CHAPITRE II
Arrivée dans une paroisse. — Comment on doit se conduire les premiers jours. — De quelles vertus il faut déjà donner l'exemple.
— Nous ne traiterons dans ce chapitre d'aucune vertu en particulier. C'est d'un ensemble de vertus et non d'une vertu spéciale qu'il faut donner l'exemple au début de son ministère.
Il est beaucoup plus important qu'on ne le pense communément, de s'observer avec exactitude quand on fait sa première apparition dans la paroisse où l'on va se fixer pour exercer son zèle. On ne sait pas toujours assez jusqu'à quel point on captive les regards de ceux que l'on rencontre. Chacun veut voir, et le plus tôt possible, le nouveau pasteur. Encore si l'on ne voulait que le voir ; mais on va le juger, et voilà l'important. L'homme est ainsi fait ; dès qu'il voit, il juge ; peu de personnes portent un regard sans porter aussitôt après un jugement quelconque.
Or, d'après quelles connaissances notre débutant va-t-il être jugé ? Ses vertus et ses défauts sont encore inconnus ; ses habitudes, ses goûts, son caractère, tout ce qui n'est pas apparent à la première vue, est ignoré de la multitude. On ne va donc juger que d'après l'extérieur. Oui, l'homme extérieur est seul sur la sellette, mais il y est tout entier.