‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 16 sur 46 · C II A P I T R E Y · texte numérisé non relu

C II A P I T R E Y

Obéissance. — Devoirs du prêtre envers son évèque et les

dépositaires de son autorité.

— S'il est un trait distinctif et vraiment caractéristique du saint prêtre, c'est l'obéissance filiale à son évèque et l'amour respectueux qu'il professe pour sa personne sacrée ; de même que la marque infaillible d'un prêtre qui n'est pas selon le cœur de Dieu est la résistance directe ou indirecte aux volontés de son évèque et le peu d'attachement et de respect qu'il lui témoigne.

Un des plus beaux spectacles que la terre puisse offrir est sans contredit celui d'un diocèse gouverné par un saint évèque et renfermant un nombreux et édifiant clergé qui lui obéit comme à Dieu même, et qui se plaît à lui donner en toute rencontre des m. 13

preuves incontestables de son profond respect et de son attachement cordial. Quand cette heureuse famille — car c"en est réellement une — consomme son unité en s'inclinant respectueusement et amoureusement devant le Souverain Pontife qui en esl le centre, alors la terre admire et le ciel applaudit, Ne souffrons pas, chers confrères, que ce parfail accord soit détruit ou même simplement altéré pai un seul d'entre nous. Serrons nos rangs pour faire tète à l'ennemi qui voudrait bien nous diviser poui nous vaincre ; abjurons nos plus légères discussions; groupons-nous autour de nos chefs; soyom de petits agneaux parfaitement soumis aux pasteurs chargés de nous conduire , et regardons comme un devoir d'alléger par notre obéissance ei notre amour le lourd fardeau qui leur est imposé

— Nous devons obéir à notre évêque, nous de vous le respecter et l'aimer pour plusieurs raisons que nous connaissons parfaitement et qu'il suffri d'indiquer : — Parce qu'il est le lieutenant de Jésus-Christ à notre égard ; — parce que c'est t lui-même, en la personne des apôtres dont il esl le successeur, qu'il a été dit : Qui vos audit mt audit, qui vos spernit me spernit; — parce que toul l'ordre hiérarchique est détruit si nous n'obéissons pas à celui qui en est la base ; — parce que nous lui avons fait la promesse la plus positive de l'obéissance et du respect au jour de notre ordination : Promittis mihi et successoribus meis reverentiam et obedientiam ? — Promitto ; — parce que nous scandaliserons nos confrères et l'assemblée des fidèles si nous manquons de respect et d'o-

béissance envers notre évêque ; — parce que Dieu ne bénira point notre ministère, si nous n'honorons pas celui qui nous l'a confié de sa part.

Qu'on dise s'il est possible d'appuyer l'obligation d'un devoir sur des raisons plus solides et plus convaincantes.

— Nous le répétons, ces diverses raisons nous sont connues et n'ont besoin que d'être rappelées pour obtenir notre assentiment complet. Mais il en est une encore qui touchera probablement plusieurs de nos lecteurs. Cette raison se prend du côté de nos vénérables pontifes eux-mêmes.

Nous devons obéir à notre évêque et lui témoigner beaucoup de respect et d'amour, parce que cette conduite, de notre part, lui procure la plus douce consolation qu'il puisse goûter au milieu des sollicitudes de sa charge.

Il est généralement assez naturel non-seulement de ne pas plaindre, mais même de trouver heureux ceux qui occupent des postes distingués. Dans ces emplois honorables, les inférieurs ne voient que l'élévation, l'indépendance, l'autorité, les honneurs et les avantages matériels qui sont le partage des hauts dignitaires qui en sont pourvus. Or, comment plaindraient-ils ceux qu'ils se représentent dans un état si prospère ?

Cette réflexion, qui s'applique à toutes les dignités en général, trouve son application dans le clergé même.

Nous savons bien que nous pourrions aisément contrister notre évêque, et que nous n'aurions pour cela qu'à secouer le joug de son autorité,

ou à le mettre par notre mauvaise conduite dans l'obligation de nous frapper de quelque censure. Mais savons-nous de même qu'il dépend de nous, si nous le voulons, de lui procurer des consolations réelles et un bonheur véritable? Convenonsen, chers confrères, non, nous ne savons point cela. Bien plus, nous ne pouvons guère comprendre que cela puisse être. Quoi ! dira quelque pieux pasteur, moi, retiré, ignoré, oublié au fond de mon village, à trente lieues de mon évèque, qui assurément ne pense guère à moi, je puis lui procurer des consolations et accroître son bonheur et sa joie ! Cela n'est point, cela ne peut pas être.

Il faut bien le reconnaître, voilà la disposition générale des esprits dans le clergé ; voilà même la disposition des prêtres les plus édifiants, qui aiment sincèrement leur évèque, qui le respectent profondément, et qui lui obéissent en toutes choses avec une inviolable fidélité. Ils font tout cela par devoir, par esprit de piété, pour obéir à leur conscience, et avec beaucoup de mérite assurément ; mais, du reste, ils ne pensent guère en agissant ainsi à procurer des consolations à leur premier pasteur. La cause de ceci est que nous ne connaissons point les sentiments intimes d'un évèque dans son diocèse : ceux-là seuls qu'il admet dans le secret de son conseil, et qui partagent le poids de son ministration, savent combien est accablant le fardeau de responsabilité qui lui est imposé. Les autres membres du clergé ne voient que les distinctions qui accompagnent la charge épiscopale, et ne voient point la charge elle-même : Vnctionem vident, crucsm non vident.

•- En supposant, ce que nous sommes loin d'admettre, que nos dignes pontifes aient pu être, dans le principe, éblouis quelque peu par la séduction des honneurs, il est certain que cet éblouissement a été de fort courte durée, et que bientôt la réalité de leur pénible sollicitude a remplacé le prestige de leur dignité.

Nous ne nous persuadons pas aisément qu'il en soit ainsi : cela se conçoit. En fait de peines, nous ne sommes vraiment bien sensibles qu'à celles que nous éprouvons nous-mêmes ; quant à celles des autres, et de nos supérieurs en particulier, nous les croyons toujours bien moins vives que les nôtres ; et puis, comme nous l'avons dit plus haut, nous les trouvons amplement compensées par les avantages considérables dont jouissent ceux qui les endurent. .

Mais si nous étions, comme l'évèque, les confidents des embarras et des petites tribulations du clergé de tout un diocèse ; si tous les jours nous étions informés des sujets de plainte que croit avoir un curé de la part de son vicaire, ou un vicaire de la part de son curé ; si d'un autre côté, les administrateurs civils, les instituteurs, et une multitude de fidèles nous étourdissaient à chaque instant du bruit de leurs plaintes, de leurs réclamations, de leurs reproches, de leurs accusations contre leur pasteur, et réciproquement ; si chaque courrier nous apportait -une masse de lettres qu'il nous serait pénible d'ouvrir parce que nous saurions d'avance qu'elles vont plutôt nous contrister que nous réjouir ; si nous étions habituellement confinés dans notre cabinet, tantôt accablés de vi-

sites fastidieuses, tantôt occupés d'affaires administratives d'une sécheresse rebutante, alors trèscertainement il s'opérerait dans nos idées un changement notable ; alors nous comprendrions qu'il y a autre chose qu'une honorable dignité sur la tète d'un évèque, et que la croix qui décore sa poitrine n'est pas simplement un signe de distinction, mais qu'elle est aussi le vrai symbole de ses peines et de ses ennuis de chaque jour.

Ajoutons à cela que l'évèque, quoique pasteur souverain de tout son diocèse, n'a pas à beaucoup près les éléments de consolation qui sont le partage d'un pasteur de second ordre, d'un curé dans sa paroisse, par exemple. L'évèque embrasse tout le troupeau en général, mais il n'est pas en relation spéciale avec les brebis qui le composent. Le curé a dans son ministère les joies et les consolations sous sa main, si l'on peut ainsi parler : l'évèque au contraire n'a sous sa main que des épines ; il ne jouit guère que des consolations des autres. Quoi de plus heureux qu'un bon et gaint curé, tendrement aimé de ses paroissiens qu'il édifie, des pauvres qu'il assiste, des affligés qu'il console, des petits enfants qu'il instruit, des vieux pécheurs qu'il convertit ! Tous les jours, ce sont pour lui des consolations nouvelles et vivement senties, consolations que l'évèque ne goûte plus et ne peut plus goûter. Placé au sommet de la montagne pour avoir l'œil sur tout son troupeau, il ne descend point dans la plaine pour y goûter de cœur à cœur les joies de la famille.

Si donc nous nous faisions une juste idée de cette position d'un évèque dans son diocèse, et si

nous avions pour lui un amour tendre et vraiment filial, nous nous emploierions certainement, selon nos faibles moyens, à diminuer le poids de sa charge.

— Nous comprenons cela, diront sans doute quelques lecteurs ; mais quelles joies, quel bonheur pouvons-nous procurer à notre évêque , n'ayant avec lui que des relations excessivement rares ?

Yoilà précisément où nous en voulions venir. En réfléchissant un instant sur le point que nous traitons, il est une pensée qui se présente tout d'abord à l'esprit, c'est que c'est surtout de son clergé qu'un évêque est en droit d'attendre des consolations. Quelque rares que soient ses rapports avec quelques-uns de ses prêtres, ils sont cependant bien plus fréquents encore qu'avec les simples fidèles. Malheureusement, par suite de l'affaiblissement de la foi, les masses populaires, surtout en certaines régions, n'ont pas pour la personne sacrée d'un pontife cette vénération profonde et ce tendre attachement dont les témoignages publics et animés d'une foi vive lui procureraient de si douces émotions. On le laisse tranquille si son administration est paternelle; mais on le jugerait avec une extrême sévérité si, par quelque mesure, il froissait tant soit peu les populations. Point donc, en général, de grandes consolations pour lui sous ce rapport. Nous le répétons, c'est de son clergé surtout qu'il doit les attendre, et nous allons comprendre tout à l'heure qu'elles ne lui manqueraient pas, qu'elles lui arri-

veraîent même de tous les points de son diocèse

avec une inépuisable abondance, si nous étions à son égard ce que nous devons être.

Supposons eu effet que nous avons tous pour notre évèque un respect profond, un attachement vif et sincère, un dévouement complet, une obéissance aveugle, prompte, universelle et vraiment filiale ; supposons que nous respectons et faisons respecter tous les actes de son administration, que nous nous conduisons de manière à ne mériter que ses éloges et jamais ses blâmes, que nous le consultons comme des enfants consultent leur père, que nous le tenons au courant de notre ministère, lui racontant nos peines pour qu'il nous aide à les supporter, nos succès et nos joies pour qu'il ait le plaisir de les partager, et que tous ces bons sentiments de respect, d'attachement et de soumission, nous tachons de les inculquer dans l'esprit des populations, afin qu'elles s'attachent tendrement à leur premier Pasteur quand elles le verront parmi elles, et qu'elles l'accueillent avec ces transports de foi, d'amour et de saint enthousiasme que faisaient éclater nos pères en ces solennelles occasions. Supposons, disons-nous, qnenous nous conduisons tous de la sorte à l'égard de notre évèque, et qu'il ait la certitude d'avoir en chaque membre de son clergé un coopérateur fidèle, soumis, cordialement dévoué, un saint prêtre enfin, qu'il chérit tendrement, parce qu'il sait qu'il en est lui-même tendrement chéri. N'est-il pas de toute évidence qu'un tel évèque, dans l'effusion de son cœur reconnaissant, ne cesserait de bénir la divine Bonté de l'avoir appelé à gouverner un diocèse si

digne de ses travaux et de ses veilles? N'est-il pas certain que, comme saint Paul, il s'écrierait avecun indicible bonheur : « Brebis chéries, vous êtes ma couronne et ma gloire, vous me remplissez de consolation, vous me faites surabonder de joie au milieu de mes fatigues et de mes sollicitudes; » Multa mihi gloriatio pro vobis; replctus sum consolations : superabundo gaudio in ornai tribulatione... Gaudeo quod in omnibus confido in vobis.

Nous ne savons ce que ces considérations produiront sur l'esprit et le cœur de nos hien-aimés confrères ; nous croyons cependant qu'elles les pénétreront d'un sentiment d'amour et de vénération pour leurs dignes pontifes.

Pourquoi faut-il que de la beauté, de la perfection de l'idéal, nous ayons à descendre dans l'imperfection, peut-être même, hélas ! dans la misère du réel ?

Voyons donc avec quelque détail comment nous remplissons nos devoirs envers celui qui tient à notre égard la place de Pieu même.

— Quelquefois, avant même que l'évèque qui nous est destiné ait pris les rênes du diocèse auquel nous appartenons, nous faisons déjà quelques pas sur le terrain de l'opposition et de l'indocilité. Au lieu de prier et de faire prier beaucoup pour obtenir de Pieu un digne et saint pontife ; au lieu d'attendre en paix le résultat de nos prières et de nos bonnes œuvres, nous disant à nous-mêmes que la responsabilité du choix de ce pontife ne pesant point sur nous, nous aurions tort de nous inquiéter, puisque, après tout, quel que soit Fera. 13.

vèque qui nous gouverne, nous pourrons toujours nous concilier ses bonnes grâces en vivant saintement et en sauvant des âmes ; au lieu de cette conduite si sage et si bien pratiquée par les saints prêtres, nous vivons dans un état de crainte, d'inquiétude et de préoccupation plus nuisible que profitable. Nous allons plus loin : le désir impatient de connaître notre auguste chef nous fait prendre de différents côtés des informations minutieuses, et quand nous sommes parvenus à découvrir l'élu du Seigneur, alors il faut que nous sachions ce qu'il est, ce que l'opinion publique en pense, quels sont ses principes sur tel ou tel point, quel est son caractère, quels sont ses antécédents, ce que pense de lui le clergé du diocèse d'où il vient, et mille autres détails dont nous nous remremplissons la tète et sur lesquels nous basons déjà une appréciation quelquefois peu charitable. Encore si nous gardions pour nous ce mauvais fruit de nos curieuses recherches ; mais en ceci comme en bien d'autres circonstances, nous voulons savoir pour avoir le plaisir de raconter. Nous redisons donc à nos confrères tout ce que nous avons appris, et, en échange de nos communications, nous recevons d'eux la confidence de quelques faits nouveaux dont nous grossissons notre répertoire. Tout cela se passant de la sorte sur les divers points du diocèse, on conçoit que l'opinion du clergé se forme d'avance, et que si cette opinion n'est pas favorable au nouveau prélat, il trouvera déjà tous les esprits prévenus contre sa future administration, ce qui sera évidemment très-nuisible au succès qu'il en attendait.

Que faire pour éviter cet inconvénient dont les suites sont souvent bien plus fâcheuses qu'on ne s'imagine ? Que faire ? Nous l'avons déjà dit : imiter les saints prêtres, qui ne s'embarrassent point dans ces frivoles enquêtes et qui emploient à prier, à faire de bonnes œuvres et à remplir paisiblement leur ministère, le temps que leurs confrères dépensent en entretiens inutiles et plus qu'inutiles, attendant avec calme de la divine Providence celui qu'elle destine au gouvernement du diocèse. Que faire encore ? Ne rien entendre, autant que possible, et surtout ne [rien dire qui puisse paralyser d'avance l'action d'un évêque qu'il faudra en conscience seconder bientôt de tout son pouvoir par une coopération sincère et dévouée. Que faire enfin ? Calmer les esprits autant qu'on le peut dans la contrée que l'on habite, et, sans vouloir faire la leçon à ses confrères , essayer cependant de les amener à la pratique des règles de conduite qu'on observe soi-même. Telle est en cette occurrence la manière d'agir d'un prêtre qui ne prend pour guides que la charité, la prudence, le vrai zèle et les inspirations d'une solide piété.

— Mais plaçons-nous dans les circonstances ordinaires et sous la direction actuelle de l'évêque qui nous gouverne. Nous lui devons incontestablement l'obéissance, le respect, l'amour filial et l'appui d'un concours sincère et dévoué. Voilà ce qu'il est ravi de trouver dans le saint prêtre ; voyons s'il le trouve en nous-mêmes.

Et d'abord, un point essentiel, c'est, il faut en convenir, l'obligation pour tout prêtre d'accepter

l'emploi que son évèque lui assigne. Que deviendrait l'administration épiscopale si elle se mettait à la merci des goûts, des caprices, ou des volontés formellement exprimées de ceux qu'elle régit ? Cette administration serait-elle possible, et n'est-il pas évident qu'une multitude de postes peu envies resteraient inoccupés si aucun prêtre ne voulait s'y rendre, et si l'évèquc se soumettait à ces volontés rebelles ?

Qu'on lui fasse des observations justes et raisonnables sur des points importants qu'il ignore ; qu'on les lui fasse surtout avec la protestation d'une soumission parfaite dans les cas où, après les avoir pesées, il ne les croirait pas assez graves pour revenir sur ce qu'il a primitivement arrêté ; tout est dans l'ordre, et cette conduite ne mérite aucun blâme. Seulement nous recommanderons beaucoup d'examiner avec une grande attention et devant Dieu si les observations que l'on soumet sont réellement telles qu'on les présente, et si, en les exposant, on ne fait point ressortir leur puissance par quelques coups de pinceau un peu trop énergiques, influencé que l'on est par le vif désir de se soustraire à un -emploi que l'on redoute.

— Il pourrait arriver que, n'ayant point d'observations valables à soumettre à notre évèque, et voulant cependant éluder sa volonté qui froisse beaucoup la notre, nous eussions recours à des moyens indirects pour atteindre sûrement nos fins. Ainsi, par exemple, nous pourrions êtes tentés de recourir à la bienveillante intervention de quelques personnages influents que nous saurions

avoir du crédit auprès de l'autorité épiscopale, afin de gagner par leur complaisante entremise ce qu'il nous serait impossible d'obtenir par une autre voie.

Disons-le nettement, cette conduite n'est pas droite, ellen'estpas sincère, elle n'est pas loyale, elle fait brèche à l'obéissance que nous avons solennellement promise aux pieds de notre évèque, et trèscertainement Dieu ne la. bénira pas. « L'Esprit- » Saint, dit le Sage, n'aime pas le déguisement : » Spiritus sanctus disciplines effugiet fictum.

Nous dirons ici toute notre pensée, et nous croyons utile de la dire, car il nous semble qu'elle est un peu trop méconnue. Le fait de l'acceptation d'imposte offert par l'évèque constitue une véritable vocation. La vocation au sacerdoce implique nécessairement cette seconde vocation ; c'est une vocation dans la vocation, si nous pouvons parler ainsi. S'y soustraire par une voie qui n'est pas légitime, c'est, selon les principes fondamentaux en fait de vocation, se soustraire par là même aux desseins de la Providence et au courant de grâces qu'elle nous destinait dans tel emploi, et qu'elle nous refusera dans tel autre que nous aurons obtenu par les petits moyens détournés que nous aurons mis en œuvre. Or, si nous nous plaçons à la hauteur de vues du saint prêtre, nous saurons ce que c'est que de se priver des grâces abondantes d'une vocation spéciale dans l'état sacerdotal, où l'on a mille fois plus besoin de grâces que dans aucun autre ; nous saurons surtout qu'il est, aux yeux de la foi, souverainement déplorable de passer des années entières, et quelquefois toute sa vie, dans

un emploi que l'on occupe contre la volonté de Dieu.

Malheureusement tout ceci se passe dans des régions supérieures, mais trois fois saintes, où l'œil humain ne pénètre guère ; et quand les voies de la perfection ne sont pas nos voies, nous traitons avec légèreté ce que les saints considèrent comme très-important et très-grave. « Nous re- » connaîtrons la tromperie à l'heure de la mort, » dit le P. Lallemant, et nous verrons que nous » nous serons laissé amuser par des bagatelles » comme des enfants.... Nous ne devons jamais » user de finesses ni de politique quand nous trai- » tons avec les supérieurs pour le regard de la » disposition de nos emplois, ni pour quelque » autre sujet ou en quelque autre occasion que ce » soit ; car tout cela est la prudence de la chair » réprouvée par Notre - Seigneur : Prudentia » carnis mors est : prudentia autem Spiritàs vita » et pax. » (Rom. 8.)

— Mais si l'évèque ne m'oblige point d'accepter l'emploi qu'il me propose ; s'il me laisse libre de le refuser, ne puis-je pas le refuser en effet et être parfaitement tranquille ?

Comme cet ouvrage est intitulé Le saint Prêtre, et que nous supposons en ceux qui nous font l'honneur de le lire, le désir de devenir effectivement de saints prêtres, nous répondrons sans balancer à la question proposée qu'ils ne doivent pas refuser l'emploi qui leur est offert sans obligation de l'accepter, s'ils n'ontpour motiver ce refus que des raisons frivoles, raisons que peut-être, à

exposer a leur evêque. Si les raisons qu'Urètres alléguer sont graves, ils feront acte dei S en les proposant telles qu'elles tUion au ils font sèment, et toujours avec & , ] 9v * ,

nrêts h ™™,- $ désir de 1 autorité,

pieis a acquiescer au s^C. „ t .

Le seul fait de te - -°ïJ0Sltl0n d un emPl01 Par l'évèque est p>- "* Lm sanl* Pre^re l'indication suffisante *** ia v°l°nté de Dieu ; et quand cette vo- Joiité nous est connue, nous ne devons pas nous y soustraire par de futiles motifs, mais nous devons bien plutôt dire à Dieu avec notre divin Sauveur : Non mca voluntas, sed tua fuit.

Souvent, en ces circonstances, le vif désir de notre évèque est, au fond, que nous acceptions ce qu'il nous offre. S'il n'insiste pas davantage, si même il nous dit positivement qu'il nous laisse libres de lui répondre par un refus, c'est peut-être de sa part un sentiment de bonté, de paternelle condescendance qui le fait agir. C'est un tendre père qui nous traite en enfants gâtés ; il nous ménage et craint de nous affliger ; nous avons peutêtre rendu quelques services au diocèse, et il croit, par ce motif, nous devoir pour ainsi dire des égards. Qui sait même, hélas ! si notre peu de vertu n'est pas, en cette rencontre, la cause de sa conduite indulgente à notre égard ? S'il prévoit notre indocilité, il peut se faire qu'il ne veuille pas mettre notre obéissance à une épreuve dont il redoute l'issue. Quoi qu'il en soit, nous le répétons, le simple fait de sa proposition est à notre égard l'expression de la volonté de Dieu, et nous répondrons par un généreux fiât, si nous faisons

Nou&ter cœlcstis perfectus est.

une dose afl, à celte occasion, que nous ferlons

1 , mte et vraiment digue d'un saint

prêtre, si nous d«î« ^ foi§ ur loutes à

nuire eveque que noTS? cutve ses mains

comme 1 argile entre celles " nolior ? que nous

avons mis notre bonheur à lui oben, V aue nous

le prions d'agir constamment à notre égard en ii^tft

liberté pour la pins grande gloire de Dieu et le plus

grand bien du diocèse. Que de grâces seraient In

récompense dîme telle conduite ! Quelle joie elle

procurerait au pontife ! et combien elle aplanirai!

de difficultés el d'embarras dans son administra-

tion

— Pour moi, dira peut-être quelque pieux confrère, je n'ai point, grâce à Dieu, de reproches à me faire sur les points qui viennent d'être touchés. J'ai accepté jusqu'ici tous les emplois qui m'ont été offerts par mes supérieurs ; mais, je l'avoue, il est tel de ces emplois que j'ai peut-être accepté sans mérite, par la raison que je le désirais beaucoup, et que j'ai employé quelques moyens détournés pour me le procurer, moyens, au reste, qui n'ont été connus que de moi seul.

Lieu veuille que ceci doive être rangé parmi les conceptions chimériques d'un esprit trop scrutateur ! Si pourtant il n'en était pas ainsi, et si réellement quelques prêtres devançaient la volonté de leur évêque parles empressements et les industries de kur volonté propre, il est de toute évidence que

Dion ne bénirait point de tels empressements et de telles industries. Le vrai obéissant ne demande rien, ne refuse rien; il est là, inerte et passif devant son supérieur, comme l'instrument qui ne dit point à l'ouvrier : Prenez-moi, ou comme l'argile qui ne dit point à celui qui la façonne : Faites de moi un vase d'honneur. Il tremble de prendre sur lui l'ombre d'une responsabilité, en se procurant un emploi qui ne lui eût peut-être pas été proposé sans ses petites manœuvres ; il sait que pour être parfaitement assuré du secours de Dieu dans un poste quelconque, il faut y avoir été installé par lui-même et par lui seul; il sait que quand on s'est conduit de cette manière, on reçoit les peines qui surviennent avec une patience calme et résignée, et même quelquefois avec bonheur; fort de cette pensée qu'on n'a rien fait pour se les attirer, ce qui n'a pas lieu quand on s'est ingéré à peu près de soimême dans l'emploi qu'on occupe.

Laissons agir la Providence, bien-aimés confrères , et ne prévenons jamais la réalisation de ses plans par l'expression directe ou indirecte de nos désirs. Ayons assez de confiance en la bonté de notre Père céleste pour croire qu'il sait bien mieux que nous ce qui est ou ce qui n'est pas favorable à nos intérêts éternels. Laissons aux enfants de la terre ces intrigues, ces petites ruses et tous ces biais artificieux que, du reste, la délicatesse mondaine elle-même n'approuve point ; méprisons tous ces faux-fuyants de l'amour-propre et faisons-nous gloire d'adopter à l'égard de notre évèque la devise du parfait obéissant que nous avons mentionnée plus haut : Ne rien demander — ne rien refuser.

— Mais, au moins, quand on est appelé à un poste qu'on n'accepte qu'avec répugnance , ne pourra-t-on point manifester cette répugnance aux supérieurs et se poser en victime de 1* obéissance ?

Voici une de ces questions à la suite desquelles la réponse se place d'elle-même. Il est clair, en effet . que la manifestation du mécontentement que l'on éprouve n'est pas selon Dieu. On lui fait, il est vrai, la cession de sa volonté, mais on la lui fait de mauvaise grâce, et il n'est pas content ; il veut être servi avec un grand cœur et une volonté souple : Corde magno et animo ralenti, et non avec ce petit cœur replié sur lui-même, et cette volonté ombrageuse qui frémit à la vue de la volonté de Dieu quand elle lui est opposée. Les serviteurs auxquels Dieu prodigue son amour sont ceux qui lui offrent joyeusement leurs services : Hilarcm datorem diliyit Dcus, et non ceux qui le servent en fronçant le sourcil et peut-être même le murmure sur les lèvres.

Pourquoi, nous le demandons, obéir de mauvaise grâce? Croit-on trouver quelque satisfaction dans cette obéissance boudeuse? Qui ne voit plutôt que c'est précisément le contraire qui a lieu, et qu'en s'abandonnant à ses sombres pensées, on envenime la plaie au lieu de la guérir? Veut-on s'attirer quelque démonstration de compassion par les plaintes que l'on exhale? Quoi de plus puéril et de plus frivole, surtout de la part d'un prêtre, qu'une disposition de cette nature ? Espère-t-on faire révoquer la décision des supérieurs par l'exhibition de la peine qu'ils causent? Ce serait ble^er l'obéissance in voto, et le plus souvent sans1 obtenir la

révocation désirée. Se figure-t-on du moins qu'en leur faisant voir la répugnance avec laquelle on se rend au poste assigné, on les déterminera à saisir, dès quelle se présentera, l'occasion d'une mutation? Ce serait un calcul de volonté propre qui, ne pouvant se satisfaire dans le présent, saluerait l'avenir d'un rayon d'espoir qui ferait gémir l'obéissance.

Rien de tout cela n'entre dans l'esprit du saint prêtre : il obéit sans murmure, parce qu'il s'est voué de tout cœur à une obéissance absolue quand il a dit : Promitto ; il obéit même joyeusement, parce qu'il sait que la volonté de son évèque est à son égard la volonté de Dieu, à laquelle il est heureux de soumettre la sienne : il obéit du moins sans donner aucune marque de sa répugnance, surtout aux peuples dont il devient le pasteur, parce qu'il sait qu'autant ils s'attachent au saint prêtre qui vient au milieu d'eux avec joie, autant ils s'isolent de celui qui leur montre un visage soucieux, et qui leur fait savoir, directement ou indirectement, que, s'il est leur pasteur, ce n'est qu'en attendant le plaisir de ne plus l'être.

Imitons ce pieux confrère, puisqu'une voix intérieure nous dit que c'est sur lui et sur son ministère que tombent à flots les grâces et les bénédictions de Dieu.

Nous avons connu un saint prêtre, vraiment digne de ce beau titre, qui avait maintes fois réalisé dans sa conduite les règles d'obéissance que nous venons de tracer. Ses supérieurs, sachant qu'il était toujours prêt à exécuter leurs volontés, quelles qu'elles .assent, et n'ignorant pas d'ailleurs que

son zèle égalait son obéissance, s'adressaient à lui quand ils voulaient régénérer une mauvaise paroisse. Déjà plusieurs fois ils l'avaient transplanté. çà et là, et toujours, soldat fidèle, il avait plié sa tente au premier signal de ses chefs , sans so laisser jamais influencer par les joies du ministère toujours béni auquel il s'arrachait, ou par les regrets amers des nombreux prodigues qu'il avait convertis et qui le pleuraient comme un tendre père. Un jour cependant, son obéissance fut mise à une épreuve plus pénible encore que les précédentes, 11 reçut de son évêque une lettre qui lui annonçait qu'il était nommé curé d'une paroisse inscrite en tête des plus mauvaises du diocèse. Cette nomination fut connue sur-le-champ, et de tous côtés affluèrent chez le saint prêtre des confrères du voisinage, ses amis dévoués, qui tous l'engageaient à faire agréer son refus au prélat. Mais l'homme de Dieu, qui voyait les choses de plus haut, répondait à chacun avec une grâce charmante et le sourire sur les lèvres : « Je vous re- » mercie de l'intérêt que vous me témoignez, mais » je ne puis plus suivre votre conseil : car aussi- » tôt après avoir reçu la lettre de Monseigneur, je » lui ai notifié mon acceptation sans réserve : il » est trop tard. »

Comprenons-nous, chers confrères, que si tous les prêtres d'un diocèse étaient animés de sentiments pareils, il y aurait dans le cœur de l'évêque une source inépuisable de consolations et d'ineffables jouissances?

— Disons un mot maintenant, non plus des em-

plois proposas par l'autorité diocésaine, mais des règlements et statuts qu'elle impose pour le bon gouvernement du clergé.

Ces statuts sont nécessaires ; qui pourrait en douter? quelle est la société qui n'ait pas les siens? Les statuts diocésains sont le règlement de la famille ; sans eux, désordre, indépendance dangereuse, abus très-fréquents et très-graves sous une foule de rapports : avec eux, au contraire, s'ils sont bien observés, ordre, harmonie, édification, règles de conduite excellentes, source de sanctification pour la masse cléricale.

Les statuts sont la parole même du premier pasteur, parole d'autant plus imposante qu'elle a été plus mûrement préparée, et que, après avoir été pesée au poids du sanctuaire, soumise à des conseillers habiles et expérimentés, elle a été gravée sur le papier et mise entre les mains de tous les membres du clergé pour être à chaque instant le mémorial de leurs devoirs.

Malheur à celui qui n'obéirait pas à cette loi fondamentale de son évèque, et qui s'affranchirait envers elle du respect qu'il lui doit ! il aurait à rendre compte de son infraction à Celui qui a dit : Qui vos audit, me audit; qui vos spernit, me spernit.

— Mais, hàtons.-nous de le dire, cet anathème n'atteindra sans doute aucun de nos confrères. Tous, nous en sommes persuadé, se montreront fidèles observateurs de ce point capital de leurs obligations. Rappelons pour noire édification la conduite du saint prêtre à l'égard des statuts diocésains.

D'abord, il va sans dire qu'il en possède un exemplaire. Le plus grand mépris de l'autorité qui les a décrétés, ce serait assurément de ne pas même vouloir se les procurer. Nul prêtre ne poussera jamais jusque-là ses coupables dédains.

Le saint prêtre les possède donc; mais que sert d'avoir un livre si jamais on ne l'ouvre ? Aussi l'ouvre-t-il et l'ouvre-t-il fréquemment. La lecture qu'il en fait n'est ni rapide ni superficielle ; elle est grave, elle est lente, elle est approfondie, elle est accompagnée d'un pieux sentiment de respect et de soumission, parce que la parole de son évèque est à ses yeux la parole de Jésus-Christ même dont il tient la place.

Il parle des statuts diocésains en termes toujours respectueux et mesurés ; et si par hasard il en entend faire la critique, s'il entend dire sur le ton du blâme qu'ils sont d'une sévérité excessive, non-seulement le respect humain ne lui ouvre pas la bouche pour le faire parler comme les autres, mais la vénération qu'il professe pour l'autorité épiscopale lui fait prendre aussitôt la défense des règlements qu'elle a portés. Il en fait l'apologie avec le zèle que sa haute piété lui suggère ; et l'esprit de foi qui ranime, joint à la douceur de caractère qui lui concilie l'affection de ses confrères , fait quelquefois approuver à ceux-ci les points mêmes dont ils faisaient d'abord la censure.

Il est inutile dire qu'il observe ces saintes règles avec l'exactitude la plus édifiante. Oui, il se fait un bonheur d'y être fidèle ; il ne distingue jamais, au point de vue de leur exécution, entre ce qui oblige ou ce qui n'oblige point sous peine de censure ;

il ne distingue point entre ce qui est obligatoire sah (/ravi, et ce qui ne Test que sue levi ; tout est cligne de ses respects, tout est embrassé par son obéissance universelle, tout, jusqu'aux plus simples conseils, auxquels il se soumet comme s'ils étaient des ordres formels.

Heureux et digne prêtre ! que Dieu répande sur toi la plénitude des dons que mérite ton obéissance ! et puissions-nous tous être de parfaits imitateurs de la haute piété qui te distingue !

— Le respect pour l'autorité épiscopale se bornet-il à ce qui vient d'être dit? Non. Il demande encore qu'on se montre docile aux moindres recommandations soit verbales, soit écrites, que cette autorité croit devoir faire à la sainte famille que Dieu lui a donnée. Au fait, dans une famille ordinaire, seraient-ils des enfants dignes de leur bon père, ceux qui ne voudraient obéir qu'à ses ordres formels, et qui ne feraient fléchir leur volonté que devant la menace d'un rigoureux châtiment ? Voyez un bon fils quand il chérit et respecte son père : comme il aime non-seulement à exécuter ses moindres volontés, mais même à les deviner et à les prévenir !

Agissons ainsi, chers confrères, à l'égard de celui qui est investi k notre égard d'une paternité bien autrement sacrée que celle de notre père selon la chair. Ne disons jamais : Sans doute c'est la volonté de mon évèque que j'observe telle chose et que je m'abstienne de telle autre; mais il se borne à un simple conseil, je puis donc l'enfreindre. Agir ainsi, est-ce a cir selon Dieu? est-ce a#ir selon les

règles d'une vraie piété ? est-ce agir comme le parfait obéissant? est-ce agir comme nous voudrions que l'on agît envers nous, si nous avions en main l'autorité que nous traitons avec si peu d'égards?

— Nous devons encore respecter notre évéque dans nos conversations, ne disant jamais un mot qui affaiblisse tant soit peu son autorité, le justifiant si l'on se permet de l'accuser en notre présence, faisant ressortir les qualités qu'il possède, et manifestant par notre zèle à le défendre la sincérité de l'attachement que nous lui avons voué. Quel mal ne ferions-nous pas si nous semblions approuver, ou. à plus forte raison, si nous approuvions positivement les critiques déplacées de quelques confrères inconsidérés, ou de quelques laïques qui s'autoriseraient de notre approbation pour perpétuer la malignité de leurs censures !

Souvenons-nous, en ces circonstances délicates, des enseignements que nous donnons aux enfants dans nos catéchismes, et à l'assemblée des fidèles dans nos prônes, quand nous expliquons aux uns et aux autres le quatrième commandement de Dieu, qui leur rappelle les obligations auxquelles ils sont soumis envers leurs supérieurs dans Tordre spirituel et temporel.

— Nos actes doivent être aussi en rapport parfait avec nos paroles. Ici, il ne s'agit plus des divers points spécialement commandés ou conseillés par

pie ; mais nous disons que même les actions dans le détail desquelles il n'est point entré, nous

devons nous les interdire si nous savons qu'il les réprouve. Sa volonté est très-certainement que nous soyons des saints; c'est donc respecter sa volonté que d'agir toujours en bons et saints prêtres.

Excellente règle que nous devrions adopter : si mon évèque était présent, comment me conduiraisje? Je suis tenté de négliger tel ou tel point de mon ministère pour une partie de jeu : si mon évèque me voyait, que ferais-je? Je suis tenté de déposer l'habit ecclésiastique sans aucune nécessité : si mon évèque me voyait, que ferais-je? Je suis tenté de faire un voyage de quelques jours sans aucune utilité , avec chance très-probable de prêcher et de catéchiser dimanche sans préparation : si mon évèque me voyait, que ferais-je ?

Puisque, sur ces points et sur une infinité d'autres, nous connaissons la volonlé de notre vénérable pasteur, brebis fidèles, respectons-la dans nos actes, et regardons comme une espèce d'hypocrisie d'être habituellement disposés à vivre comme de saints prêtres si notre évèque était présent , et comme des prêtres relâchés si nous sommes débarrassés de sa surveillance.

— Un manque de respect d'une haute gravité que tout prêtre doit absolument s'interdire, c'est la critique, non plus de la personne même de l'évoque, mais de certains actes de son administration. Si chacun de ces actes était contrôlé par le clergé du diocèse; si l'on se permettait, sans scrupule de censurer devant le profane comme devant le sacré les décisions de l'autorité ecclésiastique; si, par

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