‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 6 sur 51 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ainsi ron observera, et avec une avidité sans pareille, la tournure, la tenue, les manières, les regards, le costume, l'air sombre ou enjoué, gracieux ou sévère ; on saisira surtout les premières paroles, et Ton remarquera si elles sont graves, mesurées, pieuses, ou au contraire, légères, badines, railleuses et peu édifiantes. Cela fait, chacun se retire emportant dans sa tête les pièces du procès, et avant le coucher du soleil, tout le monde a jugé le nouveau-venu.

Noirs ne disons pas que cette première sentence soit sans appel; avant de la déclarer irrévocable, les hommes graves et judicieux attendront les œuvres ; mais, dans les masses, les hommes graves sont toujours en minorité. Tous ou presque tous ont jugé ; tous ou presque tous vont s'appliquer à prouver qu'ils ont bien jugé ; et puis, il faut l'avouer, souvent, en pareil cas, on soutiendra son jugement parce que réellement le premier coup d'œil se sera trouvé juste. Concluons de l'ensemble de ces réflexions que tout prêtre, en arrivant dans une paroisse pour y exercer le saint ministère, doit s'observer avec plus d'exactitude encore que Ton n'en met à l'observer lui-même. Venons maintenant au détail, etposons les règles de conduite que suggère un zèle ingénieux en pareille circonstance.

— D'abord il faut être bien déterminé à mériter dans la paroisse la réputation de prêtre pieux, fervent et zélé, et se dire énergiquement à soi-même : Voilà l'opinion que je veux que l'on ait de moi dès le principe. Oui, je veux que les peuples soient convaincus tout d'abord en me voyant que je suis

animé de l'esprit de Jésus-Christ, que je vis de sa vie, et que mon extérieur pieux et modeste est comme le rejaillissement de la sainte ferveur qui embrase mon âme.

Quand on a pris résolument son parti de cette sorte et que l'on se rappelle fréquemment cette détermination, il est certain que, pour peu que l'on ait de jugement et de tact, on voit en chaque circonstance et jusque dans les plus menus détails ce qu'il convient de faire ou d'éviter ; au lieu que si l'on n'a pas appelé spécialement son attention sur ce point fondamental, on est moins sur ses gardes ; on se permet tout naturellement certaines manières, certaines légèretés, certaines paroles moins mesurées ; d'où résultent ces préjugés fâcheux dont nous avons parlé plus haut.

— On commettrait une grave imprudence, si la première apparition dans la paroisse était ce qu'on appelle en style de droit wie visite des lieux.

Voici, par exemple, un curé qui est appelé par son évêque à une autre cure ; il ne tient pas beaucoup à celle qu'il occupe ; cependant, il serait fâché de la quitter si celle qu'on lui propose ne lui offrait pas plus d'agréments. Que fera-t-il? Répondre sur-le-champ qu'il accepte ce qu'on lui propose ; c'est ce que la voix de Dieu lui suggère et ce que ferait assurément un saint prêtre ; mais la voix de la nature s'exprime autrement que celle de la grâce, et malheureusement, c'est elle qu'on écoute. La réponse à l'évêque est différée de quelques jours ; et ces quelques jours, on les emploie à prendre de divers côtés force renseignements, ou même à vi-

sitet furtivement la paroisse en question. Presbytère, jardin, église, sacristie, ornements, tout est exploré sous le voile d'un quasi-incognito. La réponse après cela ne se fait plus attendre. Mais qu'arrive-t-il ?

S'il accepte et qu'il vienne desservir cette nouvelle paroisse, les paroissiens apprennent, et bien vite, que leur nouveau pasteur a fait une descente sur les lieux, et que, s'il est à leur tête, c'est beaucoup moins par zèle pour le salut de leurs âmes que parce qu'il a trouvé plus d'agréments temporels dans cette cure qu'il n'en avait dans celle qu'il a quittée.

S'il refuse et qu'il reste à son ancien poste, ses paroissiens sauront bientôt qu'une autre cure lui a été offerte, qu'il a pris sur cette cure des renseignements très-exacts, et que s'il reste au milieu d'eux, c'est certainement parce qu'il n'a pas trouvé mieux ailleurs. Bien des prêtres ont eu à se repentir d'une telle imprudence.

— Le costume doit être propre, mais simple. La propreté ne doit pas être de l'élégance ; la simplicité ne doit pas être de la malpropreté. Rien, absolument l'ion, qui annonce la mondanité.

Ainsi (qu'on nous passe ces détails), pas de ceinture trop ricbe, surtout si c'est dans la campagne que l'on est placé; pas d'anneaux aux doigts, pas de symétrie affectée dans les cheveux, telle que la frisure artificielle et cette disposition soignée de la chevelure qui ne se fait pas d'elle-même, et qui semble annoncer que l'on n'est pas fâché, sur ce point, de se rapprocher un peu des élégants du

jour; rien, on un mot, qni indique qu'on pense à sa loilotle, qu'on la soigne outre mesure, qu'on cherche à se faire remarquer sous ce rapport et que l'on semhle, en plus d'un point, se conformer plutôt aux modes frivoles du monde qu'à la pieuse simplicité des bons prêtres. Ajoutons enfin que l'on doit porter et être bien résolu de porter toujours l'habit ecclésiastique complet.

A ceux qui, par hasard, seraient tentés de critiquer un peu les détails dans lesquels nous venons d'entrer, nous nous contenterons de poser deux questions. Pourquoi tous les saints prêtres font-ils exactement ce que nous venons de recommander? Pourquoi sommes-nous, à cet égard, parfaitement d'accord avec tous les prédicateurs de retraites pastorales?

— Plusieurs no s'observent pas assez sous le rapport du maintien, de la pose du corps, de la tenue, de la démarche, et, en général, des mouvements que l'âme imprime à tout l'extérieur. Les uns sont en cela d'une gravité de pédant; les autres, d'une indolence et d'un laisser-aller qui n'inspirent aucun sentiment de respect.

Le maintien doit être naturel et sans apprêt, mais grave, modeste et pieusement recueilli. Quant à la démarche, elle doit être, comme tout le reste, empreinte de naturel, de dignité et plutôt lente que rapide. On ne saurait éviter avec trop de soin ces mouvements brusques et fréquents, soit de la tête, soit des bras ou des jambes, lesquels annoncent presque toujours de la légèreté, de l'immortification, et en général peu de piété.

Qu'on y prenne garde; chacun de ces points pourra paraître de peu d'importance, minutieux même aux yeux de quelques-uns ; et cependant, celui-là seul qui sera fidèle à les observer fera dire de lui, quand on le verra pour la première fois : Yoici un saint prêtre qui nous arrive.

— Un point très-important et qui, pour cela, mérite un article spécial, c'estla modestie du regard. Nous l'avons dit; un prêtre nouvellement arrivé dans une paroisse, surtout s'il y vient comme curé ou comme vicaire, captive tous les yeux. S'il considère lui-même tout ce qui l'environne, il arrivera que ses regards rencontreront ceux de plusieurs curieux qui l'observent, etl'ondira qu'il est curieux lui-même, léger, peu modeste, trop hardi; les méchants diront même qu'il a l'air effronté, et ne tarderont pas à lui faire une réputation de légèreté qui nuira, dès le début, aux fruits de son ministère.

Il ne faut donc pas jeter les yeux çà et là avec un air curieux et dissipé, ni les arrêter fixement sur les personnes qui se rencontrent, surtout si elles sont de sexe différent. Faut-il les tenir tellement baissés, qu'ils semblent presque fermés? Non : cela paraîtrait affecté. La règle la plus sage que l'on propose en ce point, c'est de porter habituellement son regard vers la terre, mais à quatre ou cinq pas en avant. Si, de fois à autres, on croit convenable de lever les yeux, il faut tâcher alors de leur donner cette expression de douceur, de bonté, de candeur et de modestie qui plaît à tout le monde, parce qu'elle est comme le reflet de la sérénité d'ime âme bien réglée.

— Viennent maintenant les premières visites, les visites en règle que Ton fait dans la paroisse ; visites auxquelles non-seulement on ne doit pas manquer, mais qu'il ne faut pas même difTérer notablement.

C'est ici que rimportance redouble et que la vigilance doit devenir plus exacte et plus attentive. C'est en cette circonstance que l'on va être infailliblement jugé. Toutes les paroles du nouveau pasteur vont être recueillies, pesées, interprétées, reportées aux amis, aux voisins, avec accompagnement de gloses et de commentaires dans lesquels une critique mordante aura souvent la plus large part.

Voulez-vous la désarmer cette critique? Soyez bon, ouvert, aimable, naturel et sans ombre de prétention. Parlez peu et avec une lenteur convenable ; n'interrompez point vos interlocuteurs, et faites voir que ce qu'ils disent vous intéresse. Placez à propos, et avec l'accent de la vraie piété, quelques paroles d'édification. Un mot à la louange de M. le curé, si vous venez comme vicaire, ou de votre prédécesseur, si vous venez comme curé, sera, pour l'ordinaire, favorablement accueilli. Un petit éloge de la paroisse, accompagné de l'expression de la joie que l'on éprouve d'être appelé à y exercer le saint ministère, ne peut aussi que produire un heureux effet.

— A l'occasion de ces premières visites, insistons particulièrement sur les principaux défauts qu'on doit y éviter.

En entrant dans chaque maison, il faudrait se

dire avec esprit de foi : Je vais déposer ici quelques semences d'édification. Placé sous l'influence de cette pieuse pensée, on verrait parfaitement les défauts à éviter.

Ainsi, très-certainement, on s'abstiendrait de ce flux de paroles toujours inconvenant, mais doublement répréhensible dans la circonstance présente. Ainsi encore, on éviterait ces éclats de rire bruyants qui annoncent un vice d'éducation et un grand fonds de légèreté. Ainsi encore, on réprimerait la liberté trop grande de ces gestes et de ces manières condamnées parla civilité chrétienne, mais bien plus condamnés encore par la civilité sacerdotale. Ainsi encore, on mettrait des bornes à cet enjouement excessif qui convertit tout en plaisanterie et en pointes, ce qui fait acquérir dès le principe la réputation de jovial et de badin. Ainsi enfin, on déposerait cet air froid, sombre et refrogné qui déjà ferait dire à plusieurs pécheurs : Ce n'est pas encore à celui-ci que nous irons à confesse.

— Mais allons à l'église. L'office nous y appelle et un nombreux troupeau nous y attend avec impatience. C'est ici encore qu'une nouvelle sellette est dressée pour le nouveau pasteur.

S'il entre d'un air dissipé ; s'il néglige de prendre de l'eau bénite et de regarder môme o'i se tiouve le bénitier; s'il marche avec précipitation et sans dignité; s'il adore le très-Saint-Sacrement sans annoncer un sentiment de dévotion bien marqué ; si, pendant cette courte adoration, il regarde à droite et à gauche, les tableaux, les statues, les autels latéraux, la structure de l'église, voilà un

homme jugé. Sans doute on ne dira pas : c'est un mauvais prêtre; mais personne ne dira : c'est un saint ; et ce sont ces dernières paroles qu'il faudrait forcer le peuple à dire, si l'on voulait poser la première condition d'un ministère fructueux.

Et qu'on ne dise pas qu'il n'y a point de péché à ceci ou à cela. Ce n'est pas là la question. Voulezvous, oui ou non, conquérir, dès le principe, la réputation de saint prêtre? Si vous visez, comme vous devez le faire, à cette réputation, et si réellement l'esprit de la piété vous anime, manifestez au dehors ce que vous êtes au fond du coMir et présentez-vous tout d'abord comme se présenterait un saint prêtre.

Mais que serait-ce si, avant la première messe que l'on va célébrer, on restait une ou deux minutes seulement à genoux, sans recueillement extérieur ni apparence de piété? Que serait ce si l'on disait cette messe avec une extrême rapidité, sans gravité, sans modestie, sans cet air pénétré qui, chez les saints, touchait plus les peuples que les sermons les plus éloquents? Que serait-ce si, pour action de grâces, on restait à causer et peut-être à rire à la sacristie, de manière à troubler et à scandaliser les pieux fidèles qui font souvent après r office quelques prières particulières au pied des saints autels?

Oh! qu'il est important de s'observer avec attention, quand on remplit dans une paroisse les premières fonctions du saint ministère. Quelques-uns semblent vouloir faire remarquer leur chant; assurément ce n'est pas leur intention; mais ils enflent ou modulent leur voix avec une alleclation dont IV. 3

tout le monde est frappé, ne sachant pas ou ne voulant pas savoir que si l'on doit chanter aussi bien qu'on le peut, on doit éviter avec le plus grand soin tout ce qui porte le cachet d'une prétentieuse vanité.

D'autres font avec une promptitude et ime négligence inexcusables les fonctions du ministère qui n'ont pas d'éclat, et déploient une pompe et une emphase extraordinaires pour celles qui ont un grand nombre de témoins. Comment ne pas voir que ces défauts, mis au grand jour dès qu'on arrive dans une paroisse, retiennent au fond des cœurs la conQance qui s'en serait naturellement échappée, si on l'eut gognée par cette aimable modestie, cette pieuse candeur et cet extérieur angélique auxquels rien ne saurait résister?

Puisque nous sommes encore dans l'église, disons un tout petit mot du premier sermon que Fou se dispose à y faire. Tout esprit juste conviendra que ce discours doit être doux, bienveillant, paternel, et annoncer un zèle actif et pleiji de bonté. Tel en doit être le fond ; quant aux détails, il est clair qu'ils varieront selon les circonstances des temps, des lieux et des personnes.

— Parmi les œuvres de zèle que l'on se propose d'entreprendre en arrivant dans une paroisse, la réforme des abus tient un des premiers rangs. Quand on quitte une paroisse bien réglée, et que l'on vient en administrer une où régnent plusieurs désonh-es, on en est si ])éniblement frnppé que, dès les premiers jours, on veul se mettre en voie d'exterininalloii. Prenons garde , prenons bien

garde ; recueil n'est pas loin de la nacelle ; et combien de pilotes ont payé cher une imprudente et téméraire manœuvre !

Quand on est frappé de ces nombreux abus, la première chose à faire n'est pas de les détruire, mais d'en prendre note, afin de les attaquer plus tard in temporc opportuno. Nous disons en prendre note ; car bientôt nous pourrions, comme notre prédécesseur, nous familiariser avec eux et les léguer à d'autres comme ils nous furent légués à nous-mème. Ne les perdons pas de vue, mais avant de leur faire une guerre ouverte, étudions la paroisse et l'esprit dont elle est animée ; parlons de l'abus que nous voudrions détruire le premier à certaines personnes influentes et qui entraînent la masse des paroissiens quand elles prennent un parti. Voyons si l'on tient beaucoup au point qui nous choque, et si, en l'attaquant, nous ne soulèverons pas contre nous une violente tempête ; car, s'il en devait être ainsi, il est certain que, généralement parlant, il faudrait ajourner ses projets de réforme.

Si l'abus était tellement criant qu'il ne fut pas possible de le tolérer, nous pensons qu'il ne faudrait pas encore se mettre à l'œuvre avant d'avoir consulté les supérieurs; et dans cette consultation on ne devrait pas se borner à faire ressortir ce qu'il y a de désordonné dans l'abus que l'on veut détruire ; mais il faudrait mettre en regard les inconvénients plus ou moins graves que l'on entrevoit si on l'attaque.

Dans le cas où il ne conviendrait pas d'attaquer de front cet abus, faudrait-il perdre courage et re-

noncer à tout projet de réforme? Non, assurément. Que faut-il donc faire? Il faut peu à peu, avec tact et discernement, préparer les esprits et les amener tout doucement à ce que Ton désire; il faut profiter des occasions qui se présentent pour faire voir les inconvénients de l'abus et les avantages de sa destruction. Si les premières ouveriures sont goûtées, on fait plus tard une seconde tentative, et l'on fmit quelquefois par atteindre ainsi son but sans trouble ni secousse.

Au reste, le grand moyen de succès en de telles circonstances, c'est de gagner à un haut degré l'estime et l'affection du troupeau. On doit toujours commencer parla; c'est une espèce de passe-port que l'on se fait délivrer parla paroisse, et à l'aide duquel on fait sans danger et avec un grand profit spirituel une foule de petites excursions de zèle, sur un terrain brûlant que ne pourrait jamais aborder un pasteur impérieux et trop ardent.

— Si les réformes que l'on veut opérer consistaient à supprimer certaines pratiques pieuses qui se font à l'église depuis nombre d'années, il faudrait délibérer bien longtemps avant de faire cette suppression. Souvent ces usages pieux ont une origine fort respectable et fort respectée de la population; on doit prendre des informations sur cette origine, et craindre beaucoup de s'attirer l'animadversion des personnes qui foiit de la dévotion une profession spéciale.

On ne doit pas, sans doute, établir légèrement ces sortes d'usages qui lient les curés futurs à perpétuité; mais quand on les trouve établis, on a

toujours mauvaise grâce à les détruire. Souvent ils auront été fondés par un curé vénérable, dont toute la vie fut simple et dont la mémoire est encore bénie dans la paroisse. Ce saint pasteur, on le regardera comme oiïensé, en voyant détruire par un jeune curé, que Ton connaît à peine, ce qu'il avait établi avec tant de zèle et ;le piété.

Le peuple, sans doute, ne voit pas toujours juste ; mais on doit tenir compte de la faiblesse de son jugement, et ne pas attaquer ouvertement ses idées, fussent-elles erronées, puisqu'il y tient aussi fortement que si elles étaient d'une justesse parfaite. Ce peuple, d'ailleurs, avec son gros bon sens, ne pourra jamais se persuader que c'est par piété que l'on détruit les œuvres de piété. On a vu bien des curés qui ont eu k se repentir d'avoir voulu opérer de telles réformes.

— Lorsqu'on a parfaitement observé, et en public et en particulier, les règles de conduite que nous venons de tracer, il est impossible que l'on ne produise pas dans tous les esprits une heureuse impression ; et si les œuvres de zèle viennent ensuite fortifier chaque jour cette première impression, on peut être certain que des fruits abondants de salut seront la récompense d'un ministère exercé avec tant de dévouement, de sagesse et de piété.

Nous recoQimanderons cependant de se tenir en garde contre les élans d'un zèle que nous pourrions appeler zèle de boutade ou d'enthousiasme. Certains caractères vifs et bouillants entreprennent avec ardeur, mais abandonnent bientôt leurs entreprises. En arrivant dans une paroisse, des hommes de

cette trempe auront en même temps vingt projets en tète; au lieu de les réaliser prudemment l'un après l'autre, ils les mettront tous à la fois en voie d'exécution et finiront par n'en exécuter aucun.

Faisons, au début, ce que nous croirons pouvoir continuer; mais n'entreprenons pas ce que nous sommes à peu près certains de ne pouvoir achever.

Il vaut mieux promettre peu à une paroisse et lui donner beaucoup, que de lui faire de brillantes promesses et lui donner peu de chose. Si notre zèle prend de jour en jour de nouveaux développements, de jour en jour aussi nous acquerrons de nouveaux droits à l'estime publique ; cette estime, n'en doutons pas, croîtra dans la même proportion que notre zèle; mais si, après avoir annoncé des merveilles, nous n'opérons que de petits prodiges, on rira d'autant plus de nos petits prodiges, que nous aurons mis plus de pompe à annoncer nos merveilles.

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