu'il est très-important d'adopter, pour s'affermir dans l'heureux état où l'on se trouve après sa conversion, et pour la rendre de plus en plus agréable à Dieu, édifiante pour le prochain et consolante pour soi-même.

I, — Prendre dans le monde une position nette et bien dessinée

L'homme doit montrer en tout son caractère mâle et viril. Qu'il laisse h certaines femmes du monde ces petits biais avec Dieu, ces espèces d'accommodements et de transactions entre le monde et leur conscience, qui font que l'on ne sait si elles aiment plus les faux plaisirs du siècle que les joies réelles de la vertu. Pour nous, soyons hommes. Une fois convertis, dressons, formulons nettement notre manière d'être envers Dieu et envers nos semblables. Voyons, pour cela, quel est le degré de perfection de notre conversion.

Il y a des conversions si saintes et si complètes qu'elles dégoûtent entièrement de ce qui s'appelle monde, plaisirs du monde, jeux folâtres, spectacles, etc. Si vous vous sentez attiré dans cette voie par une conversion de cette nature, voyez, d'accord avec votre directeur, si cette séparation entière du monde et de ses joies est compatible avec votre position sociale ; si ce n'est point un mouvement passager de ferveur qui vous anime, et si enfin vous pouvez suivre l'inspiration que vous avez de mener une vie retirée. Quand vous aurez vu que vous pouvez vous fixer dans cette sainte voie, faites-le d'une manière si nette et si tranchée que si vous aviez quelque velléité de rétrogader, vous fussiez retenu par la pensée que le monde lui-

même vous renverrait à votre plan de conduite habituel.

Mais si votre conversion n'a pas ce degré de perfection ; si vous ne rompez pas entièrement avec le monde et avec quelques-uns de ses plaisirs, voyez, toujours d'accord avec votre directeur, jusqu'où vous pouvez aller, sans être tout à fait retiré, mais aussi sans compromettre l'affaire du salut, par excès d'indulgence pour vous-même. Et quand vous aurez vu le point où vous pouvez vous établir, fixez-y votre limite, de manière que le monde qui la verra soit le premier à dire : Il peut aller jusqu'ici ; mais il ne peut venir jusque-là ; ou, pour dire quelque chose de plus précis, il peut assister à une soirée, mais il ne peut pas se montrer au spectacle. Voilà ce que nous appelons prendre une position nette et bien dessinée. Cela est beaucoup plus important que plusieurs ne pensent. Il est certain qu'en agissant ainsi, on se pose à soi-même une loi, une obligation morale de faire le bien, et de se maintenir ferme dans la voie du salut.

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