‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 34 sur 51 · IV · texte numérisé non relu

IV

Les pécheurs de cette seconde classe sont bien plus abordables que ceux de la première. Certaines précautions ne doivent pourtant pas être négligées, quoique l'on puisse dire qu'elles sont en général moins rigoureusement nécessaires que pour la classe supérieure. Du reste, rien de plus aisé que de savoir des parents et des amis quel est la trempe du caractère, la nature des habitudes, le degré d'endurcissement du pécheur que l'on veut convertir ; c'est ensuite sur ces diverses données que l'on organise son plan d'attaque.

— Les pécheurs dont il s'agit peuvent en général recevoir des conseils directs. Cela se conçoit ; ils ont le sentiment de leur position sociale, et s'ils ne se croient pas inférieurs à un prêtre, ils ne croient pas non plus lui être supérieurs. Les susceptibilités de l'orgueil sont donc moins à redouter que dans la première classe, et les conseils directs n'olTrent généralement que peu ou point d'inconvénients.

ICn retour de ces conseils, il ne faut pas être surpris de s'attirer parfois quelques mots railleurs, quelques quolibets, quelques propos un peu lestes. C'est souvenllàtouti'espritdes gens de cette classe, et il ne faut pas être surpris qu'ils en fassent parade devant un homme qu'ils croient capable de saisir la finesse de leurs pointes. Mais tout cela n'est rien pour un prêtre zélé ; il lui faut répondre à la raillerie d'une manière aimable, et quelquefois même par imo plaisanterie innocente et de bon goût ; puis, venir tout doucement et sérieusement à son affaire.

Si, delà plaisanterie railleuse, l'interlocuteur passait à la brusquerie et refusait positivement toute explication, il est clair qu'il faudrait en rester là, et attendre une occasion plus favorable ; mais presque toujours, avec de la douceur, des formes aimables, des démonstrations de dévouement et de zèle pour le salut des pécheurs, on sera favorablement accueilli.

— Quand la discussion est entamée, il faut éviter une vivacité passionnée qui, au lieu d'aider à la conviction, y mettrait obstacle. Il faut prendre bien garde de laisser échapper quelques mots humiliants. Un petit compliment, à l'occasion, vaudrait infiniment mieux. 11 ne faut pas non plus refuser d'entendre les raisons alléguées, quelque faibles qu'elles paraissent. On semblerait par là vouloir étouffer la discussion, et ces raisons, quoique pitoyables, paraîtraient d'autant plus fortes aux yeux de celui qui les proposerait que l'on semblerait affecter davantage de les mettre de côté. Non-seulement il ne faut pas avoir l'air de mépriser toutes les raisons qu'ils font valoir, mais si quelquefois ils disent certaines choses raisonnables, ou à peu près, on peut avec avantage leur montrer que l'on apprécie ce qu'il y a d'exact dans ce qu'ils viennent de dire.

Une concession, faite de bonne grâce et avec im semblant de générosité, peut souvent, quoique au fond elle soit sans importance, flatter beaucoup celui à qui elle est faite, et le disposer à mieux recevoir les raisons qui vont lui être proposées.

— Quand on voit que la conviction est opérée,

que toutes les objections sont victorieusement réfutées par des raisons dont la puissance est reconnue et ingénument avouée, alors sans doute il y a commencement de succès ; mais ordinairement il est encore loin d'être complet. Que de pécheurs, en effet, convaincus par des raisons solides, confessent qu'ils ont tort de rester pécheurs, et cependant ajournent encore indéfiniment, l'aveu de leurs fautes au tribunal de la pénitence !

Afm donc d'obtenir cette démarche qui sera le vrai signal de la victoire, il faut, dès que la conviction est opérée, et pendant que le pécheur est encore sous le poids des arguments dont il avoue l'irrésistible autorité, aborder de suite et sans détours le chapitre de la confession.

Ici, plus de raisonnements. L'esprit a fourni sa tâche, c'est au cœur à remplir la sienne. Du cœur! du cœur ! oui, voilà ce qu'il faut actuellement. Puisez au fond de ce cœur quelques traits touchants qui peignent en caractères de feu les ineffables délices que goûte un vieux pécheur après l'aveu de ses misères ; parlez à celui qui vous écoute, de la paix si douce que lui procurera le trésor d'une bonne conscience, du bonheur qu'il aura de penser à la mort, au jugement , à 1 éternité sans être effrayé.

Faites-lui part, avec de tendres effusions du zèle et de la charité, du bonheur que vous goûterez vous-même quand vous le verrez à vos pieds, et que vous serez à son égard l'instrument de la divine miséricorde. Dites-lui bien surtout que la confession dont il se fait un épouvantait est la source des plus abondantes consolations ; que l'aveu des

plus grands crimes ne fait aucune impression sur les confesseurs, obligés par état d'entendre tous les jours le récit des profondes misères de Fliumanité. Dite s -lui d'ailleurs qu'un oui ou un 7ion est souvent tout ce que le pénitent a à déclarer, le confesseur diminuant ce qu'il y a de pénible dans un aveu détaillé, parune multitude d'interrogations. Enfm, regardez la chose comme conclue, n'ayez pas l'air de supposer que l'on résiste encore, et obtenez, sur l'honneur, la promesse positive que tel joiu' et à telle heure on se confessera.

Il ne faut jamais manquer d'insister fortement pour obtenir du positif sur ce point. Autrement la conversion se trouvera rejetée dans un avenir vague et indéterminé ; ce sera une affaire manquée. La fixation du jour et de l'heure est donc de la plus haute importance.

Quelquefois, mais c'est rare, la grâce est si forte et Dieu bénit si visiblement les vives instances d'un saint prêtre, que le pécheur, n'y tenant plus, tombe subitement à ses pieds. Oh ! si dans ces heureuses occasions, le prêtre peut confesser ce pécheur dans le lieu où il se trouve, qu'il ne balance pas un instant à lui procurer la grâce qu'il sollicite ; et s'il ne peut l'entendre qu'à l'église, qu'il s'y rende sans délai, car le lendemain peut-être il serait trop tard.

Je me souviens d'un de ces grands traits de miséricorde qui me toucha beaucoup, il y a environ vingt ans. En considération de ma bonne intention, je prie qu'on me pardonne de me mettre (fuelques instants en scène. Un vieux pécheur, homme d'esprit et appartenant à la première de nos catégories, vint me faire visite, et comme il avait appris que

j'avais fait quelques cantiques, il témoigna le désir de les voir; je crus que l'occasion était favorable pour faire une tentative de conversion. Je choisis donc un cantique sur le retour du pécheur à Dieu, et je le chantai au pauvre prodigue que j'avais devant moi. Le premier couplet fut entendu avec beaucoup d'attention, le second avec plus d'intérêt encore, et les suivants avec une émotion toujours croissante. En voyant ce qui se passait, je sentais en moi-même une certaine ardeur que j'essayais de faire passer le moins mal possible dans mon chant. Enfin, arriva le couplet qui détermina la victoire ; il finissait par ces deux vers :

Tombe à ses pieds, mon pauvre enfant, Tu vas retrouver l'innocence.

S'il ne tomba pas aux pieds de Dieu, il tomba du moins dans les bras de son ministre qui surabondait de consolation. La conversion fut complète.

— Disons maintenant un mot des pécheurs de la troisième classe ; c'est-à-dire des paysans, des ouvriers, des domestiques, des pauvres, et en général de tous ceux qui composent ce que l'on appelle communément la classe inférieure de la société .

Dans cette classe, on trouve malheureusement beaucoup de désordres et de vices grossiers.

Les habitants des campagnes sont, en plusieurs diocèses, dans l'état le plus déplorable; ils ignorent la religion et ne paraissent jamais à l'église. Dans les diocèses où cette ignorance n'existe pas, on remarque un amalgame de pratiques religieuses

et (le passions brutales. L'incrédulité, clans plusieurs contrées , commence à s'infiltrer dans les masses : les hommes s'éloignent des sacrements ; les offices publics sont peu suivis, et, à côté d'un petit nombre de justes qui font la consolation des pasteurs, il y a une multitude de pécheurs plus ou moins endurcis, qui les affligent et les découragent.

Quant aux ouvriers, dans les villes surtout, c'est plus désolant encore. 11 y a chez eux, particulièrement dans certaines professions, un mépris de la religion et de ses ministres qui va jusqu'à la haine, et avec cela des vices brutaux et grossiers auxquels il est bien difficile de les arracher.

Enfin, que dire de la classe pauvre? 11 faut l'avoir étudiée de près pour savoir combien elle est ignorante, grossière, corrompue et abrutie. Tout cela fait vraiment frémir, et il faudrait n'avoir pas au fond du cœur une seule étincelle de zèle pour considérer do sang-froid tant d'àmes rachetées du sang de Jésus-Christ et tombant chaque jour par milliers au fond des enfers.

Cependant n'y a-t-il point des pasteurs qui, habitués à vivre au milieu de ces désordres, se familiarisent en quelque sorte avec le spectacle de ces iniquités, et laissent courir les pécheurs à leur perte éternelle ?

C'est pourtant bien à eux que les âmes de ces pécheurs ont été confiés par celui qui est mort pour les sauver. C'est lui qui dit par la bouche d'un de ses prophètes ces paroles terribles déjà citées, et qui ne peuvent jamais être trop méditées : Sangtdncm illoriim de marne tua reqiiiram.

— Par rapport aux pécheurs de cette troisième classe, un curé serait d'autant moins excusable de ne pas faire de démarches pour essayer de les convertir, que, de tous ses paroissiens, ceux-ci sont les plus faciles à aborder et souvent même à convaincre.

Ici, les conseils directs peuvent être employés sans le moindre inconvénient. Les paysans surtout et les pauvres recevront de tels conseils, non-seulement sans le trouver mauvais, mais même avec reconnaissance, je dirais presque avec une pointe d'orgueil. En effet, ils regardent comme un grand honneur qu'un curé qu'ils considèrent comme un de leurs hauts supérieurs, vienne les trouver tout exprès pour s'occuper du salut de leur âme.

Le riche peut supposer qu'un prêtre, qu'un curé a des motifs intéressés pour le venir voir. Au moins, il peut regarder cette visite comme l'accomplissement d'un devoir de bienséance. Mais un homme de la classe inférieure qui sait qu'un curé n'a rien à attendre de lui, et qui le voit venir dans son pauvre réduit, sans autre intention que de travailler au salut de son âme, quel sentiment peut-il éprouver, si ce n'est celui de la reconnaissance? Ahl sans doute, sauf des exceptions trèsrares, il sera bien reçu le pieux pasteur qui, par l'activité de son zèle, prouvera au phis pauvre de ses paroissiens que le salut de son âme lui est tout aussi cher que celui des riches.

— Quelquefois, cependant, il pourra bien arriver, mais c'est très-rare, que l'on soit reçu avec

mpolitesse, grossièreté, peut-être même avec une

certaine brutalité. Cela ne doit pas effrayer un prêtre zélé. Souvent tel pécheur qui lui aura fait une réception de cette sorte, lui donnera prochainement de grandes consolations, s'il répond à la grossièreté par de vifs témoignages d'intérêt, de zèle et de dévouement.

J'entrepris un jour la conversion d'un homme do cette classe qui était un des plus vieux pécheurs de ma paroisse. Il était, par nature, grossier et brutal. Ses voisins , qui connaissaient parfaitement son mauvais caractère, me plaignaient beaucoup quand ils me virent entrer chez lui pour essayer de le convertir. Effectivement , le premier regard qu'il me lança ne fut rien moins que gracieux, et ses premières paroles furent en rapport parfait avec son regard ; mais je ne fis pas semblant de m'en apercevoir, et après bien des circonlocutions et des détails étrangers à mon affaire principale, je glissai quelques mots de religion, puis, peu à peu, je prononçai le grand mot confession. A ce mot, mon homme ride soufrent, donne à son œil l'expression de l'indignation, et me dit : « Vous ! me confesser ! jamais, » jamais. Si je me confesse, ce ne sera pas à une » jeune barbe comme vous. Jamais, jamais. » Le jamais de ce vieux pécheur n'embrassait pas un avenir aussi étendu qu'il le pensait ; car vingt-quatre heures après cette séance, la jeune barbe le confessa.

— Un excellent moyen de travailler efficacement à la conversion des pécheurs de cette classe, consiste à leur rendre quelque service auquel ils attachent une haute importance. Une aumône un peu

forte, si c'est un pauvre que l'on veut convertir, on bien un prêt à une personne qui se trouve dans un embarras momentané, ou enfin un service quelconque qui procure une agréable surprise, ne manque jamais d'exciter au fond du cœnr de celui qui réprouve un vif sentiment de reconnaissance ; et quand la reconnaissance s'échappe d'un cœur, il est facilement accessible à la conviction.

Nous avons connu un pécheur qui n'approchait pas depuis longtemps des sacrements, et qui même n'assistait plus à la messe le dimanche. Un prêtre zélé entreprit sa conversion et l'obtint sans lui avoir dit un mot qui y eût rapport. Il avait rendu plusieurs éminents services à ce pécheur, qui ne crut pas pouvoir mieux remercier ce bon prêtre qu'en lui procurant la satisfaction de le voir revenir à Dieu de tout son cœur.

Si déjà, comme nous l'avons dit, le peuple de la basse classe se trouve fort honoré de la simple visite que lui fait son pasteur, et du témoignage particulier d'intérêt qu'il lui donne en venant exprès le trouver chez lui pour sauver son àme ; si cette simple démarche lui inspire déjà tant de reconnaissance, combien plus vivement doit-il en être pénétré, quand ce même pasteur lui rend un important service auquel il était loin de s'attendre !

On dira que ce moyen est propre à faire des hypocrites, et que plusieurs, pour faire plaisir àleur bienfaiteur ou pour en obtenir plus tard de nouveaux services, feront semblant de se convertir sans l'être en effet. Sans doute , cet inconvénient peut avoir lieu, car, hélas! de quoi n'abuse pas la malignité du cœur humain ! Cependant, il est certain que, lors

même que les pécheurs dont nous parlons auraient des vues hypocrites au moment où ils se déterminent à se confesser, un prêtre zélé, aidé de la grâce, peut aisément perfectionner les dispostions de ces pénitents par des exhortations touchantes sur les vérités terribles de la religion, ou sur d'autres points qu'il jugera plus propres à opérer une conversion radicale et complète.

— Voilà ce que nous voulions dire de particulier relativement aux pécheurs de la troisième classe. Quanta la manière de traiter avec eux, de disserter sur les matières de religion, de les amener à la démarche finale delà confession, il faut se reporter à ce que nous avons dit en parlant de la classe précédente.

Nous ajouterons seulement, en terminant ce chapitre, une observation générale qui regarde les trois classes et qui mérite d'être prise en grande considération.

11 faut éviter, autant que possible, de tenter une conversion par les divers moyens que nous avons indiqués, lorsque l'on n'est pas seul avec le pécheur que l'on veut gagner. S'il est en compagnie, fùt-il mêmeavecsesplusprochesparents,ilne sera jamais dans des conditions aussi favorables que si on est seul avec lui. Le respect humain est un des plus grands obstacles au salut; et dans la circonstance présente, on doit en redouter la maligne influence. 11 en coûte à un pécheur de voir toutes ses objections réfutées, il lui en coûte d'avouer qu'elles sont sans valeur, et que les raisons de son adversa're sont irrésistibles ; il lui en coûte surtout de pro-

mettre que tel jour et à telle heure, il ira s'installer au tribunal de la pénitence, et cela devant des personnes qui savent que, depuis trente ou quarante ans, il n'a pas fait cette démarche, et qu'il a même tourné peut- être en ridicule ceux qui la faisaient J D'ailleurs, le prêtre lui-même sera bien plus à son aise quand il sera seul avec celui qu'il veut convertir. L'expérience prouve que, dans ce têteà-tête, on est plus pressant, plus touchant, plus convaincant que lorsqu'on discute devant des personnes étrangères au débat. Quand surtout on vient à parler le langage du cœur, il est certain que, si l'on est seul avec celui que l'on veut gagner à Dieu, il se fait des effusions de zèle, des épanchements de charité qui n'auraient jamais lieu si d'autres personnes étaient présentes.

— On dira peut-être, après avoir lu ce long chapitre, que les pécheurs à convertir sont si nombreux dans certaines paroisses, que l'on se sent découragé à la seule pensée de mettre en pratique le moyen que nous venons d'indiquer pour les ramener à Dieu. Nous espérons qu'aucun de nos lecteurs ne cédera à cette tentation de découragement. Sans doute il est bien probable que, dans de telles paroisses, on ne parviendra jamais à convertir tous les prodigues qu'elles renferment ; mais est-ce donc une raison pour ne pas tenter la conversion d'un seul, et pour les laisser tous courir à leur perte éternelle ?

Travaillons toujours, sans nous effrayer jamais de la longueur de la tâche. Pouvons-nous mieux employer notre temps, quand les détails du mini-

stère nous en laissent de disponible, qu'à nous multiplier, en quelque sorte, par l'activité de notre zèle, pour gagner à Jésus-Christ des âmes qu'il rachèterait encore par une seconde mort, s'il était nécessaire ?

Nous décourager I Ah î nous ne serions pas les enfants des saints, si la vue d'une paroisse à convertir ébranlait notre courage et refroidissait l'ardeur de notre zèle.

Quand, en 1541, saint François Xavier, âgé de trente-cinq ans et demi, s'embarquait à Lisbonne pour aller conquérir les Indes, à la vue de cette gigantesque entreprise, le découragement le fit-il reculer d'un seul pas? Non certes; au contraire, la vue des immenses travaux qui l'attendaient redoubla la ferveur de sa charité et l'impétuosité de son zèle. Pendant la traversée , le désir ardent qu'il avait d'être au milieu de ses chers Indiens, lui faisait dévorer avec une sainte impatience les espaces qu'il franchissait, et donnait des ailes à son courage, bien loin d'en émousser la pointe. Aussi, quels fruits I quelle moisson! quelle conquête I En dix ans et demi, cet apôtre infatigable, cet autre Paul, plante la foi dans cinquante-deux royaumes, arbore l'étendard de la croix dans trois mille lieues de pays, baptise de sa main près d'un million d'infidèles, et rend le dernier soupir à quarante-six ans, sur un rocher de l'ile de Sancian, les yeux tournés vers la Chine, dont il est tout prêt à entreprendre la conversion, si Dieu veut lui donner encore quelques années d'existence.

Et nous î prêtres de Jésus-Christ comme Xavier! appelés comiuo lui à l'insigne honneur de sauver-

des âmes, nous scntii'ions défaillir notre courage à la vue d'une simple paroisse, parce qu'elle renferme trop de pécheurs pour que nous puissions espérer d'en faire la conquête! Ah! si tels étaient nos sentiments, humilions-nous à la vue de notre lâcheté, et hàtons-nous de ranimer une foi qui s'affaiblit et de réchauffer une charité qui s'éteint.

Page 1