PREMIÈRE PARTIE
PRATIQUE DU ZÈLE PAR LE BON EXEMPLE. VERTUS SPÉCIA- LEMENT NÉCESSAIRES POUR RENDRE LE ZÈLE FRUCTUEUX.
— Le premier exercice du zèle, la condition sine qiiâ non de son succès, est incontestablement le bon exemple. Tonnez dans les chaires, exhortez au saint tribunal , montez à l'autel avec l'apparence de la ferveur; si votre vie n'est pas sainte, si votre conduite, si vos œuvres donnent un démenti à vos discours publics, à vos exhortations secrètes et à votre apparente ferveur , votre zèle ne sera qu'un airain sonnant et une cymbale retentissante. Donnons donc pour base, pour racine en quelque sorte, à notre zèle, une vie sainte, souverainement édifiante et vraiment digne d'un prêtre.
Sans doute, une telle sainteté suppose nécessairement la possession et la pratique de toutes les vertus, sans en excepter une seule; et si, dans la première partie de cet ouvrage , nous en passons plusieurs sous silence pour ne parler que de quelques autres, on aurait grand tort d'en conclure que
nous attachons peu d'importance à celles dont nous ne faisons pas une recommandation spéciale.
Comme, dans notre plan, nous considérons toujours les choses au point de vue du zèle, nous avons cru devoir nous borner à faire ressortir la nécessité des vertus qui étant, si l'on peut parler ainsi, plus extérieures, plus saillantes que les autres , frappent davantage les peuples, les édifient d'une manière toute particulière, donnent une haute idée de la sainteté de celui qui les pratique, et, par une suite nécessaire, contribuent puissamment à rendre son zèle efficace.