‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 43 sur 51 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Rapports avec les lidiMes en géuéial, pour les porter à la pratique des bonnes œuvres.

— Quelque étendu que soit le bien que peut opérer un saint prêtre animé d'un vrai zèle, il est pourtant certain que ce bien sera beaucoup moins considérable s'il agit seul que s'il s'associe une masse de fidèles pour travailler de concert à la pratique des bonnes œuvres. Malheureusement,

on ne recourt pas assez souvent à l'emploi de ce moyen, qui produit cependant de si beaux résultats dans une multitude de paroisses.

Un curé timide, quoique pieux et même zélé, du moins en principe, n'osera pas s'adresser à tel ou tel de ses paroissiens pour lui suggérer une œuvre importante et réclamer son concours ; il craindra d'essuyer le désagrément d'un refus ; il se persuadera que sa démarche sera désapprouvée et qu'on le regardera comme un homme fatigant et importun. Un autre sera dépourvu de cette grande confiance qu'inspire le zèle quand il est ardent et animé d'une vive piété. Naturellement défiant, il croira difficilement au succès, quand il s'agira de quelque œuvre de zèle ; il se formera une idée peu charitable et même fausse des dispositions de ses paroissiens ; et sans avoir peut-être jamais fait un sérieux appel à leur zèle et à leur générosité, il ne croira point pouvoir compter sur eux pour la réalisation de quelque œuvre importante. A ce pasteur, ce n'est pas la hardiesse qui fait défaut, c'est la confiance ; et ce manque de confiance fait avorter des œuvres de zèle destinées peut-éire, dans les desseins de Dieu, à produire les plus admirables effets. Nous disons qu'elles avortent, ces œuvres, et ce mot est le mot propre. En effet, elles existent en germe, si je puis ainsi parler, dans l'àme du pasteur ; et pour le développer, ce germe, il ne faudrait qu'un peu de confiance. Ne l'ayant point, cette confiance, et ayant même une disposition tout opposée, les bonnes œuvres dont il s'agit sont frappées d'une affligeante stérilité. Osons, chers confrères, osons beaucoup, en fait

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