‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 85 sur 92 · IV. — Un mot sur les lectures profanes · texte numérisé non relu

IV. — Un mot sur les lectures profanes

Nous avons déjà parlé des lectures en divers endroits ; disons-en cependant encore un mot à l'occasion de notre plan de conduite.

Adoptons comme règle invariable de ne nous permottre jamais aucune lecture mauvaise c'est-ài. 31

dire qui attaque de front la foi ou les mœurs. Cela nous ferait un mal incroyable, et d'ailleurs nous ne pourrions pas faire ces lectures sans péché grave. Ajoutons que toujours nous nous trouverions tristes et inquiets après les avoir faites. Chacune d'elles est comme une large goutte de fiel qui tombe dans la coupe des divines consolations.

Ne lisons pas même ces livres dont nous avons parlé plus haut, qu'on ne peut pas appeler obscènes, mais qui pourtant éveillent dans la région de l'âme où les passions sommeillent certains sentiments contre lesquels la conscience se soulève. Ces lectures conduisent souvent à d'autres plus mauvaises ; on en contracte l'habitude , et alors elles deviennent comme un mauvais besoin qu'on a la faiblesse de satisfaire. Eloignons-nous de cet abîme, et plantons-nous solidement en terre ferme.

Nous irions volontiers jusqu'à donner le conseil de ne pas lire certains ouvrages d'auteurs qui en ont fait de bons ou de passables, mais qui en ont fait aussi de fort mauvais. L'expérience apprend que lorsque l'on a pris goût à la trempe d'esprit et au style d'un auteur, on veut voir à tout ce qu'il a écrit. Le plaisir que l'on a éprouvé en lisant ses bons ouvrages excite le désir de prolonger ce plaisir en lisant les autres ; et, entraîné par cette tentation, on se permet des lectures d'autant plus dangereuses, que l'attrait du style séduit et est cause que, presque sans le savoir, on avale le poison dans le moment de l'ivresse.

Ne lisons que de bons livres : leur nombre est prodigieux, et nous en trouverons tant qu'il nous plaira qui nous procureront abondamment l'utile

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et l'agréable. L'histoire sacrée, l'histoire profane, les sciences naturelles et autres, la Littérature, la philosophie, les voyages, les bonnes revues delà France et de l'étranger, etc., etc., etc. La carrière est immense, et ce ne sonl pas les loisirs crime vie d'homme qui l'épuiseront jamais.

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